Jour 151 – Les jours d’après…

Le temps du confinement semble loin, mais si proche également. Depuis le 11 mai, jour de notre liberté conditionnelle, la menace d’une rechute plane au-dessus de nos existences comme un vieux fantôme. Nos bonnes vieilles peurs ressurgissent et nous repoussent dans nos retranchements. Rentrer dans les cases, ne pas dépasser le trait, ne pas oublier de se laver les mains et surtout porter ce masque afin que ton sourire ne soit pas contagieux. C’est mal d’être heureux quand il y a une pandémie qui risque d’anéantir l’économie de ton pays. Alors, il faut suivre les rangs, afin que l’on soit bien gentil, que l’on ne pense pas trop, alors on nous addicte, car une personne addictée est une personne à dicter.

Rien de plus facile que de manipuler par la peur, éreinté par la chaleur de la liberté conditionnelle estivale. Gel, masque et canicule, voici bien là le cocktail de ces dernières semaines. Au loin, septembre se profile avec sa sempiternelle rentrée, du retour à la normale. Mais on oublie que cette année est tout sauf normale et heureusement.

Souviens-toi qu’avant le mois de mars, nous vivions dans une société à bout de souffle. Plombé par la misère, l’injustice, nous vivions dans l’indifférence. Et puis, il y eut cet instant où la vie dans les rues se sont arrêté, les ruées dans les supermarchés, cet engouement soudain pour le papier toilette, le bal des ambulances, les urgences saturées, le manque de respirateurs et tous ces héros du quotidien jadis invisibles qui se faisaient applaudir tous les soirs à 20H.

Puis les fauves furent lâchés dans cette jungle urbaine. Nous avons vu les masques jetés à terre, des conducteurs de bus agressés, des jeunes filles écrasées, l’incivilité et la violence dans leurs plus grandes splendeurs. Ce monde a-t-il changé ? Bien sûr que non. Notre société est restée la même, ce n’est que notre vision qui a évolué. J’aime à penser que nous n’avons plus l’envie de rester indifférent à ce qu’il se passe autour de nous. Le commun devient « comme un » afin que la distance nous permette de comprendre le sens de l’unité.

Ce monde d’après que nous attendions n’est pas encore arrivé. Le téléchargement du nouveau logiciel va prendre un peu plus de temps que prévu. D’ailleurs, je doute fort que le programme que l’on nous propose soit au goût de tous et surtout que l’on se mette d’accord sur celui-ci.

Ce Covid, c’était mon troisième apocalypse que je vivais après celui du bug de l’an 2000 et celui des Mayas qui n’osent plus venir nous vendre leurs calendriers. Alors, afin de vivre pleinement ce monde d’après, je dépose mon armure, mes armes et mon bouclier afin de reprendre mes pinceaux, et surtout l’écriture. Je vous laisse les préoccupations de l’après qui n’est pas encore arrivé et qui en passionne plus d’un.

Pour ma part, je garde auprès de moi l’instant présent. Je vous laisse également le passé et proclame ma liberté absolue. Et pour toi qui lis ces quelques lignes, je laisse ici une porte entrouverte si tu veux venir t’échapper avec moi et enfin s’autoriser ce qui auparavant nous semblait dément, se foutre de ce monde qui lui est complètement fou…

Texte, dessin et photo : ©Stéphane Lévêque – 16 août 2020

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