Expérience n°2: Alchimie des encres

encres

J’avais eu un bon retour sur ma première expérience concernant les encres que j’avais déjà réalisées. Sulfure de fer, sulfure de cuivre… Deux éléments différents, mais ne donnant pas du tout le même résultat. Avec le fer, j’avais une encre noire comme il se faisait encore sur les anciens bancs d’école où l’on écrivait encore avec la plume et l’encrier. Le cuivre, c’était une encre brune, une couleur que l’on retrouve encore sur d’anciens manuscrits. Réaliser des encres à une époque où on achète sans se poser des questions, c’est vouloir aller plus loin dans son Art.

Je me suis ensuite plongé sur l’étude des encres de chine, mais là… J’avoue, ce fut une erreur de ma part. Ma recherche s’oriente sur l’écriture et non sur le dessin. Les retours que j’ai eus sur ces encres n’étaient pas encourageants. La méthode n’était pas la même, et je ne trouvais aucun rapport avec le principe des anciens alchimistes qui savait les réaliser. Continuant alors mes recherches, j’ai découvert un élément assez prometteur : l’Alun de Potassium.

L’Alun de Potassium était fréquemment utilisé en Égypte lors du 3éme siècle. C’est un minerai qui permet de fixer les couleurs pour les teintures et les parchemins, il était très prisé par les orfèvres et alchimistes de l’époque. Permettant également la coagulation, celui-ci fut également utilisé par les tanneurs afin de traiter le cuir.

L’idée première étant de travailler également avec le sulfure de mercure, le pigment de Vermillon devint alors comme une évidence. J’ai donc repris ma recette de mes encres métallo-galliques et l’ai adapté pour des versions colorisées. L’alun remplaçant le vitriol bleu ou vert, rajoutant des pigments (25g pour 1 litre) tout en gardant les mêmes proportions pour la gomme arabique. Un matin de mars, j’ai donc réussi la réalisation de cette encre rouge. J’ai laissé décanter cette encre dans une bouteille pendant près d’une semaine. Pendant ce temps-là, je me suis plongé à l’étude d’une autre encre. J’ai trouvé par la suite deux autres pigments. L’ocre étant également un pigment naturel, ce fut tout à fait logique que je me penche sur le sujet, mais j’en désirais une troisième. J’avais le rouge, le jaune, mais il me manquait une couleur primaire : le bleu. J’ai donc opté pour un bleu-outremer et me suis remis au travail.

trilogie

Je n’avais jamais tenté de réaliser deux encres en même temps. Ce fut une expérience intéressante. Durant le temps de la macération jusqu’à la réalisation, j’ai ressenti une grande fatigue. Dans ces encres, je mets à chaque fois tant d’intentions, de temps et d’énergies. Que j’ai compris alors que dans ces encres, j’y mettais une part de moi-même. Bleu et jaune enfin réalisés et décantés, je les ai filtrés. Je traversai alors Lyon pour apporter le fruit de mon travail à une artiste qui travaille le tissu. Le résultat fut remarquable, mais les pigments en retombant dans les bouteilles semblaient donner d’autres couleurs. Je fis alors l’expérience de filtrer plusieurs fois, par trois fois ! Et là, quelle ne fut pas ma surprise ! Si le rouge est devenu rouge-brun, le bleu est devenu ocre, et l’ocre bleu-vert. J’ai donc testé ces encres pour l’écriture. Cela m’a donné des nuances.

encre tissus(Résultat des couleurs sur tissus)

création

(L’oeuvre de l’artiste)

Avec le recul, je constate que cette expérience m’a permis d’apprendre à mieux me connaître. Quand je travaillais le sulfure de cuivre (le cuivre étant associé à Vénus), j’ai pu réfléchir sur l’élément féminin. Mon comportement vis-à-vis de la femme, de l’image que je reflète, mais aussi dans l’introspection à comprendre le féminin dit « sacré », et même intérieur. Le Vermillon fut associé à l’esprit (Mercure), cela m’a permis de saisir mon orientation philosophique, mes croyances et mes idéologies spirituelles. L’Ocre, lui fut associé au soufre par sa couleur jaune, donc la gestion des émotions, mais aussi sur ma capacité à ressentir. La dernière, le Bleu, fut associé au sel, comme le sel de la mer. Le corps, prendre conscience de notre corps, celui-ci est le siège de l’âme et de l’esprit. Prendre soin de son corps, de sa santé, une véritable évidence que l’on sait, mais que l’on ne regarde pas toujours en face. Le sulfure de fer, lui ancrait le masculin, l’affirmant définitivement, après de nombreuses réflexions sur l’égo, sur l’homme en général, ses droits mais également ses devoirs.

Fort de cette expérience, je pouvais alors passer à la phase trois : la recherche géométrique !

À suivre…

©S.V – 9/4/2018

Fournisseurs :

http://alysse-creation.info (Noix de galles, sulfure de fer, alun de potassium, gomme arabique)

http://LoisirCreatif.net (gomme arabique, sulfure de cuivre pentahydratée)

http://MonDroguiste.com (Noix de galles entière, sulfure de fer heptahydraté)

Artiste :(L’ange Oliveuse)

https://www.facebook.com/lAngeOliveuse/

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