Jour 12 – Le nerf de la guerre

Jour 12,

Sur le web, les esprits s’échauffent. Tout et rien se partagent et se propagent aussi rapidement qu’un virus. Je n’ai pas de compétences médicales si ce n’est qu’écouter et essayer de réconforter. Certains ont les nerfs a vif, et dehors, la pandémie continue de s’amplifier. D’où vient ce virus ? D’un laboratoire secret, d’un animal qui n’a rien de mandé aux hommes, conséquences du réchauffement climatique ? Je l’ignore totalement…

Dans tous les conflits, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Depuis le début de cette crise sanitaire, nous assistons à la chute des marchés. Beaucoup ont paniqué, se sont rués sur les supermarchés, sur les stocks de vivre. En quelques jours, nos pays se sont métamorphosés, les hôpitaux sont débordés. Mais au-delà du risque sanitaire, beaucoup se demandent encore comment survivre jusqu’à la fin du mois.

Bien avant tout cela, cette réalité existait déjà pour de nombreuses personnes. Ils vivaient à crédit, sur des découverts autorisés, les marchés se gorgeait d’argent qui n’existait pas et de spéculations d’évènements qui n’étaient pas arrivés. Nos monnaies n’étaient pas basées sur des valeurs fixes mais fluctuantes. C’était il y a quelques semaines, c’était une autre époque. Mais sincèrement… Pourquoi détruire volontairement un business si juteux ? Cela n’a aucun sens !

Comme je le précisai les jours précédents, cette crise met en relief nos disparités sociales. Ces ruées dans les supermarchés auxquels nous avons assisté ces dernières semaines sont le reflet d’autres peurs. Il y a la peur de manquer, mais il y a aussi celle de devoir changer ses habitudes. Perdre son confort, voilà bien là la plus grande peur de notre monde occidental. Personne n’aime revenir en arrière et de devoir descendre de son piédestal social. A force de pressions de tout côté, le socle de notre société, si fracturée, s’en retrouve complètement effondrée dès qu’une difficulté survient.

Si cette pandémie provient bien du pauvre pangolin, alors cet animal en voie d’extinction vient de réaliser le casse du siècle. Dès que le financier tousse, c’est toute l’économie qui se retrouve malade. Et dans cette épreuve, c’est l’ensemble de la planète qui est touchée. Dans les médias, j’entends l’injection de milliers de milliards afin de relancer l’économie. Non, ce n’est pas une réserve d’argent secrète que l’on nous cachait. Cette annonce, c’est celle du retour de l’imprimerie et des planches à billet.

L’argent n’est qu’une échelle de mesure, qui permet de faire des échanges. C’est notre travail fournit qui permet de toucher un revenu. Alors, à force de rester cloîtré à la maison et devant assurer l’avenir de la famille, beaucoup se posent des questions. D’après la pyramide de Maslow, le besoin premier s’est celui de se nourrir. Le second, c’est celui d’assurer sa sécurité. Où chacun de vous se situe en ce moment ? Les troisièmes, quatrièmes et cinquièmes niveaux de cette pyramide (Reconnaissance, Estime et Réalisation de soi) ne peuvent être atteint que si et seulement si les deux premiers sont assurés.

Une base solide permet de tenir, mais nos sociétés tellement fracturées et fragilisées, dénoncent des années d’erreurs politiques. Avec un sommet plus lourd que sa base, notre mode de fonctionnement est sur le point de s’effondrer. C’est logique ! Après la crise, il faudra nettoyer, remettre à plat et bien évidement reconstruire. Bien évidement, nous garderons en mémoire les erreurs du passé, d’autres idéologies surgiront, la vie se réinstallera et puis au fil du temps nous oublierons. Alors une autre catastrophe surviendra et nous refera nous remettre en question. Elle s’éteindra, une autre surgira, car ainsi vivent, meurent et renaissent les civilisations…

©Stéphane Lévêque – 27 mars 2020

Jour 11 – Les souvenirs du futur

Jour 11,

C’était près de trois semaines de cela. Je n’avais plus de toner pour mon imprimante, ni de feuilles A4. Je traversais la ville afin d’aller chercher de quoi imprimer. Il y avait cette boutique qui attira mon regard, ils vendaient du matériel photo d’occasion. Et mon choix se porta sur un vieux Nikon D70 qui avait un objectif 18/70 qui m’intéressait. Dans la boutique, j’achetais également une nouvelle carte mémoire plus puissante. Ce n’est qu’hier soir que j’ai regardé ce qu’il y avait dans l’ancienne carte mémoire et je suis tombé sur ces photos dont je ne suis pas l’auteur mais que je publie quand même car je sais qu’elle peuvent vous réconforter.

Un jour, je vous parlerais de Pérouges, de cette cité médiévale, de ce décors médiéval où s’inspirent les films de capes et d’épées, de son vin pétillant du Cerdon et de sa galette Bressanne. En revoyant ces images, j’ai repensé à mes premiers écrits, ces « Princes d’Arcadia » et bien d’autres manuscrits qui sont restés au fond de mes tiroirs que j’avais écrit trop maladroitement et que j’ai envie de réécrire. L’inspiration me revient progressivement, car le goût de l’aventure qui s’était anesthésié progressivement, oppressé par cette normalité que ce monde imposait.

C’était au mois de janvier, je débutais ce bilan de compétence. Ce lundi, alors que je validais mon 5éme et dernier livret afin de valider mon projet, je racontais que je trouvais décalé de faire ceci alors que nous vivons un effondrement. Durant ce bilan, je me suis découvert. L’artiste qui n’osait pas se révèle subitement avec cette épreuve. Oui, il me semble bien qu’inconsciemment je m’étais préparé à tout cela.

Autour de nous, impuissants, nous assistons à l’effondrement. Je dois vous l’avouer tel un secret honteux que ces instants m’inspirent fortement. Les souvenirs du futur me reviennent en mémoire. Nos joies, nos pleurs, nos angoisses, mais également plein de nouvelles aventures nous attendent. Nous avons encore tant de choses à vivre, même si aujourd’hui ressemble à la fin du monde que nous avons connu. Un autre renaîtra de ces cendres, car rien ne se termine et tout ne fait que commencer…

Texte: ©Stéphane Lévêque – 26 mars 2020
Photo: Origine Inconnue (Nikon D70 acheté à Lyon Vaise)

Jour 10 – La revanche des invisibles

Jour 10,

« Quel est ce pays, où frappe la nuit, la loi du plus fort ? » chantait si justement Michel Berger. Cette chanson me revient souvent quand je vous vois tous, derrière vos barreaux, vivant le confinement a votre manière. Chacun de vous derrières vos fenêtres, libres dans vos têtes. Déjà mort peut-être ? J’espère bien que non. Et bien souvent, lorsque vient 20h, nous vous entendons applaudir. Mais j’avoue que vos applaudissements, parfois me rendent mal à l’aise.

Que l’on soit personnels soignants, pompiers, policiers, caissières de supermarché, aide à domicile, conducteurs de bus, de tram ou de métro, éboueurs, agriculteurs, ouvriers dans les chaînes de production, pharmaciens, postiers, cheminots, boulangers, ambulanciers, chauffeurs routiers et bien d’autres, nous existions avant cela. Nous étions bien souvent invisibles, vivants parmi vous. Nous étions là, bien souvent toisé d’un regard. Nous étions ceux qui n’étaient rien. Nous n’étions ni dans le système de finance, dans le e-business, « community manager » ou toutes ces nouvelles disciplines que l’on voyait surgir au fil de l’évolution de cette société. La discrimination sociale, nous la vivions quotidiennement, nous étions les témoins de la dérive de cette société qui écrasait les autres. Nous connaissions cela, nous regardions impuissants malgré les revendications, le chemin que prenait notre monde. Nous étions là, mais chacun ne regardant bien que ce qu’il souhaite voir, nous étions invisibles.

Aujourd’hui, avec cette quarantaine, nous sommes sous les feux des projecteurs. Nous sommes l’essentiel pour nos communautés. Nous permettons de vous soigner, de vous nourrir, de vous transporter, de vous approvisionner… Les mots envers nous se sont adoucis, dans vos regards, il y a de la compassion. Les illusions s’étant dissipées, vous voyez notre quotidien. Même si nous vivons une situation inédite, nos métiers sont une réalité et vous découvrez que ceux-ci sont essentiels. Cet instant, sonne un peu pour certains d’entre nous comme une revanche. Nos villages, villes, départements, région ainsi que notre pays continue de fonctionner même si cela se fait au ralenti. Nous faisons ce que nous pouvons, mais comprenez que l’on y met toute notre bonne volonté.

Entre-nous, nos liens se resserrent. Nous échangeons, discutons, veillons les uns sur les autres. Le service public semble consolider ses fractures pour mieux se renforcer. Vous nous voyez encore dehors, certains ont des protections, d’autres non. Mais dans tous les cas, nous sommes en première ligne face à la menace.

Le confinement permet de mettre en relief les nécessités de nos vies. Devant un si beau soleil, la tentation de sortir est forte. Beaucoup aimeraient sortir, retrouver l’ambiance d’une « Dolce Vita », boire un verre en terrasse, retrouver la famille et les amis. Mais pour l’instant cela est impossible, tant que le virus circule. Alors quand on voit d’autres qui sont dehors, malgré les interdictions, certains s’offusquent, d’autres dénoncent. Comprenons également la réalité de ces autres invisibles que peu osent regarder en face.

Ils sont SDF, précaires sociaux, psychotiques, marginaux, non-adaptés, vivant de marchés « parallèles ». Ils ont des petites retraites, certains étaient travailleurs non-déclarés, sans papiers, la rue était leurs quotidiens. Ils vivaient de petites ressources, grappillant ci et là des restes des marchés ou des poubelles. Ils sont une réalité qui n’est pas toujours regardé en face. Certes, des mesures sont prises, mais devant l’ampleur de cette réalité, les moyens déployés seront insuffisants. Eux aussi, à leurs manières, prennent leurs revanches en étant mis en lumière. Nous les connaissions, les avons croisés tant de fois, nous avons alerté nos hiérarchies sur ce problème. Mais nous avons eu tous la même réponse que l’on n’avait pas les moyens d’aider tout le monde, que l’on ne pouvait rien faire et qu’ils avaient fait leurs choix.

La réalité de la misère sociale semble être sacrifiée. Tant pis si elle propage le virus dans les quartiers populaires ! L’exclusion, c’est le rejet de ce que l’on ne veut pas. Certains parlent de déchets, de rebuts… Est-ce cela l’Humanité ? Devons-nous continuer de faire l’autruche ? Nous sommes au 10éme jours, et les restes a grapiller s’amenuisent, la charité s’amenuise et la solidarité s’étouffe. Ce qui a été exclu a conscience de ce qu’il va arriver. Dans certains arrêts de bus, j’en ai croisé, et j’ai croisé leurs regards. Ils savent qu’ils sont condamnés. Ils sont les misérables et savent très bien que Valjean ne viendra pas à leurs rescousses.

C’est une dure réalité qui n’est pas apparue aujourd’hui avec ce virus. Les difficultés du service public, les conditions de travail, l’exclusion et tant d’autres choses existaient bien avant cela. D’autres problèmes seront mis en lumière, comme la violence conjugale, la misère culturelle, les addictions… Tous ces vieux spectres vont ressurgir,., mais forcés dans le confinement, les loups se seront dévorés entre eux ou s’ils n’ont pas été éradiqués par le fléau. Devons-nous être conscient de l’ensemble de réalité pour prétendre encore être humain ? J’ai l’audace de le penser…

Texte et photo : ©Stéphane Lévêque – 25 mars 2020

Jour 9 – Le regard de l'enfant

Jour 9

Le confinement, c’est un isolement de la population, mais c’est aussi parfois vécu comme un enfermement. Et ce dernier peut être parfois assimilé à la prison. Si on se met à la place d’un enfant, ces instants doivent lui sembler bien long. Je me souviens lorsque j’étais à l’arrière de la voiture familiale, mes parents à l’avant et lors de trajets qui sortaient de l’ordinaire,, je demandai : « Dis, c’est encore loin ? Quand est-ce que l’on arrive ? ».

Aujourd’hui, nous sommes près de deux milliards d’humains enfermés chez eux. Beaucoup d’enfants ne comprenant pas ce qu’il se passe. Certains doivent se demander pourquoi ils sont en prison alors qu’ils n’ont rien fait. Privé d’école, de leurs copains, de leurs jeux. Et comme seule réponse, le regard de leurs parents qui ne savent répondre à leurs questions.

Élever un enfant, ce n’est pas l’éduquer. On éduque un animal, mais lorsqu’il s’agit d’un enfant, on l’élève. Élever, c’est le faire grandir ! Mais pas que d’un point de vue physiologique en répondant aux besoins de nourritures et matériels. C’est aussi lui transmettre les valeurs humaines essentielles afin qu’il puisse vivre en paix dans une société complexe et qu’il puisse les transmettre a son tour. J’ai vu passer quelques publications qui ironisaient a ce sujet. Chaque jour, sur le parcours que je fais avec mon autobus, il y a l’enseigne de cette école « Montessori ». Je vois encore des enfants seuls dans la rue, livrés à eux-mêmes. Mais je ne condamnerais pas les parents, qui eux-mêmes n’ont pas eu accès à cet enseignement.

Au fil du temps, ce savoir s’est perdu. Et l’instant est propice afin qu’on le retrouve. On passe du temps ensemble, on fait des activités ensemble, on l’aide à faire ses devoirs. Cela fait partie des devoirs des parents, car être père ou mère, c’est avant tout préparer son enfant au monde futur.

En écrivant ces quelques lignes quasi quotidienne, je repense au dernier couplet de la Marseillaise. « Nous entrerons dans la carrière, lorsque nos aînés n’y seront plus ». Avions-nous été préparé à cela ? Bien évidement que non ! Mais aujourd’hui, plus que jamais, même en tant que célibataire sans enfant, je ressens ce devoir que j’ai envers les autres. Et ce devoir, c’est celui de l’exemplarité !

Si, je sais que pour moi cela est facile, malgré mon impulsivité, car je vis seul et que j’ai pas connu la chance d’avoir eut un enfant. Je pense aux parents qui eux, n’ont pas le droit de craquer devant eux.

Afin que l’on puisse avancer sereinement dans l’avenir, il ne faut pas garder les rancœurs du passé. On ne peut condamner quelqu’un qui ne savait pas. Ce savoir s’est usé au fil du temps, et celui-ci qui se profile devant nous nous laisse le temps de le retrouver, bien enfouis en nous. Enfermé dans nos cœurs, dans notre ADN, et qui ne demande qu’a s’exprimer…

©Stéphane Lévêque – 24 mars 2020

P.S : Oui, c’est bien moi sur la photo !

Jour 7 – Le droit et le devoir

Jour 7

Ils étaient encore nombreux hier à se promener dans la ville. Sur les secteurs où je circule, je n’ai pas arrêté de voir du monde dehors. Il y avait des enfants. Si pour la majorité d’entre eux, ils étaient accompagnés de leurs parents, j’en ai vu également qui était seul et livré à eux-mêmes. Cela peut paraître fou, mais cela est logique.

Pour beaucoup, la menace n’est pas réelle. Tant que l’entourage n’est pas touché par l’épidémie, le virus n’existe pas. C’est de l’inconscience, me direz-vous. Sans masques, sans aucune protection, sans aucun sens du devoir…

Nous avons des droits, mais nous avons également des devoirs. Mais dans une société de droit, il est toujours plus facile de voir ce qui nous est agréable plutôt ce qui nous restreint. Nous aimons cette liberté dans toutes ses formes, nous aimons la clamer à qui veut l’entendre. Mais la liberté, ce n’est pas faire n’importe quoi. La liberté, c’est avoir conscience de ses droits et ses devoirs et de connaître quel est son champ de possibilités. L’article 4 de la constitution des droits de l’homme de 1789 stipule que : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. »

Nous connaissons tous ce texte, beaucoup le citent, le clament et le réclament. Cette prose qui est le fondement de notre société, n’est connu que pour son article premier. Je me souviens encore de mes cours d’instruction civique lorsque j’étais encore un jeune écolier. Je me souviens encore de mon appel sous les drapeaux et qui me donna la chance de ne jamais connaître le chômage lorsqu’un adjudant-chef m’annonça que j’allais dans la section transport et que j’allais devoir passer mes permis du groupe lourd pour les besoins du régiment. Mais je me souviens également de ce premier week-end bloqué a la caserne et de cette allocution présidentielle qui annonçait la fin du service militaire obligatoire. Les générations se sont succédé, et au fur et à mesure, les devoirs ont été oubliés…

Alors lorsque reviennent les temps sombres, devant le devoir à accomplir, on se retrouve un peu gêné. Toutes les erreurs reviennent, mais je n’ai pas envie de monter sur la place publique pour réclamer la tête d’untel ou d’un autre. Si hier j’écrivais que le temps était à la réflexion et l’anticipation, le temps de la réconciliation est également là. Mais pour se retrouver tous ensemble autour d’un même projet, le devoir de mémoire est de rigueur. Ne jamais oublier les erreurs passées, car reproduire deux fois la même erreur, cela ne s’appelle pas une erreur, mais un choix !

« Soyons fou ! Soyons audacieux ! » comme disait Steeve Jobs. Afin que notre société future puisse se reconstruire après une si dure épreuve, osons écrire une seconde colonne. Si les droits de l’homme ont été écrits il y a un peu plus de deux siècles, puisque le roi est de retour (Car « Corona » signifie bel et bien « Couronne »), alors je pense qu’il est grand temps que nous écrivions ensemble « les devoirs de l’homme et du citoyen », texte qui peut s’ajouter en complément de celui de 1789. Et je dis bien NOUS, car ce genre d’écrit ne peut se faire seul…

©Stéphane Lévêque – 22 mars 2020
Illustration: Canal +

Jour 6 – L'anticipation

Jour 6

Cet après-midi, je suis de service et je vais retrouver la ville. Rien n’aura changé, les rues, les bâtiments, les monuments, tout sera à la même place. Il n’y aura pas âme qui vive, si ce n’est que quelques travailleurs, agents du service public et quelques zombies. Dans les regards, j’y croiserai beaucoup d’inquiétudes et d’angoisses. Si les premiers jours sont faciles et d’une humeur légère, au fil du temps l’ambiance s’alourdit.

Le temps est à l’introspection, mais également à l’anticipation.
Nos besoins de demain ne seront plus les mêmes que ceux d’hier. Les tracés directeurs de notre futur ne peuvent s’écrire avec des idéologies du passé. Nous assistons en ce moment à la fin du système capitalisme et j’ai l’audace que nous allons assister à la naissance d’un système coopératif. Notre confinement nous isole les uns des autres, mais en ce moment même, nous restons réunis par la toile du web.

Internet qui n’était pas très net, nous permet de communiquer, d’échanger, de s’informer, de partager. Nous pouvons nous instruire, apprendre de nouvelles choses. Qu’allons-nous faire de ce temps? Rester avachi à se morfondre dans son canapé ne sert à rien. Nous surconsommions, la dette alimentaire était en avance, années après années.

Si j’ai la chance de vivre seul dans un confortable T2 de 47 m2 qui borde un parc de 11 hectare de verdure, je sais très bien que ce n’est pas la même chose pour ceux qui vivent à plusieurs dans un studio.

Cette photo que je partage date de deux ans. Mais en la revoyant ce matin dans mon fil d’actualité, j’ai l’impression que c’était il y a une éternité. C’était le temps passé et qui ne reviendra plus, et le temps à venir nous invite à avancer vers l’inconnu. Je sais que nous sommes nombreux à savoir faire preuve de créativité et d’imagination. Et si nous devons vivre dans l’instant présent, anticiper pourrait nous permettre de nous relever plus aisément.

©Stéphane Lévêque – 21 mars 2020

Jour 5 – L'équinoxe

Jour 5

Le printemps est arrivé ce matin. C’est le temps des fleurs, et comme chantait Dalida, nous ignorons la peur et les lendemains auront un goût de miel. L’équinoxe ou l’instant où l’obscurité et la lumière sont à l’équilibre est un symbole fort. Le Yin et le Yang pourraient très bien résumer les instants que nous vivons actuellement. Comme disait également Démocrite, la parole étant l’ombre de l’action, chacun de nos actes sont mis en lumière. Les belles, tout comme les mauvaises actions seront contrastées. On peut ne regarder que le sombre, tout comme le lumineux, mais l’on peut prendre également du recul et regarder l’ensemble dans sa globalité.

Le printemps, nous le savons bien, que cette saison annonce le renouveau. Mais tout comme l’automne, c’est une saison de transition. C’est le passage de la saison sombre à la saison lumineuse, c’est a ce moment que Dame Nature se transforme et donne ainsi la vie.

C’est un secret de polichinelle, nous le savions que notre société était malade. Rongé par l’égoïsme, les maladies, la violence, les inégalités… Qui était réellement heureux dans notre société ? Nous savions que la plus grande peur, après celle de mourir, était celle de ne rien avoir. Notre société de consommation, avec son « Je consomme, donc je suis » était épuisé. Le réchauffement climatique était une réalité l’on savait, mais que prisonnier de notre confort, personne n’osait faire le premier pas. La nature se transforme, et puisque nous cohabitons avec la nature, nous sommes forcés à nous transformer.

Ce confinement, prends des airs de chrysalide. Nous étions chenilles, et là nous sommes dans nos cocons. Certes, tous les cocons ne se valent pas, mais nous n’avons pas le choix. C’est l’évolution qui veut cela, cela fait partie des règles essentielles de la vie. D’ici quelque temps, nous serons deviendrons papillons afin que nous puissions aller plus loin, mais également plus haut…

©Stéphane Lévêque – 20 mars 2020