Les règles du « Je » — Le cinquième As

Clyde avait perdu beaucoup de sang. Il regardait Sakura qui fuyait en courant. Lisa avait l’intention de la poursuivre, mais Clyde la dissuada.

— Elle a fait ce qu’il fallait faire, dit-il péniblement. Je ne savais pas laquelle de vous allait le faire.

Clarita, les yeux plein de larmes, s’était précipité auprès de Clyde avec quelques morceaux de tissus afin de faire un pansement. Lisa de son côté improvisait un brancard afin de le transporter jusqu’au bateau.

— Je vais te conduire au temple. Jehm et Stella vont pouvoir te soigner, dit-elle avec précipitation. Quant à elle, je reviendrais pour m’occuper d’elle.

— Laisse-là ! Soupira Clyde. Elle ne m’a pas blessé, elle me permet enfin d’être délivré. Il n’y avait aucun autre moyen pour moi de partir d’ici. Elle me permet enfin de m’évader d’ici.

Clarita aida Lisa à tirer le brancard et le mettre sur le bateau. Au loin, les yeux plein de larmes, Sakura s’en voulait de ce qu’elle avait fait. Elle avait agi sur le coup de l’impulsivité. Elle avait envie de courir vers lui, de lui demander pardon, mais elle n’osait pas. Elle avait peur des représailles des deux autres femmes qui l’accompagnait.

Une fois installé sur le bateau, Clyde se tourna vers Clarita.

— Va voir Sakura et explique-lui qu’elle a fait ce qu’il fallait faire.

Il tira une carte de sa poche et lui donna.

— Donne-lui ça de ma part. Dis-lui que c’est la dernière règle, la plus importante, car c’est l’enseignement du cinquième as.

Clarita hocha la tête, essuya ses larmes et descendit du bateau. D’un geste expert, Lisa manœuvra et rapidement le navire prit le large.

Au loin, Astaroth se remettait de ses blessures. Gabriel était à côté de lui et regardait vers l’horizon.

— La tempête s’est calmée, dit-il. Je pense que nous pouvons y aller.

Astaroth ne dit pas un mot et se leva. Tous les deux déplièrent leurs ailes et prirent leurs envols. Au bout de quelques minutes, ils aperçurent au loin un bateau et décidèrent de le suivre.

De son côté, confortablement installée, Bonnie referma le journal de Clyde qu’elle avait lu dans ses moindres détails. Nilüfer était en train de s’occuper des fleurs de son jardin. Elle quitta le fauteuil où elle s’était installée pour lire et se dirigea vers son hôtesse.

— Je comprends mieux maintenant. Clyde peut prouver que Satan et l’Architecte n’existent pas et qu’ils sont morts depuis longtemps. Je peux comprendre pourquoi les pouvoirs en place ne veulent pas qu’il s’échappe. Si la vérité était révélée, cela causerait le chaos.

— Il pourrait prendre le pouvoir. Mais cela impliquerait de lourdes responsabilités, répondit Nilüfer. Il en a conscience., c’est pour cela que ça ne l’intéresse pas. Il tient trop à sa liberté.

Bonnie répondit d’un signe de la tête, puis aida son hôtesse dans ses tâches de jardinage. Il se passa plusieurs heures avant qu’un évènement attire leurs attentions. C’était l’arrivée d’une femme tirant un brancard de fortune. Et sur celui-ci, gisait le corps d’un homme. C’était celui de Clyde. Nilüfer et Bonnie se précipitèrent vers elle. Mais elles furent surprises par l’irruption de Gabriel et Astaroth qui les avait suivis.

— Laissez-le ! Déclara Lisa. Il est en train de mourir. Vous pouvez lui accorder cette dignité.

L’archange et le démon observèrent le corps agonisant de Clyde. Son bandage était couvert de sang et celui-ci respirait faiblement.

— Pouvez-vous le soigner ? Demanda Gabriel.

— Il a perdu beaucoup de sang, répondit Lisa. Je ne sais pas si, on peut encore faire quelque chose.

L’archange salua la femme qui venait de lui répondre. Il venait de comprendre que l’on ne pouvait plus rien pour lui. Il salua les femmes qui l’observait et se tourna vers le général des enfers.

— Viens ! Notre mission est terminée.

L’archange et le démon lancèrent un dernier regard en direction de Clyde, puis étirèrent leurs ailes avant de s’envoler.

Une fois partis, Bonnie se précipita vers Clyde et lui prit la main. Celui-ci ouvrit les yeux péniblement.

— Je t’avais bien dit que l’on se reverrait et que plus rien ne serait comme avant, dit-il faiblement.

— Chut ! Répondit-elle. On va t’emmener au temple. Jehm et Stella vont te soigner. Nous reparlerons de tout cela après.

Bonnie aida Lisa à tirer le brancard, Nilüfer les suivait sans dire un mot. Quelques minutes plus tard, elles se trouvèrent dans l’enclos du temple. Jehm, Stella et Diablesse se précipitèrent vers le corps de Clyde. Rapidement, Jehm prit le brancard avec Stella et rentrèrent dans le temple. Trente minutes plus tard, ils en ressortirent la mine triste.

— C’est fini, annonça Stella. Il vient de nous quitter.

Diablesse s’avança vers Bonnie et la prit dans ses bras. Lisa, restait en retrait auprès de Nilüfer. Jehm laissa Stella dehors, puis retourna chercher le corps qu’ils enterrèrent. Ce fut une courte cérémonie. Chacun prirent la parole afin d’honorer sa mémoire. Puis, après cela, se séparèrent. Bonnie salua Diablesse ainsi que Jehm et Stella avant de repartir avec Nilüfer et Lisa.

Une fois que tout le monde furent partis, Jehm, Stella et Diablesse retournèrent dans le temple. Dans la pénombre du dédale, un homme les attendait.

— Tout s’est bien passé ? Demanda t-il.

Diablesse s’avança vers lui.

— Je ne leur ai pas dit que je t’avais déjà vu mourir une fois. Pour tout le monde, tu es mort. Comment devons-nous t’appeler maintenant ?

L’homme avança das la lumière. Tous les trois reconnurent le visage de celui qui s’était fait appeler Clyde.

— Oui, comment devons-nous t’appeler maintenant ? Redemanda Stella.

— Je l’ignore encore. Mais une chose est sûre. C’est que vous n’aurez pas à m’appeler. Je vais quitter ces lieux. Il y a d’autres endroits dans ce monde que je voudrais explorer. Ces lieux, je ne les connais que trop bien. Sortir de cette zone de confort ne peut me faire que le plus grand bien.

Jehm donna une tape sur l’épaule de l’homme avant de se mettre à rire.

— Tu aurais pu leur dire que nul ne peut mourir en ces lieux. Cela leur aurait causé moins de peine. En tout cas, je te souhaite un bon voyage mon ami.

L’homme se mit à sourire et regarda Jehm le regard plein de lumière.

— J’aurais pu, mais il est préférable qu’il en soit ainsi.

Alors que l’homme commençait à se diriger vers le temple, Diablesse une dernière question.

— Attends! J’ai un truc a te demander.

— Vas-y ! Répondit-il.

— Tu nous a donné des cartes à chacun. Mais toi, quelle carte as-tu ?

L’homme s’arrêta et tira une carte de sa poche. Elle ne ressemblait à aucune autre. C’était un as, où il n’y avait ni cœur, ni pique, ni trèfle ou carreau, mais un trident.

— C’est le cinquième as, déclara t-il calmement. Cette carte apparaît quand le « Je » est enfin complet.

Il marqua un temps d’arrêt.

— Nous nous reverrons, Diablesse. Soit en certaine !

Il disparut dans la pénombre. Lentement, il se dirigea vers la plage. Il marqua un temps d’arrêt vers la maison de Nilüfer. Il aperçut la silhouette de Bonnie, il avait envie de lui dire au revoir une dernière fois et lui dire tout ce qu’il n’avait pas osé lui dire. Mais, il continua son chemin jusqu’au bateau conduit par Charron l’attendait.

— Où dois-je t’emmener ? Demanda Charron.

— Loin de là… Déclara l’homme. Très loin, vers de nouvelles contrées que je pourrais explorer.

Au loin, Sakura regardait la carte que Clyde lui avait donné. C’était le cinquième as, orné de son trident. Elle le jeta à la mer avant de relire une dernière fois la règle qui était inscrite au dos.

« Règle n°17 : Pour sortir de sa zone de confort, peu importe tes actes passés. Seuls comptent ceux que tu désires faire désormais»

©Stéphane Lvq – 14/02/2021

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