Le point de non-retour

Mes doigts pianotent timidement sur le clavier. C’est encore une page qui perd de sa candeur pour se noircir de ce qu’il y a en moi. Beaucoup de choses ont changées depuis le début de l’année. Sans le savoir, en ce début d’année, je franchissais le point de non-retour. Une nouvelle dimension s’ouvrait à moi. C’était grisant ! Comment ne pas se perdre quand une telle immensité se dévoile à nos yeux ? Il faut une volonté de fer pour ne pas se disperser. Sans quoi, on peut se retrouver pulvérisé en un rien de temps. Pour cela, je devais fixer mon objectif et avancer sans me retourner.

Plusieurs mois plus tard, je peux enfin regarder en arrière. Je sais que le lien qui me liait à l’ancien monde s’est désagrégé. Là-bas, d’où je venais, il n’y avait rien de réel. Ce monde n’était qu’une succession d’illusion qui était générée par mes peurs. Au loin, je regarde cet écran d’où je suis arrivé. On ne s’échappe pas de la matrice, c’est elle qui nous expulse quand la totalité de nos peurs sont épuisées. Celle-ci nous recrache pour nous redonner notre liberté. Mais pour que celle-ci soit durable, il ne faut pas se disperser. Alors, il faut continuer d’avancer, encore et encore…

Je ne me suis pas consumé. Bien au contraire, je me suis accoutumé à ce nouvel oxygène. Les premières semaines, j’avais encore quelques automatismes qui revenaient. C’est le piège du virtuel. Celui-ci est redoutable, durant toutes ces années, il programme notre inconscient. Alors, lorsque l’on en sort, il faut se désintoxiquer. C’est ce qu’il y a de plus difficile, car les toxines n’existent pas. Elles sont toute une série de programmation qui leurrent notre cerveau et notre façon de réfléchir.

Quand les illusions se dispersent, il ne reste plus que l’essentiel. Les pensées deviennent lucides et la vision beaucoup plus limpide. Je sais où je vais désormais. Et je sais qu’à cet endroit, une personne m’attend. Là-bas, j’irais sans smartphone, sans applications. J’irais là-bas, sans artifices, simplement avec mon sourire, guidé par la seule lueur qui illumine mon cœur. J’irais là-bas, sans crainte, sans aucun doute, car je sais pourquoi je vais là-bas. J’irais là-bas, car je sais que c’est là où je peux partager l’amour qui jaillit du plus profond de mon âme.

Ainsi déprogrammé, désintoxiqué de cet univers virtuel. J’irais là-bas d’un pas assuré, car je sais pourquoi j’y vais. C’est un choix que je fais délibérément, en mon âme et conscience, sans contrainte, sans attente. Simplement en ayant fait ce choix merveilleux d’être simplement un homme qui a décidé d’aimer…

©S.L – 25 avril 2021

Déesse, Diablesse, Tigresse…

C’était, aujourd’hui, le premier jour du printemps. Un jour qui aurait pu sembler être comme un autre, un samedi ensoleillé où il fait bon sortir dehors et prendre l’air. La vie dans la zone libre jusqu’à 19 h à du bon. À une autre époque, j’aurais bien aimé siroter un verre sur la terrasse d’un café , le petit vent frais aurait caressé mon visage, je me serais certainement mis à écrire. Mais le temps a changé. Il y eut les confinements, l’arrêt de notre mode de vie, nous avons passé tant d’épreuves ensemble que chacun de nous s’est transformé.

Avant cela, je ne connaissais que Déesse. Elle était la femme qui m’avait initié au tantra. Elle m’avait inculqué l’enseignement qu’un homme devrait recevoir. J’ai appris auprès d’elle un savoir-faire. Il est vrai que la délicatesse n’est pas ce que l’on apprend lorsque l’on est enfant. Les hommes, on nous apprend à être fort, robuste, à ne pas pleurer, à se battre. Jamais on nous apprend la douceur et la sensualité. Ce que l’on apprend sur le sexe, c’est ce que l’on voit à travers les écrans et les diverses publications spécialisées. Le masculin essaye d’avoir le dessus sur le féminin, parfois l’inverse. Quantique de la dominance et cantique de la soumission, jamais il n’apprend à être l’égal de sa complice. Déesse à dû corriger tous ces défauts que l’on m’avait transmis qui s’étaient erroné au fil des générations. Elle a été patiente, car il y avait beaucoup d’erreur à gommer. Apprentissage dans le désir, je me laissais guider par cette femme qui me faisait penser aux Atlantes d’un temps oublié qui m’a permis d’ouvrir mon cœur.

Puis, il y eut Diablesse. Elle était la femme qui m’a permis de m’accorder les plaisirs que je pensais être interdit. A force de se cacher derrière le masque de notre mental, on ne peut être soi. Les peurs, les angoisses que l’on nous inculque dès notre plus jeune âge nous limitent. C’est l’interdit, cette barrière à ne pas dépasser que l’on nous apprend en premier. Toutes ces erreurs dans ma matrice, Diablesse à dû les reprogrammer en me faisant sortir tous les défauts de programmation. Lentement, les frontières de mon inconscient se sont effacées. J’apprenais à être un homme libre de toute contrainte, de toute attente. Je n’avais plus de dépendances, il ne me restait plus que mon indépendance. Elle aussi a été patiente, car il y avait pas mal de lignes de commandes à modifier. Apprentissage dans le plaisir, je me laissais guider par cette femme qui m’a appris à ne plus rien imposer, ni aux autres et surtout pas à soi-même. C’est elle qui a libéré mon esprit.

Enfin, il y eut Tigresse. Elle fut la femme qui m’a permis de retrouver l’envie que je pensais avoir perdu. Les voyages de mille lieues commencent toujours par un premier pas, et ce que j’avais appris, je devais le mettre en pratique. Elle n’était pas patiente, elle m’a sauté dessus sans crier gare. À cet ébat torride a réveillé le mâle qui sommeillait en moi et que je n’osais regarder en face. Le cœur ouvert, l’esprit libre et cette envie qui brûlait au plus profond de mes entrailles. Je comprenais que Tigresse, m’inculquait un savoir-vivre. On dit toujours à un homme de contrôler ses pulsions, mais jamais on lui explique comment faire. Je vous le dit sans honte, aujourd’hui, pour apprendre à les maîtriser, le lâcher-prise du corps m’a appris à le faire. J’ai lâché la bête, et plus je laissais aller l’animal qui était en moi, et plus je ressentais cette force qui bouillonnait en moi. Apprentissage dans la jouissance, je me suis laissé aller avec cette femme qui m’a appris à m’affirmer.

Mais aujourd’hui était un autre jour, c’était le premier jour du printemps. Je n’attendais rien de ce jour si ce n’était que de passer une belle journée tout en profitant de l’instant présent. Je me suis laissé surprendre par l’imprévu. J’étais en charmante compagnie, nous avons marché, parlé, nous avons ri. Sirotant notre café que l’on avait pris à emporter, je lui révélais ma philosophie de vie. Pour moi, la promesse, c’était le début du mensonge et que profiter de l’instant présent sans attendre de lui, c’était le vivre pleinement. Assis sur le banc des pentes de la Croix-Rousse, j’ai vu dans ce regard le reflet de celui que j’étais devenu. Et devant moi, se tenait Déesse, Diablesse et Tigresse réunies en une seule personne. Je n’ai pas pu résister, c’était le premier jour du printemps. Et cet instant, je l’ai savouré pleinement…

©Stéphane Lvq – 20 mars 2021

Le désastre des astres 2021

L’astrologie est une science approximativement exacte. Et après une année 2020 plus que compliquée, on aimerait quand même bien savoir ce qui nous attend pour l’année qui va suivre. Alors, je me suis remis au travail. J’ai consulté les voyants du tableau de bord de ma voiture, tiré les cartes. C’était la Dordogne, car oui je n’avais qu’un jeu de carte routière sur moi! Puis, j’ai levé les yeux au ciel et les étoiles m’ont dit: « Tu ne vas pas refaire ça quand même? ». Je me suis mis à rire et je leur ai répondu : « Hé bien si ! C’est même à ça que l’on me reconnaît ! »

Bélier : On ne rencontre pas le bélier. C’est lui qui vous rencontre. Il vous fait un rentre-dedans et c’est cela qui fait tout son charme. D’ailleurs, on le voit arriver à des kilomètres à la ronde, fonçant la tête baissée. On se dit, est-ce que je vais arriver à stopper ses ardeurs. Je vous le dis, n’essayez même pas ! Le bélier vous saute au cœur et son côté « tout feu, tout flamme » vous embrase le corps…

Taureau : En amour, le taureau aime la transgression. C’est pour cela que le rouge l’excite. Mais pour l’apéritif, le taureau préférera le blanc, un viognier ou un sauvignon sera très apprécié. Cela l’excite encore plus ! Ainsi mis en appétit, le taureau passera directement au dessert. Par son côté brûlant de désir, le taureau décoiffe et dans l’arène, déneige…

Gémeaux : Bien que l’on dise de lui que c’est un signe compliqué. Le gémeau ne saoule pas, il vous enivre. C’est pour cela que le voit double. En amour, le gémeau raffine les sens et déplombe l’ambiance. Afin que l’instant soit super, le gémeau met tellement le turbo que l’on a vraiment l’impression d’être à plusieurs…

Cancer : Le cancer est une véritable maladie d’amour qui vous tombe dessus sans crier gare. Caché derrière sa carapace, le cancer ne crie pas. Il vous murmure au creux de l’oreille des mots doux qui vous invite à le rejoindre dans son écrin de désir. L’instant n’en serra qu’encore plus chaud afin qu’ensemble, vous puissiez bouillonner de plaisir…

Lion : Dans la jungle de l’amour. Le lion ne sera pas mort ce soir, mais sa proie si… Comme vous le devinez, le lion, c’est sauvage. On peut se laisser dévorer sans crainte, son côté bestial amoureux torride, vous fera monter la fièvre, jouera avec votre corps. Et si vous oser imaginer que le lion peut être rassasié. Détrompez-vous ! En amour, le lion à une faim de loup…

Vierge : On pourrait penser que la vierge est timide aux premiers abords. Mais la vierge est loin d’être farouche en réalité. La vierge est sans pudeur mais avant de vous faire découvrir ses charmes, elle vous fera languir en s’effeuillant très lentement, très langoureusement. Sa danse rituélique vous hypnotisera et là vous comprendrez que la vierge n’est pas folle de la messe, ni molle de la fesse…

Balance : L’amour de la balance ne se vit pas en demie-mesure. La balance est entière et n’aime pas les demies-portions. Le poids de l’amour de la balance étonne. Cela nous en fait perdre l’équilibre. C’est à ce moment-là que la bombe de désir détonne, soufflé par l’explosion de ce signe qui ne manque pas d’air. Le plaisir, il y en aura des tonnes…

Scorpion : Le scorpion est redoutable ! C’est avec la rapidité de l’éclair que celui-ci va droit au but en vous piquant le cœur. Son charme se diffuse alors immédiatement et vous vous trouvez à sa merci. Ce n’est qu’une fois que vous serez séduit que le scorpion vous sortira le grand jeu. Et là, c’est là que votre addiction commencera réellement…

Sagittaire : C’est une erreur de penser que le sagittaire est sage. En amour, un sagittaire, c’est tout sauf sage. Le sagittaire n’a aucune limite, aucun tabou, c’est ce qui en fait le signe le plus chaud de tout le zodiaque. D’ailleurs rien ne peut arrêter son ardeur, et vous emmènera dans un voyage à la découverte de plaisirs encore plus intense…

Capricorne : Il est vrai que le capricorne à du caractère. C’est pour cela qu’on le surnomme aussi l’épice de l’amour. Certes, le capricorne à un petit côté renfermé et casanier, tout en restant très accueillant. Il vous ouvrira sa porte, puis la refermera. Pris ainsi dans son piège, il vous fera découvrir les délices de l’amour. Vous ne voudrez plus jamais repartir…

Verseau : Si un jour un verseau vous sert quelque chose à boire, sachez que vous ne vous en sortirez pas indemne. En amour, le verseau, c’est une véritable tornade. Comme un ouragan, la tempête en soi, l’amour va tout emporter. Car oui, c’est comme ça les verseaux, ils vous emportent afin de découvrir l’amour sous tous ses angles : Recto et verso…

Poisson : Le poisson n’est pas fuyant. Bien au contraire, il vous incite à le suivre dans le grand bain de la passion. T’as pas de maillot ? C’est pas grave ! Le poisson vous invite au bain de minuit de l’amour. Osez plonger la tête la première, vous flotterez dans un océan, tout en écoutant son chant mélodieux des complaintes du plaisir…

Prédiction de l’année : L’année commencera le 1er janvier et se terminera le 31 décembre. Mais, normalement commencera par un N et exceptionnellement terminera par un T. La Saint Valentin sera très certainement entre le 13 et le 15 février de cette année. Mais je vous rappelle que lorsque l’amour est sincère, chaque jour qui passe est une fête. Je n’ai encore rien prévu pour 2021, si ce n’est peut-être mon rendez-vous chez le tatoueur qui est prévu pour le 9 janvier. Hormis ça, je vais me laisser surprendre. Il n’y a pas si longtemps que cela, je parlais de l’évidence et pour que celle-ci dégage toute son alchimie, on ne devait pas l’attendre, mais se laisser surprendre afin que l’on puisse savourer la magie de cet instant.

Sinon, le printemps est prévu pour le mois de mars, les hirondelles reviendront et j’espère que nous profiterons de cette saison. L’été, lui commencera le 21 juin, il sera chaud et puis, l’automne reviendra en septembre et en décembre l’hiver reviendra, nous penserons aux fêtes de fin d’année qui approchent et nous aurons bouclé la boucle.

Chaque chose arrivera au bon moment, avec les bonnes personnes. Alors, ne te pose pas de questions et vis pleinement l’instant !

Et bien sûr, toutes ressemblances avec des personnes, faits ou évènements passés, présents ou futurs, ne sont bien évidement que pures coïncidences. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin…

©Stéphane Lvq – 16 décembre 2020

Illustration : Les derniers moments de Maximilien, empereur du Mexique – Jean-Paul Laurens – 1882

Jour 269 – La spirale (Épilogue)

Heureusement que le ridicule ne tue pas. Si cela avait été le cas, celui-ci aurait fait plus de ravage que le virus dans les sphères médiatiques et politiques. L’effet tragique que nous avons eu durant la première saison du mois de mars s’est transformé en illusion tragi-comique pour cette seconde saison du mois de novembre que je n’ai pas du tout aimé. Combien de morts ? Combien de familles ayant perdu des proches ? Combien de faillites et de licenciements ? D’établissements fermés car on les a désignés comme n’étant pas essentiel pour la communauté ? Et puis, il y a la culture qui se retrouve désormais en friche. Elle qui pourtant est essentielle à notre équilibre psychologique, elle fut, elle aussi, jetée dans la fosse commune.

Il n’y a pas pire prison que celles qui n’ont pas de barreaux. On s’est retrouvé enfermé par la force des choses, le virus semblait circuler à une vitesse vertigineuse. Mais en fait, on s’est tous trompé. À force de se retrouver dans l’attente, enfermé alors que nous n’avions rien à nous reprocher, celui-ci s’est installé partout. Il est entré dans nos têtes, s’activant avec nos peurs, il frappait là où cela faisait le plus mal. Oui, nous l’avons tous eu. Même moi, mes symptômes se sont manifesté au mois de septembre appuyant sur mes angoisses les plus intimes, provoquant ainsi une maladie que l’on appelle « burn-out »

L’enfer me ment. Je ne pouvais plus vivre avec ces vieux démons du passé et je devais m’en libérer. Je les ai exorcisés grâce à l’aide d’une diablesse qui n’attacha que l’importance du fait que j’apprenne le détachement. C’est ce que je fis, je devins alors un maître de distance et me suis détaché petit à petit, enlevant l’une après l’autre, ces taches de noirceurs qui s’étaient agglomérées dans mon âme. Au fur et à mesure que je me libérais, de nouvelles opportunités s’offraient à moi. Le mois de novembre fut décisif, ce fut la libération sur le plan professionnel d’un nouveau travail que je voulais faire depuis des années.

C’est à ce moment que nous nous sommes séparés avec la diablesse. Sans larme, sans tristesse et surtout sans rancœur. Nous avions passé de bons moments ensemble et il était désormais temps que nos chemins se séparent. Une séparation est toujours un moment particulier, c’est à ce moment que certaines peurs pouvaient revenir. La dernière peur se dévoila à moi. Ce n’était pas la peur de la mort, c’était l’autre… Celle de l’Amor ! La peur d’aimer peut surprendre à la première vue. Mais elle est en chacun de nous. L’amour que l’on cherche se trouve au plus profond de nous-même. Il est là, mais n’osant pas le regarder en face par sa lumière aveuglante, on le cherche ailleurs.

J’ai ouvert mon cœur encore plus grand. Tout viendra au bon moment. Alors, j’ai arrêté de courir et c’est à cet instant que j’ai savouré et que j’ai compris que je venais d’arriver à mon but.

C’est bientôt la nouvelle lune et un vent de liberté s’est mis à souffler. Avec ma plume, allégée de tout métal, les conditions sont idéales afin que je prenne mon envol. En plus, les étoiles se sont alignées une fois de plus. J’ai jeté l’encre ainsi que tout mon attirail d’alchimiste afin de ne plus faire de l’écrit vain. Je peux désormais prendre cette spirale ascendante qui m’emporte vers d’autres sphères. Durant mon voyage, je suivrais les oiseaux, je sais que je peux faire confiance aux cygnes…

©Stéphane Lvq – 12/12/2020

Photo : The Creatrix – Andrew Gonzales

Jour 255 — La faim de tout

Je n’ai pas aimé ce second confinement. Et je pense que nous sommes nombreux à penser la même chose. J’ai trouvé ce deuxième acte beaucoup plus vicieux avec son débat sur ce qu’était un commerce essentiel et celui qui ne l’était pas. Cela a mis en place un terrible sentiment de frustration. Le plaisir, le désir, ces petites choses issues de notre « French art de vivre » disparaissait afin de faire place à la plus stricte austérité.

Déjà, cela faisait plusieurs mois qu’il n’y avait plus de concerts, de spectacle. Bref… Toute notre culture était en train de se dessécher. Cela fait mal au cœur de voir toute une population qui se prive subitement alors qu’elle ne demande que de vivre pleinement. Dans le « non-essentiel », ce sont toutes nos notions de plaisir qui ont été confinées Pourtant, céder à nos envies, s’accorder le plaisir, cela est une partie intégrante de notre équilibre psychologique.

Alors après un couvre-feu, un mois de novembre plutôt frigide, cela m’a fait plaisir de voir les commerces de la galerie marchande ouverts. Comme beaucoup, j’ai craqué et me suis accordé un petit plaisir. Entrer dans un magasin, de voir le regard pétillant de la vendeuse, cela contraste vraiment avec le commerce en ligne. En fait, cela ne peut se comparer tellement que les différences sont évidentes. Je ne pourrais comparer cette charmante vendeuse de parfumerie qui avait ce sourire que je devinais sous son masque avec le livreur d’Amazon qui essayait de faire rentrer de force le colis dans la boite aux lettres de mon voisin du 4éme. Un livreur, cela s’oublie, mais le charme d’une vendeuse, c’est impossible.

Rien de tel que le contact humain. Avec lui et son interaction, tout est possible. On communique, on échange, on se sourit, c’est chaleureux… Rien a voir avec la froideur de l’écran et le cliquetis sinistre de la souris. Sur Amazon, je ne commande que mes lames de rasoirs et quelques produits, car ils ne sont pas vendus dans les boutiques qui sont à proximité.

Le virtuel ne remplacera jamais le réel. J’ose espérer que ce second confinement nous aura sevré de cet univers numérique. Cela n’est pas gagné, surtout quand j’écoute parler certaines personnes qui vont me parler du prix et des frais de port offert. Je sais que ce sont ces mêmes personnes qui viendront se plaindre lorsqu’un commerce à côté de chez eux ferme. C’est triste et c’est surtout moche. C’est pour cela que je préfère l’interaction humaine, l’échange et ces regards qui pétillent. Cela ouvre tant de possibilité. Surtout après une telle période, tant de privation et surtout ses frustrations, la faim de tout, cela peut se comprendre…

©Stéphane Lévêque – 28 novembre 2020

Image : FreePik.com

Jour 249 – Ce que 2020 nous enseigne…

Nous approchons de la fin novembre. Bientôt, le mois de décembre sera là avec ses fêtes de fin d’année qui seront particulières. Certains auront perdus des proches, leurs emplois ou se trouveront dans une situation inconfortable. Cette année, notre système s’est effondré. Le virus n’aura épargné personne. Le genre, la couleur de peau, la religion, la nationalité ou le niveau social, il s’en foutait royalement. Progressivement, il nous a désorganisé en faisant s’effondrer l’économie d’une société qui était déjà gravement malade. Et puis, il y a la planète. Le réchauffement climatique, on en parlait depuis plusieurs années et nous avons été témoins de ce qui s’est passé au printemps. La nature, sans l’humain pour la déranger, reprenait un peu ses droits. L’air était beaucoup moins pollué, la faune et la flore s’épanouissaient et nous avions sous nos yeux la réalité d’un monde sans l’humain. C’était magnifique à cette époque. On parlait de nouveau monde, de renaissance, mais dès que l’on fut libéré sur parole, nous avons repris nos bonnes vieilles habitudes.

Mais le virus était toujours là, continuant à nous surveiller. Il était omniprésent en nous suivant quel que soit le chemin que nous empruntions. Tapis dans l’ombre de nos inconscients, il surveillait l’évolution de notre transformation. Il ne faut pas se leurrer, après une telle épreuve collective et mondiale, nous ne pouvions que changer. Le sens de notre évolution, chacun était libre de le choisir…

Pour ma part, j’ai fait mon choix. Et avec un certain recul que cette année était vraiment celle du changement. Le changement, c’est vraiment maintenant ! L’économie, la souveraineté nationale, tous ces vieux carcans qui n’étaient plus adaptés à notre époque sont en train de s’effondrer. Si pour certains, cette époque est la fin du monde, je rappelle que le terme « Apocalypse » pourrait se définir par « fin de l’illusion ». Le choix que j’ai fait, je l’ai fait délibérément, en mon âme et conscience. Peu à peu, j’ai supprimé ce qui n’allait pas dans ma vie personnelle et j’ai mis en œuvre pour que les changements puissent se concrétiser. Mes peurs et mes angoisses se sont effacées peu à peu, laissant progressivement place à d’autres émotions beaucoup plus positives. Il y a deux jours de cela, j’ai eu la confirmation que je pouvais enfin refermer un chapitre de ma vie professionnelle et en écrire un nouveau. Et l’énergie que cela m’a procuré m’a permis de devenir l’homme que j’ai toujours voulu être.

Le dernier mois de l’année approche et je l’aborde avec une grande sérénité. Bien sûr, je sais que d’autres épreuves nous attendent. Le virus sera toujours là même s’il évolue continuellement, une crise sociale et économique se dessine très clairement. Les préoccupations sont des occupations qui ne sont pas encore arrivées. Cette année, je me suis synchronisé avec l’instant présent, j’ai exorcisé mes vieux démons du passé et me suis libéré, mettant ainsi un terme à mon confinement mental.

Tout arrivera bien assez tôt et surtout n’est pas encore arrivé. Ne nous privons pas du plaisir de vivre. Les épreuves qui nous attendent, nous les surmonterons. J’en suis certain…

©Stéphane Lévêque – 22 novembre 2020

Jour 239 – La fin est le commencement…

« L’oeil d’Esteban » était le nom de mon ancien blog, ainsi que celui d’un de mes manuscrits…

Drôle d’ambiance en ce moment. Le moral est en berne, les regards sont éteints et les sourires se font rares. Quoique de plus normal, la période est compliquée, il y a le virus, mais nous savons tous les conséquences de l’après. Après la crise sanitaire, viendra très certainement une crise sociale sans précédent. Le mode de vie que nous avons connu ne reviendra pas non plus, et une période encore plus compliquée verra le jour et le défi de l’épreuve à venir sera encore plus grand que celui que l’on traverse actuellement.

L’épreuve, c’est ce qui nous révèle. Je le clamais haut et fort durant le premier confinement. On en sort changé par cette expérience. On s’est retrouvé face à soi-même, submergé par les souvenirs du passé qui nous ont bouleversé. L’épreuve, c’est ce qui permet de se retrouver ou de se révéler. Nous l’avons tous réussi. Jamais nous n’avons perdu, car l’expérience nous a toujours enseignées.

Des épreuves, j’en ai passé des tas comme toi qui lis ces quelques lignes. À chacune d’elle, je me suis toujours relevé, jamais je n’ai abandonné. Je n’ai jamais perdu l’espoir, même parfois quand le moral était au plus bas et que mon univers était sombre. Je me suis accroché, et en aucun cas je n’ai vendu mon âme. Je ne saurais te dire ce qu’il m’a fait tenir le coup, car cela était au plus profond de moi. Cette force faisait battre mon cœur même lorsque celui-ci était brisé et me portait lorsque je chutais et me motivais à me relever coûte que coûte.

Oui, en ce moment, nous assistons à l’effondrement. Nous voudrions que cela soit autrement, car nous aimerions garder ce que nous est agréable. Cela est dur, je le sais. Nos habitudes, nous allons devoir les changer, cela aussi j’en suis conscient. Nous allons devoir apprendre à vivre différemment. Mais s’il y a une chose que je dois t’avouer, c’est que c’est que je ne regretterai rien. Ce monde que nous laissons derrière nous était si injuste. Tant d’inégalité, tant de violence… Comment peut-on faire des différences entre deux humains ? Il n’y a ni genre, ni race. Tout cela, c’est de la connerie de pseudos-intellectuels qui n’ont aucune légitimité. Leurs règles, nous savons tous qu’elles ont été modifiées afin de servir ceux qui s’accrochent encore au pouvoir et à l’argent comme une vieille moule s’accroche à un rocher, car elle a peur de mourir. Alors, si ce monde doit s’effondrer, qu’il en soit ainsi.

La fin est le commencement d’autre chose. Cela, je l’ai appris il y a quelques années lorsque mon monde s’est effondré. C’est pour cela que j’écris ces quelques lignes ce soir. C’est pour te donner un peu d’espoir. Ce putain de nouveau monde que l’on attend depuis des lustres, nous le reconstruirons pierre par pierre. Je serais là à tes côtés quoi qu’il arrive. Je serais là à mon tour pour te redonner l’espoir et la motivation. Je te raconterai tant d’histoires extraordinaires afin que tu puisses retrouver tes rêves. Je n’ai jamais abandonné, alors toi non plus n’abandonne pas. Raccroche à cette tête, ce sourire que j’aime tant regarder afin qu’il rallume cette lueur dans ton regard…

Texte et photo : ©Stéphane Lévêque – 12 novembre 2020

Jour 230 – Résilience

Une épreuve de force n’est jamais évidente. Afin de pouvoir la surmonter, il faut y être préparé. Hier soir, je donnais mon avis sur ma vision de ce deuxième acte du confinement et que nous pouvons alimenter le débat. Mais afin que le débat soit audible et surtout compréhensible, il faut qu’il en soit dégagé de toute rancœur. C’est pas évident, me direz-vous !

Ce n’est pas facile d’accepter tout cela. Surtout après tout ce temps et tous ces efforts que nous avons faits. Ces nouvelles règles que l’on nous impose paraissent à nos yeux tellement injustes. Le piège dans lequel il ne faut pas tomber, c’est celui de se mettre dans l’attente. L’attente attise la frustration, et donc provoque une surcharge émotionnelle. La situation de chacun est différente et faire la comparaison de chacun ne servirait absolument à rien. C’est compliqué pour tout le monde et nous sommes tous dans la même galère.

Comprendre la situation n’est pas évidente, surtout lorsque l’on est surchargé d’informations. Pourtant, c’est la première étape que j’ai dû faire. Observer, écouter et surtout me taire, c’est ce qui m’a permis de comprendre. J’avais la problématique sous mes yeux, j’en avais pleinement conscience, mais un truc me dérangeait encore et me mettait mal à l’aise. J’ai mis du temps à passer à la seconde étape. C’était pourtant enfantin, mais nous le savons tous, un adulte aime compliquer ce qui est simple. Je devais accepter cette situation…

C’est pas évident d’admettre la situation, de l’accueillir telle qu’elle est. C’est ce que j’ai dû faire afin de me sentir mieux. L’acceptation m’a permis de retrouver ma sérénité et surtout apaiser cette surcharge émotionnelle que j’imposais à moi-même. Hier encore, je vous écrivais que nul n’était coupable d’une pandémie mondiale. Cela ne sert à rien d’accuser les autres, de se monter les uns contre les autres et de se diviser inutilement. J’ai compris cela ce matin au volant de mon bus en attendant une mère de famille qui courait avec sa poussette et ses deux enfants, je réalisais alors que nous n’avions pas d’autre choix que d’admettre cette situation qui nous paraît si compliquée.

C’est ainsi que j’ai compris ce qu’était la résilience. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne signifie pas renoncer, mais résister et surtout rebondir. Notre résilience, c’est ce qui nous permet de résister aux chocs, à s’adapter à un nouvel environnement. Plus rien ne sera comme avant, nous le savons tous, et devant l’évolution, nous n’avons pas d’autre choix que celui d’avancer malgré le stress que nous vivons quotidiennement.

Ainsi, avec le cœur plus léger et les idées claires, je sais désormais que cette résilience va me permettre de traverser cette épreuve. J’accepte la situation telle qu’elle est, mais en aucun cas, je ne baisserais les bras…

©Stéphane Lévêque – 3 novembre 2020

Jour 229 – Liberté conditionnelle

C’est compliqué en ce moment, me direz-vous. Que l’on soit en activité ou non, seul, en couple, avec ou sans enfants, la situation que nous vivons en ce moment est loin de nous réjouir. Au premier confinement, on passait à l’heure d’été. Les jours grandissaient, la nature était en train de s’éveiller. Il y avait un virus qui circulait sur la planète et malgré la ruée dans les supermarchés, on avait un bon moral. Depuis, le temps est passé, on est sorti et nous avons profité de l’été. On avait chaud sous nos masques, le virus semblait être loin derrière nous, anéantit par la canicule. Mais nous nous trompions, celui-ci semble être revenu à temps pour la rentrée.

Quand je repense au temps où nous avions ni gel, ni masques, le danger était de partout, mais on s’en sortait plutôt bien. Mais depuis la rentrée, avec nos gestes barrières, il semblerait que l’on s’est construit des barricades. Où est passé l’unité sociale et ces grands idéaux que l’on nous vantait auparavant ? Depuis quelque temps, je me pose pas mal de questions. Afin de me préserver, j’ai coupé tout contact avec les médias afin de me préserver mentalement. Je garde toutefois le contact avec une lecture en diagonale avec les grandes lignes afin de me mettre à jour, mais le peu que je peux y lire n’aide pas vraiment. Les professeurs se font décapiter, les prêtres se font tirer dessus quand des dingues ne rentrent pas dans les églises pour y déchaîner leurs haines. Quand je lis tout ceci, je me dis que ce monde est devenu fou et que cette crise sanitaire ne fait qu’amplifier nos vieux démons.

Qui peut rester sain d’esprit en portant un masque à longueur de temps ? Et puis, comment peut-on surtout rester sain d’esprit quand on nous supprime peu à peu tout ce qui pouvait nous aérer la tête ? Les concerts, les festivals ont été annulés, puis il y eut le couvre-feu, la fermeture des établissements de nuits, des cinémas, des théâtres. Et puis, il y eut cette annonce mercredi dernier, ce reconfinement…

Depuis nos petits commerces sont en sursis et j’ai la terrible impression d’être en liberté conditionnelle… Pas le droit de sortir, si ce n’est pour aller au travail, à l’école, chez le médecin ou pour un impératif administratif. Cette ambiance, cela ne fait rêver personne. Surtout en plein mois de novembre où la grisaille s’installe avec son changement d’heure qui semble remettre les pendules à l’heure. En effet, c’est plutôt compliqué pour tout le monde…

Malgré tout cela, je fais acte de résistance. Je ne jugerais personne, ne condamnerais pas non plus. Je continuerais à ne pas faire de différence, malgré les tristes mines que je devine sous ces masques. Dans cette histoire, nous ne sommes coupables de rien. Nous n’avons rien à nous reprocher, nous avons fait de notre mieux depuis ce mois de mars et nous pouvons relever fièrement la tête. Car oui, les amis, notre devoir en ce moment est de reprendre haut et fort le débat afin que l’on retrouve notre liberté…

Texte et Illustration : ©Stéphane Lévêque – 2 novembre 2020

Jour 206 – Expression

Il ne faut pas s’en vouloir d’exprimer ce que l’on ressent. Cela fait parti de nous et enfermer des choses ne fait que nous enfermer sur nous-même. L’expression est un besoin simple et tout à fait naturel. Il ne faut pas en rougir.

Parfois, cela peut sembler compliqué de le faire. Mais en fait, si on ne le fait pas par peur de blesser les autres, on se fait surtout du mal à soi-même. Si on ne s’exprime pas, cela signifierait que l’on se contient et que l’on ne peut pas être qui on est sincèrement.

L’expression est une chose difficile à apprendre. Cela fait partie de notre apprentissage dans notre quête intérieure. Cela permet également de dire ce que l’on veut mais aussi ce que l’on ne veut plus dans nos vies. Alors, à une époque aussi compliquée que celle que nous vivons actuellement, devoir porter un masque continuellement, on peut avoir la sensation de se sentir bridé dans notre expression.

Le masque peut aisément s’assimiler à une muselière que l’on nous impose. Mais il est un fait indéniable : « On ne peut rien s’imposer à soi-même, ni aux autres » Seule la loi peut faire cela et celle-ci permet de nous réguler afin de créer un « vivre ensemble » plus ou moins agréable.

Cela peut se comprendre qu’avec un masque on peut avoir la sensation d’étouffer et que s’exprimer devient alors un acte libérateur. On se retrouve certainement plus francs dans nos échanges, nous mettant ainsi à nus mais nous rendant également libres et honnêtes. Ainsi, nous refusons ce qui ne nous correspond pas, mais acceptant aussi ce qui nous fait plaisir.

Ces petits moments qui nous font sourire prennent alors toute leurs valeurs. Nous prenons alors conscience que ce sont eux qui construisent nos vies et surtout notre bonheur. Celui-ci se vit à la bonne heure. Et même si ces instants peuvent sembler rares, il ne tient qu’a nous de les accepter mais surtout de les apprécier…

Texte et illustration :©Stéphane Lévêque – 10 octobre 2020