Rumeur et complot

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La rumeur est redoutable, elle s’attaque à l’individu, tentant de le détruire insidieusement, le rabaissant plus bas que terre. Le « On m’a dit », et ce « On » anonyme, regorgeant d’idées, prêchant le faux pour savoir le vrai, ce « On » s’ennuyant d’une vie triste et monotone, n’ayant rien d’autre comme occupation de regarder l’existence des autres afin de ne pas voir la sienne ou pour justifier de sa misère. La rumeur est facile, ses mœurs sont très légères. Elle naît dans la frustration et la jalousie, et se concentre sur ceux qui ont le sourire. Le bonheur aux yeux de ceux qui ne le sont pas, n’ayant pas les moyens pour y accéder, devient insoutenable. Pourquoi les autres et pas moi ? Pourquoi ce monde est injuste ? Pourquoi dois-je toujours souffrir ? Alors, dans l’ignorance la plus totale, sans aucun discernement, la rumeur se construit afin de détruire celui qui en est la cible, usant de suppositions qui semblent être logiques, la propageant afin de trouver des alliés, qui partagent la même souffrance et surtout le même idéal.

Quand l’association se crée, la rumeur peut enfin évoluer. Elle passe un cap majeur qui lui permet de changer de forme, mais aussi de nom. Elle devient théorie du complot. Afin de pouvoir prouver qu’elle existe, il faut pour cela la baser sur des suppositions, que les faits ne puissent être vérifiés, et surtout que celui qui écoute reste crédule et surtout puisse être converti à la cause. La théorie, rumeur massive, devient absolument dévastatrice. Instrument de haine, elle détruit l’espoir. Elle brise la psyché de celui qui écoute, le plongeant dans une paranoïa, puis dans une dépression de plus en plus profonde. L’individu ainsi paralysé par ces mots est une coquille vide dans laquelle on peut implanter une nouvelle idéologie.

Car oui, c’est son but premier. Accéder au pouvoir, remodeler son environnement à son image. Pour cela, la théorie vise à se propager dans les majorités tout en ciblant des minorités. Pour cela, il faut user d’arguments sombres, et surtout qu’il est impossible de combattre seul. La théorie est une pseudo-science, teintée de fantastique et de fiction. Elle peut prendre plusieurs formes, les récits divergent en fonction de son ou ses auteurs. Mais le but demeure toujours le même, l’argent et surtout le pouvoir. Quel étrange paradoxe que de vouloir devenir comme ceux que l’on critique ! Mais pour y arriver, il faut que la théorie fermente dans les esprits, et quand elle arrive à maturation, elle accède enfin au stade finale de : dogme…

Le dogme se présente comme le dernier espoir, il promet richesse, égalité, vie éternelle ou toute ineptie possible. Le plus important dans le dogme, c’est que celui-ci ne peut se vérifier, qu’aucun expert puisse dire que cela est faux. De toute façon, l’expert est à la solde de ceux que l’on vise. Il n’a aucune légitimité dans le dogme, d’ailleurs le dogme lui-même interdit de contredire celui qui prodigue le dogme, car celui-ci est « sauveur » de l’existence de celui qui suit ce même dogme. Pour cela, il se donne corps et âme afin de pouvoir jouir des promesses de ces prédicateurs. Afin que l’individu suive à la lettre les indications, il faut pour cela en même temps que le dogme, une peur… Invisible aussi, invérifiable… Quand la proie est paralysée par la peur, elle n’en est que plus vulnérable.

Ainsi paralysé par la peur, l’individu, frustré de ne pouvoir agir, cherchant dans son esprit le moyen de se libérer du dogme, celui-ci invente… La rumeur… Et c’est ainsi qu’un nouveau cycle commence…

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