Jour 9 – Le regard de l'enfant

Jour 9

Le confinement, c’est un isolement de la population, mais c’est aussi parfois vécu comme un enfermement. Et ce dernier peut être parfois assimilé à la prison. Si on se met à la place d’un enfant, ces instants doivent lui sembler bien long. Je me souviens lorsque j’étais à l’arrière de la voiture familiale, mes parents à l’avant et lors de trajets qui sortaient de l’ordinaire,, je demandai : « Dis, c’est encore loin ? Quand est-ce que l’on arrive ? ».

Aujourd’hui, nous sommes près de deux milliards d’humains enfermés chez eux. Beaucoup d’enfants ne comprenant pas ce qu’il se passe. Certains doivent se demander pourquoi ils sont en prison alors qu’ils n’ont rien fait. Privé d’école, de leurs copains, de leurs jeux. Et comme seule réponse, le regard de leurs parents qui ne savent répondre à leurs questions.

Élever un enfant, ce n’est pas l’éduquer. On éduque un animal, mais lorsqu’il s’agit d’un enfant, on l’élève. Élever, c’est le faire grandir ! Mais pas que d’un point de vue physiologique en répondant aux besoins de nourritures et matériels. C’est aussi lui transmettre les valeurs humaines essentielles afin qu’il puisse vivre en paix dans une société complexe et qu’il puisse les transmettre a son tour. J’ai vu passer quelques publications qui ironisaient a ce sujet. Chaque jour, sur le parcours que je fais avec mon autobus, il y a l’enseigne de cette école « Montessori ». Je vois encore des enfants seuls dans la rue, livrés à eux-mêmes. Mais je ne condamnerais pas les parents, qui eux-mêmes n’ont pas eu accès à cet enseignement.

Au fil du temps, ce savoir s’est perdu. Et l’instant est propice afin qu’on le retrouve. On passe du temps ensemble, on fait des activités ensemble, on l’aide à faire ses devoirs. Cela fait partie des devoirs des parents, car être père ou mère, c’est avant tout préparer son enfant au monde futur.

En écrivant ces quelques lignes quasi quotidienne, je repense au dernier couplet de la Marseillaise. « Nous entrerons dans la carrière, lorsque nos aînés n’y seront plus ». Avions-nous été préparé à cela ? Bien évidement que non ! Mais aujourd’hui, plus que jamais, même en tant que célibataire sans enfant, je ressens ce devoir que j’ai envers les autres. Et ce devoir, c’est celui de l’exemplarité !

Si, je sais que pour moi cela est facile, malgré mon impulsivité, car je vis seul et que j’ai pas connu la chance d’avoir eut un enfant. Je pense aux parents qui eux, n’ont pas le droit de craquer devant eux.

Afin que l’on puisse avancer sereinement dans l’avenir, il ne faut pas garder les rancœurs du passé. On ne peut condamner quelqu’un qui ne savait pas. Ce savoir s’est usé au fil du temps, et celui-ci qui se profile devant nous nous laisse le temps de le retrouver, bien enfouis en nous. Enfermé dans nos cœurs, dans notre ADN, et qui ne demande qu’a s’exprimer…

©Stéphane Lévêque – 24 mars 2020

P.S : Oui, c’est bien moi sur la photo !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s