Jour 26 – Le cœur de la matrice

Jour 26,

Le point de non-retour a été franchi depuis pas mal de temps et devant l’inconnu, il est humain de se sentir un peu désorienté. Avant, nous avions la sensation de pouvoir contrôler les choses. Nous savions notre modèle défaillant, mais nous faisions comme si tout allait bien. Tout comme lors du naufrage du Titanic fonçant droit vers l’iceberg, l’orchestre continuait de jouer malgré tout. Depuis quelques jours, on se retrouve face à la réalité, il n’y a pas de pilote qui saurait reprendre la situation en main. Alors, on essaye de sauver ce que l’on peut, certains sauvent des vies, d’autres leurs honneurs, et pour certains quelques valeurs en espérant qu’elles auront toujours cours après le naufrage.

Lors d’une situation de panique, on a du mal à regarder ailleurs. Seule la situation de sa propre personne, semble compter. Cela est logique et fait partie des instincts primaires humains. Bien sûr, il y a également des actes d’héroïsme, afin de porter secours à ses semblables. La peur stimule le courage, qui lui-même stimule l’audace et la créativité. C’est une des conséquences de ces situations, elles provoquent des stimuli à l’esprit qui lui-même permet au corps de produire de l’adrénaline. Cette formidable énergie ainsi créé nous permet de nous dépasser, d’anticiper, elle booste notre organisme, jusqu’à cet instant où l’on sentira enfin sain et sauf.

Mais dans ce cas de figure, le temps s’est arrêté. Pourtant, la course des astres continue et nous nous semblons nous diriger vers un désastre. Nous essayons de trouver des solutions, mais malheureusement notre vision est bien souvent faussée, car nous essayons tous de sauver avant tout nos propres intérêts. Peu sont enclins au sacrifice, celui-ci, on le fait en ultime et dernier recours lorsque l’on a pas le choix. On assiste également à des scènes de conflits, car chacun essaye d’avoir le « leadership » ou sa place vers un monde meilleur. Bref, chacun regarde de son propre camp, parfois en se projetant dans celui de l’adversaire et cela afin de deviner quel sera son prochain coup.

Cependant, une telle situation, même si elle semble désespérée, peut tourner à notre avantage. C’est à cet instant même que les esprits sont le plus ouvert. Rappelez-vous, il y a quelques jours, je posais la situation tel un problème informatique. Un virus ralentit le système et crée une brèche. Hé bien, c’est donc à cet instant même que les esprits sont les plus ouverts et surtout plus réceptifs aux idées. La créativité ainsi stimulée permet ainsi l’émergence d’idées fraîches et nouvelles. Mais afin que celles-ci gardent leurs primeurs, elles doivent être inédites.

Le paradoxe… Peut savent ce que c’est réellement. Le paradoxe est un état qui se trouve entre deux états. Entre bien et mal, ombre et lumière, la voie paradoxale est également « voie du milieu ». Le paradoxe pourrait se résumer lors d’une partie d’échec, où nous serions en train de jouer les deux camps en même temps avec des règles qui nous obligent à gagner et perdre à la fois, tout en réalisant un pat (match nul) en même temps. Pour que cela puisse être possible, il faut se placer dans la peau de tous les protagonistes en même temps, qui je l’avoue n’est pas toujours évident.

Afin de mieux comprendre ce phénomène, un autre exemple peut être utilisé est l’humain. Cette espèce étrange qui peuple cette planète est lui-même un véritable paradoxe. Il est composé de chair et de sang qui composent sa matière, tout en étant mué d’un esprit qui lui permet de penser et avoir sa propre identité. Le paradoxe, c’est cela. Entre raison et folie, explicable et inexpliqué. Celui-ci est question et réponse à la fois.

Et si nous réfléchissions comme un ensemble et non comme un individu ? Dans cette épreuve, afin que l’on sorte vainqueurs. C’est le collectif qui doit primer sur l’individualisme. Ce modèle que nous avions auparavant était nocif pour nous tous, ainsi que pour notre planète. Et si nous fusionnons ? Que l’on préfère se retrouver au centre d’une sphère plutôt qu’au sommet d’une pyramide ? Et si nous avions l’audace de réellement abandonner certaines vieilles habitudes qui ne faisait qu’empoisonner notre quotidien ?

L’enfer, ce sont les autres, me direz-vous ! Oui, chacun de nous étant le centre de son propre univers, il ne peut exister en même temps plusieurs points centraux. Le conflit étant bien trop souvent provoqués par une querelle d’ego. Qu’importe notre nationalité, culture ou niveau social, en ce moment, nous sommes tous dans la même situation. Ce virus qui circule et se propage dehors, met en relief nos différences, mais également nous invite à nous réunir afin de collaborer. Oublions nos anciennes querelles, qui aujourd’hui, paraissent obsolètes.

Une brèche s’est créée, fissurant ainsi le cœur de la matrice dont nous faisons partie. Mais afin que celui-ci n’explose pas dans un éclat de violence, nous avons encore la possibilité de penser différemment et surtout collectivement afin de transformer cet enfermement en une porte de sortie vers un nouveau paradis…

Texte et photo : ©Stéphane Lévêque – 10 avril 2020

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