Déesse, Diablesse, Tigresse…

C’était, aujourd’hui, le premier jour du printemps. Un jour qui aurait pu sembler être comme un autre, un samedi ensoleillé où il fait bon sortir dehors et prendre l’air. La vie dans la zone libre jusqu’à 19 h à du bon. À une autre époque, j’aurais bien aimé siroter un verre sur la terrasse d’un café , le petit vent frais aurait caressé mon visage, je me serais certainement mis à écrire. Mais le temps a changé. Il y eut les confinements, l’arrêt de notre mode de vie, nous avons passé tant d’épreuves ensemble que chacun de nous s’est transformé.

Avant cela, je ne connaissais que Déesse. Elle était la femme qui m’avait initié au tantra. Elle m’avait inculqué l’enseignement qu’un homme devrait recevoir. J’ai appris auprès d’elle un savoir-faire. Il est vrai que la délicatesse n’est pas ce que l’on apprend lorsque l’on est enfant. Les hommes, on nous apprend à être fort, robuste, à ne pas pleurer, à se battre. Jamais on nous apprend la douceur et la sensualité. Ce que l’on apprend sur le sexe, c’est ce que l’on voit à travers les écrans et les diverses publications spécialisées. Le masculin essaye d’avoir le dessus sur le féminin, parfois l’inverse. Quantique de la dominance et cantique de la soumission, jamais il n’apprend à être l’égal de sa complice. Déesse à dû corriger tous ces défauts que l’on m’avait transmis qui s’étaient erroné au fil des générations. Elle a été patiente, car il y avait beaucoup d’erreur à gommer. Apprentissage dans le désir, je me laissais guider par cette femme qui me faisait penser aux Atlantes d’un temps oublié qui m’a permis d’ouvrir mon cœur.

Puis, il y eut Diablesse. Elle était la femme qui m’a permis de m’accorder les plaisirs que je pensais être interdit. A force de se cacher derrière le masque de notre mental, on ne peut être soi. Les peurs, les angoisses que l’on nous inculque dès notre plus jeune âge nous limitent. C’est l’interdit, cette barrière à ne pas dépasser que l’on nous apprend en premier. Toutes ces erreurs dans ma matrice, Diablesse à dû les reprogrammer en me faisant sortir tous les défauts de programmation. Lentement, les frontières de mon inconscient se sont effacées. J’apprenais à être un homme libre de toute contrainte, de toute attente. Je n’avais plus de dépendances, il ne me restait plus que mon indépendance. Elle aussi a été patiente, car il y avait pas mal de lignes de commandes à modifier. Apprentissage dans le plaisir, je me laissais guider par cette femme qui m’a appris à ne plus rien imposer, ni aux autres et surtout pas à soi-même. C’est elle qui a libéré mon esprit.

Enfin, il y eut Tigresse. Elle fut la femme qui m’a permis de retrouver l’envie que je pensais avoir perdu. Les voyages de mille lieues commencent toujours par un premier pas, et ce que j’avais appris, je devais le mettre en pratique. Elle n’était pas patiente, elle m’a sauté dessus sans crier gare. À cet ébat torride a réveillé le mâle qui sommeillait en moi et que je n’osais regarder en face. Le cœur ouvert, l’esprit libre et cette envie qui brûlait au plus profond de mes entrailles. Je comprenais que Tigresse, m’inculquait un savoir-vivre. On dit toujours à un homme de contrôler ses pulsions, mais jamais on lui explique comment faire. Je vous le dit sans honte, aujourd’hui, pour apprendre à les maîtriser, le lâcher-prise du corps m’a appris à le faire. J’ai lâché la bête, et plus je laissais aller l’animal qui était en moi, et plus je ressentais cette force qui bouillonnait en moi. Apprentissage dans la jouissance, je me suis laissé aller avec cette femme qui m’a appris à m’affirmer.

Mais aujourd’hui était un autre jour, c’était le premier jour du printemps. Je n’attendais rien de ce jour si ce n’était que de passer une belle journée tout en profitant de l’instant présent. Je me suis laissé surprendre par l’imprévu. J’étais en charmante compagnie, nous avons marché, parlé, nous avons ri. Sirotant notre café que l’on avait pris à emporter, je lui révélais ma philosophie de vie. Pour moi, la promesse, c’était le début du mensonge et que profiter de l’instant présent sans attendre de lui, c’était le vivre pleinement. Assis sur le banc des pentes de la Croix-Rousse, j’ai vu dans ce regard le reflet de celui que j’étais devenu. Et devant moi, se tenait Déesse, Diablesse et Tigresse réunies en une seule personne. Je n’ai pas pu résister, c’était le premier jour du printemps. Et cet instant, je l’ai savouré pleinement…

©Stéphane Lvq – 20 mars 2021

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