Jour 229 – Liberté conditionnelle

C’est compliqué en ce moment, me direz-vous. Que l’on soit en activité ou non, seul, en couple, avec ou sans enfants, la situation que nous vivons en ce moment est loin de nous réjouir. Au premier confinement, on passait à l’heure d’été. Les jours grandissaient, la nature était en train de s’éveiller. Il y avait un virus qui circulait sur la planète et malgré la ruée dans les supermarchés, on avait un bon moral. Depuis, le temps est passé, on est sorti et nous avons profité de l’été. On avait chaud sous nos masques, le virus semblait être loin derrière nous, anéantit par la canicule. Mais nous nous trompions, celui-ci semble être revenu à temps pour la rentrée.

Quand je repense au temps où nous avions ni gel, ni masques, le danger était de partout, mais on s’en sortait plutôt bien. Mais depuis la rentrée, avec nos gestes barrières, il semblerait que l’on s’est construit des barricades. Où est passé l’unité sociale et ces grands idéaux que l’on nous vantait auparavant ? Depuis quelque temps, je me pose pas mal de questions. Afin de me préserver, j’ai coupé tout contact avec les médias afin de me préserver mentalement. Je garde toutefois le contact avec une lecture en diagonale avec les grandes lignes afin de me mettre à jour, mais le peu que je peux y lire n’aide pas vraiment. Les professeurs se font décapiter, les prêtres se font tirer dessus quand des dingues ne rentrent pas dans les églises pour y déchaîner leurs haines. Quand je lis tout ceci, je me dis que ce monde est devenu fou et que cette crise sanitaire ne fait qu’amplifier nos vieux démons.

Qui peut rester sain d’esprit en portant un masque à longueur de temps ? Et puis, comment peut-on surtout rester sain d’esprit quand on nous supprime peu à peu tout ce qui pouvait nous aérer la tête ? Les concerts, les festivals ont été annulés, puis il y eut le couvre-feu, la fermeture des établissements de nuits, des cinémas, des théâtres. Et puis, il y eut cette annonce mercredi dernier, ce reconfinement…

Depuis nos petits commerces sont en sursis et j’ai la terrible impression d’être en liberté conditionnelle… Pas le droit de sortir, si ce n’est pour aller au travail, à l’école, chez le médecin ou pour un impératif administratif. Cette ambiance, cela ne fait rêver personne. Surtout en plein mois de novembre où la grisaille s’installe avec son changement d’heure qui semble remettre les pendules à l’heure. En effet, c’est plutôt compliqué pour tout le monde…

Malgré tout cela, je fais acte de résistance. Je ne jugerais personne, ne condamnerais pas non plus. Je continuerais à ne pas faire de différence, malgré les tristes mines que je devine sous ces masques. Dans cette histoire, nous ne sommes coupables de rien. Nous n’avons rien à nous reprocher, nous avons fait de notre mieux depuis ce mois de mars et nous pouvons relever fièrement la tête. Car oui, les amis, notre devoir en ce moment est de reprendre haut et fort le débat afin que l’on retrouve notre liberté…

Texte et Illustration : ©Stéphane Lévêque – 2 novembre 2020

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