Expérience n°1 – L’encre « metallo-gallique »

Il faut être complément fou pour vouloir réaliser sa propre encre. Écrire est un acte que nous faisons tous et tous les jours, que ce soit la simple lettre administrative, en passant par la carte postale, la lettre d’amour passionnée, ou la petite histoire . Mais combien d’entre nous sait comment cela est possible ? Qui peut prétendre comment est fabriqué le papier, le stylo ou la plume ? Pour ce qui est du papier, j’ai visité en Auvergne le Moulin Richard de bas ainsi qu’a Fontaine de Vaucluse, plusieurs endroits où l’on fabriquait encore des parchemins. Pour ce qui est de la plume, cela reste encore un grand mystère. Mais pour ce qui est de l’encre… Je le sais désormais !

Nous apprenons tous à écrire. Nous savons à peu près comment sont fabriqués le papier et les stylos. Mais pour ce qui est de l’encre… Son origine reste assez mystérieuse ! Déjà, 4000 ans avant notre ère, l’encre était utilisée. Elle était obtenue par mélange d’eau et de carbone (noir de fumée) et se présentait sous aspect solide. Les couleurs étaient obtenues par des mélanges de terre ou de différents minerais. Au Moyen Âge, il existait deux formes d’encre. Les premières étaient des « encres au carbone », elles étaient obtenues par un mélange de pigment auquel on ajoutait de la gomme arabique ou du blanc d’œuf. Les secondes étaient les « encres metallo-galliques », elles étaient obtenues par une décoction de végétaux. C’est sur ce dernier aspect que j’ai travaillé afin d’obtenir ma propre encre.

IMG_0841(Img 1: Noix de galles de chêne)

Huit jours auparavant, j’ai fait macérer des noix de galles de chêne dans de l’eau déminéralisée. Il faut pour cela une eau non-calcaire. Au Moyen Âge, c’était de l’eau de pluie qui était utilisée, car puisque la macération était chauffée, il ne fallait pas que le calcaire vienne perturber la solution. Les noix de galles de chêne sont dues par les piqûres d’insectes parasites. La piqûre créant ainsi une sorte de « tumeur » crée une excroissance végétale dans laquelle un œuf de l’insecte se développe. En brisant ces noix et en les laissant en macération, les tanins se développent. Très rapidement, l’eau vire au beige en une heure seulement. Au bout de 12 heures, la solution vire au rouge. Au fil des jours, on peut voir les particules flotter. Le liquide devient marron-rouge, un peu comme une vieille analyse d’urine. 40 grammes de noix brisées suffisent pour un litre.

IMG_0829(Img 2: 1 heure de macération)

IMG_0830(Img 3: 12 heures de macération)

Le liquide est filtré, puis chauffé dans une casserole. (Celle-ci est désormais condamnée qu’a servir pour ce genre d’expérience désormais!). Il faut laisser réduire au trois quarts pour que le superflu d’eau s’évapore et qu’il ne reste qu’un concentré de solution tannique. Afin que la solution vire au noir, on ajoute des sels métalliques. Nous avons le choix entre le sulfure de fer (Vitriol vert) ou le sulfure de cuivre (Vitriol bleu). Cependant, le sulfate de cuivre est un peu trop acide et peut détériorer le support sur la durée. J’ai donc opté pour du sulfate de fer, j’ai utilisé 16 grammes. La solution chauffée s’est mise à mousser et a très rapidement virée au noir.

IMG_0842(Img 4: Sulfate de fer)

J’ai donc ajouté de la gomme arabique. Celle-ci est obtenue par l’exsudation de sève d’arbre, généralement de l’acacia. La gomme sert de liant, et permet que la fluidité de l’encre. Afin qu’elle se mélange bien, il faut que celle-ci soit très fine. J’ai utilisé 20 grammes de gomme. J’ai laissé chauffer quelques minutes. J’ai ajouté un « conservateur ». L’alcool en étant un, j’ai ajouté un demi-bouchon de calvados. Celui-ci évite la formation de moisissure, et permet également la rapidité du séchage de l’encre.

IMG_0840(Img 5: Gomme arabique)

J’ai fait un test rapide. L’encre est fluide, d’une couleur violet foncé à l’écriture, mais virant au noir lors du séchage…

test(Img 6: le test)

Afin de simplifier, pour réaliser environ 75cl d’encre, il vous faut :

— 1litre d’eau déminéralisée (ou eau de pluie)

— 40 gr de noix de galles de chêne

— 15 gr de sulfure de fer (ou de cuivre)  (Attention! C’est toxique!)

— 20 gr de gomme arabique

— Faire macérer durant une bonne semaine les noix dans l’eau.

— Filtrer la solution puis la porter à ébullition.

— Laisser réduire jusqu’au 3/4

— Ajouter le sulfure de fer (ou de cuivre)

— Ajouter la gomme arabique

— (Facultatif) Ajouter 1/2 bouchon d’alcool

IMG_0846(Img 7: La récolte)

Il ne vous reste plus qu’a essayer vous aussi…

©S.V – 20 août 2017

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Encre_métallo-gallique

http://www.enluminures-celtes.com/encre.htm

Fournisseur matière première:

http://alysse-creations.info/

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