Jour 255 — La faim de tout

Je n’ai pas aimé ce second confinement. Et je pense que nous sommes nombreux à penser la même chose. J’ai trouvé ce deuxième acte beaucoup plus vicieux avec son débat sur ce qu’était un commerce essentiel et celui qui ne l’était pas. Cela a mis en place un terrible sentiment de frustration. Le plaisir, le désir, ces petites choses issues de notre « French art de vivre » disparaissait afin de faire place à la plus stricte austérité.

Déjà, cela faisait plusieurs mois qu’il n’y avait plus de concerts, de spectacle. Bref… Toute notre culture était en train de se dessécher. Cela fait mal au cœur de voir toute une population qui se prive subitement alors qu’elle ne demande que de vivre pleinement. Dans le « non-essentiel », ce sont toutes nos notions de plaisir qui ont été confinées Pourtant, céder à nos envies, s’accorder le plaisir, cela est une partie intégrante de notre équilibre psychologique.

Alors après un couvre-feu, un mois de novembre plutôt frigide, cela m’a fait plaisir de voir les commerces de la galerie marchande ouverts. Comme beaucoup, j’ai craqué et me suis accordé un petit plaisir. Entrer dans un magasin, de voir le regard pétillant de la vendeuse, cela contraste vraiment avec le commerce en ligne. En fait, cela ne peut se comparer tellement que les différences sont évidentes. Je ne pourrais comparer cette charmante vendeuse de parfumerie qui avait ce sourire que je devinais sous son masque avec le livreur d’Amazon qui essayait de faire rentrer de force le colis dans la boite aux lettres de mon voisin du 4éme. Un livreur, cela s’oublie, mais le charme d’une vendeuse, c’est impossible.

Rien de tel que le contact humain. Avec lui et son interaction, tout est possible. On communique, on échange, on se sourit, c’est chaleureux… Rien a voir avec la froideur de l’écran et le cliquetis sinistre de la souris. Sur Amazon, je ne commande que mes lames de rasoirs et quelques produits, car ils ne sont pas vendus dans les boutiques qui sont à proximité.

Le virtuel ne remplacera jamais le réel. J’ose espérer que ce second confinement nous aura sevré de cet univers numérique. Cela n’est pas gagné, surtout quand j’écoute parler certaines personnes qui vont me parler du prix et des frais de port offert. Je sais que ce sont ces mêmes personnes qui viendront se plaindre lorsqu’un commerce à côté de chez eux ferme. C’est triste et c’est surtout moche. C’est pour cela que je préfère l’interaction humaine, l’échange et ces regards qui pétillent. Cela ouvre tant de possibilité. Surtout après une telle période, tant de privation et surtout ses frustrations, la faim de tout, cela peut se comprendre…

©Stéphane Lévêque – 28 novembre 2020

Image : FreePik.com

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