Expérience n°3: La géométrie

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Afin d’accéder à son but, il faut plonger la tête la première dans ce que l’on fait. Cela nécessite un engagement le plus complet afin d’être le plus précis possible. Il y eut la recherche sur les encres, et désormais, il y a la recherche du geste. Faire et refaire, afin de pouvoir maîtriser. Bien entendu, cela nécessite également de faire silence, d’écouter, d’observer afin d’analyser et enfin comprendre. Beaucoup d’entre nous jugent. Ce que je n’aime pas dans le jugement, c’est que l’on a tendance à condamner. Certains d’entre vous pourraient penser que je suis complètement fou de faire ceci, mais ce travail m’a permis d’avoir une meilleure compréhension de moi-même. Et en me comprenant, je commence lentement à comprendre ce monde qui m’entoure.

Je ne suis parti de presque rien, une feuille, un compas, une règle et quelques stylos afin de donner du contraste à ce que je faisais. J’ai commencé, par le début : tracer de 1 à 9. C’était plutôt facile ! Mais voulant croiser ce travail avec la compréhension que j’ai du tarot de Jodorwsky, j’ai voulu pousser la recherche et me lancer dans la conception des étoiles de 1 à 22. Cela se compliqua sérieusement sur la réalisation de l’étoile à 11 et 13 branches. Pour celle à 17 branches, je découvris les méthodes de Gauss. D’une étoile, je suis arrivé à une constellation. Encore inachevée, car il m’en manque encore une : la 19éme. Celle du soleil ou arcane de l’intuition et de l’intelligence du cœur selon mes interprétations.

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Le tarot comportant 22 arcanes, j’ai commencé également à plancher sur les 22 lettres hébraïques. De fil en aiguille, voulant par la suite illustrer ces planches de dessin, je me suis penché sur les autres alphabets. Notre alphabet comportant 26 caractères, le grec qui lui n’en comporte que 24, l’arabe qui en a 28 et le russe qui en comporte 33. Les idéogrammes asiatiques étant trop complexes pour moi et atteignant des nombres considérables, je les ai mis de côté pour le moment. Comme il est étrange de plonger dans les mathématiques afin de rechercher les secrets de l’écriture. Tant d’alphabets, mais aucun d’entre eux comportent le même nombre de lettres ! C’est comme si nous avions une conversation entre deux personnes, l’un parlerait en binaire, l’autre en alphanumérique : cela donnerait un dialogue de sourds. Mais si nous mettons un auditeur à cette conversation, qui lui parlerait en décimal, cela donnerait un terrible malentendu.

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Comment se comprendre si on n’utilise pas le même système de codage ? L’écriture est bel et bien un système mathématique littéraire, une lettre comme un symbole qui donne un caractère. Une voyelle donnant un son, les consonnes donnant un rythme. Seul le silence permet d’entendre les subtilités de la parole, et plus on plonge dans l’apprentissage des sciences, plus on agrandit son champ de compréhension, jusqu’à saisir les subtilités et intentions. C’est ce que les Égyptiens appelaient le « Medou-Neter » : la clef de compréhension de l’essence même du mot. D’où l’importance de trouver le bon mot afin de construire sa phrase. L’adage « peser ses mots et mesurer ses propos » prends alors tout son sens. Tel était le travail des scribes, écrire un texte afin qu’il y ait plusieurs niveaux de compréhension. Derrière chaque fiction, il y a la première compréhension : l’histoire. En second plan l’histoire touche le conscient et enfin au troisième plan, le conscient titille l’inconscient.

Pouvoir atteindre l’inconscient de ses lecteurs et pouvoir modifier l’inconscient collectif, voilà bien le Saint-Graal de tout auteur qui se respecte. Car oui, l’écriture doit avoir un but. On ne peut se résigner à écrire n’importe quoi dans le seul but de pouvoir vendre du papier ! Les mots touchent, les mots blessent. Certains d’entre eux peuvent avoir l’effet d’une balle à bout portant, tout comme avoir l’effet de la plus douce des caresses. Une lettre, un texte, un roman, une histoire… Tout écrit doit être sérieusement travaillé. Le proverbe (qui est d’origine allemande ceci dit en passant) : « La plume est plus forte que l’épée » prend alors tout son sens. Et à l’heure du tout numérique, où bon nombre ont délaissé leurs stylos pour leurs claviers, alors connectés à la vaste toile d’internet. Le simple clic d’une souris, peut avoir l’effet d’une arme de destruction massive…

©S.V – 29 avril 2018 (Texte et photos)

 

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