C’est ici que je suis né…

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Bureau des missions, 8/12/1975 — 20H40

J’étais complètement crevé. Ma dernière mission avait été particulièrement éprouvante. Le cadran Delta de l’Univers avait connu une longue guerre qui durait depuis plusieurs générations. Y mettre un terme, cela n’avait pas été de la tarte. J’avais dû infiltrer des groupes, mener des batailles, user de diplomatie. Cela avait été long, très long. Mais à force de courage et d’obstination, j’étais arrivé à mes fins. Et puis… Le temps de la paix enfin arrivé, un des partisans d’un des deux camps, me tira une rafale de blaster en plein cœur. C’était fini pour moi, je pouvais enfin renter à la maison et profiter d’un repos bien mérité. Cette vie dans les lointaines contrées galactiques était plutôt sympa, un peu courte, mais palpitante comme je les aime.

Luigi m’attendait dans son bureau. Comme à son habitude, il attendait que l’on vienne faire un debriefing avant que l’on rentre se reposer afin de repartir pour une autre vie qu’il nous avait programmés. Luigi, c’était un vrai planqué, fonctionnaire jusqu’au bout des ongles, il restait l’éternité dans son bureau, le cul vissé sur sa chaise à boire des cappuccinos à longueur de temps. D’après les bruits de couloir de la maison, il paraît qu’il avait mené pas mal de missions à l’époque où nous étions beaucoup moins nombreux. Il faisait partie des « premiers » et qu’à l’époque, ils enchaînaient les réincarnations. Et puis le bureau fut créé et Luigi se fit sa place en créant des méthodes de travail. Nous étions choisis en fonction de nos expériences, de nos compétences et puis surtout des besoins. Dans l’immense pièce blanche, Luigi, habillé par son traditionnel costume noir et cravate blanche, occupait le centre de la pièce. Il restait assis derrière cette table de bois d’ébène où seuls étaient posés quelques feuilles de papier et sa tasse remplit de ce breuvage qu’il aurait soi-disant inventé.

Je lui tendais le rapport de ma dernière mission. Luigi ajusta ses lunettes et parcouru rapidement le document. Il le posa sur un des paniers prévus à cet effet et me regarda droit dans les yeux. Ce n’était pas dans ses habitudes et cela me mettait mal à l’aise. Le regard bleu perçant de ce vieil homme au visage rond et buriné par le temps était sa force. Il s’était entraîné à en jouer afin de nous faire accepter des missions que personne ne voulait. À chaque fois, il fallait négocier, mais Luigi en nous regardant droit dans les yeux et nous disant : « S’il te plaît ! Je n’ai personne d’autre… » On finissait par accepter. Et là, il me faisait le coup de la Diva directement, et cela annonçait quelque chose de pas très orthodoxe.

— C’est Ok ? Demandais-je.

Luigi continuait de me regarder dans les yeux. Cela se voyait qu’il voulait me demander quelque chose, mais qu’il n’osait pas.

— Qu’est-ce qu’il y a ? Luigi, tu m’inquiètes. J’aime pas du tout cette expression que tu as là.

Il se balança un peu et marqua un temps de silence.

— J’ai un service à te demander, me dit-il de sa voix grave. C’est une mission que personne ne veut.

— Ok ! Mon Luigi, mais si personne ne la veut, c’est parce qu’il y a une bonne raison. Et tu penses me la refiler à moi. C’est ça ?

— Oh ! Je sais que tu reviens d’une très difficile mission et que tu l’as accompli brillamment comme d’habitude. Je ne voudrais surtout pas te déranger, je sais que je t’avais promis une période de vacance.

— Luigi, ça sent l’arnaque ton truc. J’aime pas quand tu fais cette tête-là et surtout quand tu passes la brosse à reluire. Cela ne te ressemble pas. C’est quoi ton truc ?

— Non, mais je ne veux pas te priver de ton repos. Tu l’as mérité après tout…

— Vas-y, accouche !

— Non, mais je voudrais pas…

— Luigi !

— Ok ! Me dit-il en me tendant une feuille de papier.

Je lus les quelques lignes. Il n’y avait rien de spécial qui me mettait la puce à l’oreille. La mission semblait plutôt facile et s’adressait à un agent de première catégorie.

— C’est un truc de bleu ? Pourquoi tu ne la donnes pas aux nouveaux ?

— Ce n’est que la première page. Il y en a plusieurs…

Je fronçais les sourcils. Les trucs à plusieurs pages, c’était des missions assez compliquées. On y était bien souvent seul et on n’était généralement peu ou pas aidé.

— C’est où ton machin ? Demandais-je en consultant les autres feuilles.

— Cadran zéro…

— Pardon ? Répète un peu ?

— Cadran zéro, me répondit-il en souriant.

Je lui tendis les feuilles et lui répondit franchement.

— Luigi, le cadran zéro est une zone en quarantaine. Elle a été interdite depuis très très très longtemps pour des raisons que nous connaissons tous et que nous apprenons à l’école primaire. Cadran zéro, il n’y a qu’une seule planète habitable, située sur la troisième planète d’un système solaire, qui lui-même a été isolé afin que personne ne s’en approche. C’est une zone interdite. Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans zone en quarantaine interdite ?

Luigi continua à me sourire et me tendit une tasse de sa mixture.

— Un cappuccino ? Me proposa-t-il afin de détendre l’atmosphère.

— Luigi ! C’est sur la Terre ! C’est des vrais sauvages ! Ils se tapent dessus sans cesse, ils ont rien compris du tout aux principes même les plus basiques de l’Univers. Et toi, tu me proposes une mission là-bas. Et puis, c’est une mission pour débutant, ton truc. C’est pas pour moi. Tu n’as qu’a les envoyer.

— Heu… C’est-à-dire…

— Quoi ?

— J’en ai déjà envoyé plusieurs.

— Combien ? Demandais-je en écarquillant les yeux de surprise.

— Un ou deux… Dix ou vingt… Peut-être un peu plus…

— Combien Luigi ?

— 69.

— Bordel de merde ! T’es un grand malade ! C’est une zone interdite, bannit par les protocoles et toi tu y envois un escadron tout entier !

— Ils vont être en période de transition. On avait besoin d’y envoyer du monde là-bas. Mais tu sais, tu y seras bien.

— C’est des sauvages. Ils ont découvert le feu il y a quoi, 6000 ans ?

— Oui, c’est à peu près ça.

— En tout cas, ils n’ont pas inventé l’eau chaude. Et les autres, tu les as envoyés où ? On est groupés ?

— Un peu partout. J’ai choisi plusieurs secteurs différents.

— Tu sais qu’ils se tapent dessus. Ils saccagent tout, pour des choses qu’ils appellent richesses, et tu nous envoies là-bas avec le risque que l’on se cogne dessus sans même savoir que l’on fait partie de la même équipe.

— C’est une mission d’infiltration et d’observation. Elle a été validée par le conseil afin de prévenir le bouleversement qu’ils vont vivre dans quelques années.

— Bouleversement ?

— Evolution des pensées, de la technologie, des genres. En fait, en regardant leurs courbes d’évolution. Ils vont vivre tout cela assez rapidement. Je t’avoue, que ce ne sera pas si facile que cela. En fait, j’ai envoyé tous mes agents de catégorie A, les plus expérimentés et surtout, les plus endurants.

— Et tu veux que j’y aille aussi ? Mais t’es un grand malade !

— S’il te plaît ! Je n’ai personne d’autre sous la main. Me supplia-t-il avec son regard qu’il savait si bien faire.

— Luigi…

— Je suis vraiment dans la merde. Et puis, quand tu reviens, tu auras ta place au conseil.

— Tu ne m’as pas dit un truc comme ça la dernière fois ?

— S’il te plaît…

— Et merde ! Lançais-je en lui prenant la feuille de route qu’il tenait dans la main.

— Merci ! Me répondit-il en souriant. Je te revaudrais cela.

— Tu dis ça à chaque fois. T’es un vrai escroc !

— Je sais, me répondit-il en riant.

Je me tournai vers la porte et sortit de la pièce. Dans les couloirs de l’agence, c’est vrai qu’il y avait moins de monde que d’habitude. Souvent, je croisais quelques anciens avec qui je prenais le temps pour discuter. Mais là, il n’y avait que quelques nouveaux qui consultaient les nouvelles et les annonces du tableau de mission. Quelques personnes étaient devant moi dans la file d’attente pour rejoindre la salle d’embarquement. Je reconnus l’opérateur et lui tendit ma feuille de route. Celui-ci jeta un œil dessus et esquissa un sourire.

— Toi aussi, tu t’es fait avoir par Luigi ?

— Ouais. J’avoue que je n’ai pas tout compris pourquoi le conseil a validé une telle mission. Mais oui, je me suis fait avoir. Il a envoyé qui ?

— Tous ses vieux briscards ! Il ne manquait que toi ! Me dit-il en riant.

— T’en sais un peu plus ? Demandais-je en m’installant dans la cabine de départ.

— Je sais pas. Mais d’après les rumeurs, c’est quitte ou double pour eux. Le bouleversement prévu pour eux, c’est l’évolution ou l’extinction ! Répondit-il en tapant les coordonnées sur son clavier

— Oh ! À ce point-là ?

— Ouais ! Et la directive première est que vous allez devoir naviguer à l’aveugle dans la première partie de votre vie.

— Pardon ? M’étonnais-je.

— Oui, aucun souvenir. C’est la Terre, cadran zéro, zone de quarantaine. Les souvenirs viennent peu à peu qu’à partir de quarante-quatre ans.

— L’enfoiré !

— C’est ce que je disais. Tu t’es fait avoir, me dit-il en appuyant sur le bouton de mise à feu.

Je reconnus le bruit de la machine. Celui-ci était lent au départ, mais s’accélérait assez rapidement et déclencher la mise à feu du moteur quantique. La première fois, on se fait surprendre par la poussée de la mise en route qui est soudaine. Mais, au fil des missions, on commence à s’y habituer. En l’espace d’un millième de seconde, on passe de zéro à la vitesse de la lumière. L’univers entier défilait sous mes yeux. Je reconnaissais les cadrans qui délimitaient les régions ainsi que les trajectoires des capsules qui étaient envoyées sans cesse. Le paysage qui s’offrait à moi était magnifique à chaque fois, mais aussi terrifiant, car dans cette immensité, des vies, des destins se créaient. Mais cette fois-ci, je me dirigeais vers un secteur assez compliqué, mais je connaissais. La Terre, cela faisait près de 6 000 ans que je n’y étais pas retourné. À cette époque, c’était une tout autre civilisation, mais qui s’était éteinte après un cataclysme de grande ampleur. C’était le temps de l’Atlantide, c’était l’âge d’or. Et puis tout est parti en vrille…

J’entendis les moteurs ralentir, cela signifiait que j’arrivais à destination. Un léger choc, une chaleur intense, puis le froid. L’atmosphère de la planète me remplissait et brûlait mes poumons. J’étais expulsé…

Villefranche-sur Saône, 8 décembre 1975 – 20H55

Le docteur Issac Yachoud était dans la salle de travail avec son équipe de travail. Au centre, une femme était en train d’accoucher. Je venais tout juste de sortir la tête du ventre de ma mère. Dehors, il y avait du bruit. C’était la fête, une fête qu’ils appellent ici « fête des lumières. Les gens chantaient dans la rue, une chanson populaire de l’époque : « À la pêche aux moules, moules, moules. Je ne veux plus y aller, Maman ! ». Comprenant alors ce qui m’attendait, c’est à ce moment-là que je poussai mon premier cri. Et c’est ici, sur cette planète, que je suis né…

©Stéphane LEVEQUE – 8/12/2019

Experience n°5: Ombre et Lumière

DSC_0086J’aurais pu faire vivre ce blog, l’alimenter régulièrement pour avoir des vues, des commentaires. Mais je n’ai rien fait de cela… J’ai continué mon expérience sur les encres, sans cesse, sans relâche. Je n’étais pas satisfait de mes résultats obtenus avec les pigments, alors j’ai pris ce que l’on appelle la voie liquide. Travailler les plantes, extraire leurs tanins puis les travailler avec des sulfures de fer, de cuivre. Puis, j’ai découvert que l’alun de potassium, qui était un mordant très prisé au Moyen-Âge et dans l’Antiquité. Le fer m’assombrissait mes tanins, le cuivre me les bleuissait, tandis que l’alun me donnait des couleurs vives.

J’ai alors travaillé avec les plantes. Fort de mes résultats obtenus avec la galle du chêne et mon encre noire, puis brune, je me suis rendu compte que j’arrivais à obtenir grâce à mes différents mordants trois couleurs. Je me suis alors essayé avec beaucoup de plantes, des fleurs d’hibiscus, des brous de noix, des plantes médicinales, des colorants naturels comme le henné, et bien d’autres. J’étais fier de ce travail que j’avais réussi. J’avais une palette de couleur naturelle, des verts, des gris, des marrons, un violet, un joli fuchsia. Mais des couleurs principales et surtout des primaires, je n’en avais point.

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Cette expérience aura été très éprouvante, autant par sa longueur, sa recherche, mais aussi son aspect émotif. Près d’un an et demi aura été nécessaire afin d’obtenir ces résultats. Je suis parti du violet que j’avais obtenu avec une plante du Mexique, puis je découvris le bleu ciel avec une plante du Maroc qu’une amie m’avait rapporté de voyage. Ce fut l’orange qui vint ensuite, puis découvrant qu’en assemblant différents tannins, j’obtenais de nouvelles couleurs, ce fut le rouge qui arriva enfin. Ma recherche devint de plus en plus ciblée, plus méthodique. Un jaune convenable arriva en octobre dernier. Mais la saison des encres se terminait. Il ne manquait que deux couleurs, un vert et un indigo pour que termine l’arc-en-ciel de ma palette…

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Attendre fut difficile, les journées s’assombrissaient, l’automne était déjà là. Mon tropisme naturel me repoussa vers l’étude. Mais également vers mes noirceurs… Et puis, obtenir une couleur, cela implique l’étudier, comprendre sa symbolique, mais également l’éprouver. Le violet m’a fait saisir le sens du spirituel, le bleu ciel, l’expression, l’orange, la créativité, le rouge, mes racines. Il ne manquait que le vert pour que je puisse comprendre le cœur même de l’émotion et le bleu indigo de l’intuition. Parallèlement, j’approfondissais ma connaissance sur le Tarot afin d’apprendre sur les émotions. Tout ce flot de connaissance que j’accumulais, mes recherches, ma vie professionnelle, petit à petit, je m’enfermais dans une solitude stricte. À force de vouloir absolument me connaître, je ne savais plus rien sur le monde qui m’entourait. À force de vouloir trop de lumière, je me suis moi-même aveuglé…

Ce fut en début d’année que je fis un « burn-out ». Après une semaine de repos forcé et suivant les conseils du médecin qui me prodiguait d’enlever mes sources de stress, je me suis remis au travail. Parallèlement, j’ouvrais pour essayer d’éradiquer mon stress au travail, et de l’autre côté, je me remis à travailler mes encres. Le vert est arrivé assez facilement. Pour l’indigo, ce fut plus compliqué. Le bleu n’étant pas une couleur que l’homme ne peut faire naturellement. J’excluais le lapis-lazuli qui était trop onéreux et me tournais vers le pigment d’indigo et les méthodes des teinturiers. Vers la fin février de cette année, j’avais mes sept couleurs… L’arc-en-ciel au grand complet !

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J’étais fier… Mais la satisfaction n’était pas entière. Il fallait que je fasse le tri de tout cela, que je sélectionne mes plus belles couleurs, que je remette mon travail au propre. Mais encore une fois, je réalisais que j’allais prendre le même chemin qu’auparavant. Travailler sa lumière, cela veut dire également travailler son ombre que je ne voulais pas regarder en face. Alors j’ai plongé la tête la première, lâchant totalement prise. Je me suis totalement imprégné de ces ténèbres afin de mieux comprendre ce que j’étais, qui j’étais et surtout vers où je voulais me diriger.

Cette expérience fut vraiment très enrichissante, non parce que je travaille désormais sur les dorures, mais par ce qu’elle m’a fait découvrir. Ce travail m’a orienté sur sa symbolique, mais également mes limites que j’ai su dépasser. Professionnellement, j’ai des nouveaux objectifs, des nouveaux projets comme celui de reprendre mes études. Mais alchimiquement, ce travail me pousse désormais vers la publication. Étudier les encres, les outils, les couleurs, les émotions, cela m’a permis d’apprendre à me connaître. En me plongeant dans l’étude, je pensais découvrir les grands mystères de l’Univers et j’ai découvert que dans celui-ci, le plus grand qui existe n’est autre que nous-même. Le savoir est à la portée de tous, enfermé dans nos livres ou à la portée d’un simple clic. Mais la connaissance, c’est éprouver, tester, douter, goûter. Chacun de nos sens encore plus à l’éveil qu’auparavant. Je vais vous faire un dernier aveu… Je n’ai plus qu’une seule certitude, c’est que je ne sais absolument rien ! Et c’est peut-être pour cela que je désire aller encore plus loin…

©S.L – 13 mars 2019

Expérience n°4: La réalisation de l’outil

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Tellement que je suis plongé dans la recherche actuellement, j’en ai complètement oublié mon blog. Depuis le mois d’avril, il y eut pas mal d’avancée à ce sujet. Où en sommes-nous ? J’ai réalisé de l’encre afin de percer les secrets de l’écriture. Par cette alchimie, j’ai appris à me connaître, me comprendre et surtout m’améliorer. J’ai recherché dans la géométrie afin de comprendre les formes du langage. Je devais aller plus loin… On ne saurait pas s’arrêter en si bon chemin !

J’ai donc réalisé l’encre, pas encore le support (mais cela ne saurait tarder!). Il me fallait donc l’instrument de l’écriture. Je n’ai pas les moyens techniques, ni la place, afin de travailler les métaux. Donc, je ne pouvais réaliser de plume. Je pouvais bien entendu me procurer des plumes d’oie, mais dans cette recherche, je vais à la base des choses. Vous commencez à connaître le personnage, j’aurais voulu avoir ma propre oie, comprendre son évolution depuis l’œuf, cela m’est impossible. Et puis la vie d’une pauvre oie en appartement, elle n’aurait pas pu s’épanouir. Donc je suis parti à la base même de l’écriture… Avec quoi, avons-nous commencé à écrire ? Les mains !

Les premières représentations datent d’un temps, où les principes d’égalité homme-femme n’étaient qu’a leurs balbutiements. Dans les profondeurs caverneuses, Mr et Mme Néandertal batifolaient et s’exprimaient sur les parois rocheuses de la caverne familiale. Mais là, non plus, je n’avais pas l’envie d’une décoration rupestre à la maison. On ne va plus à la chasse ou à la cueillette de nos jours. Cela allait devenir complètement inintéressant, et surtout un peu gênant si l’éventualité m’amenait des convives à la maison. Et puis ce n’est pas de l’écriture, c’est de la représentation !

Moyens techniques limités, j’ai donc opté sur l’option végétale : Le calame…

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La première utilisation de calame vient avant la découverte de l’encre et du papyrus. C’est sur des tablettes d’argile que nous écrivions, des écritures cunéiformes qui seront faites avec un morceau de roseau taillé (ou d’une autre matière végétale) à l’époque sumérienne (il y a 6000 ans de cela!). Plus tard, à l’époque égyptienne (environs 4000 ans de cela), le calame est taillé en pointe. L’encre utilisée est composée de pigments, d’alun de potassium et disposée sur des lames de plante séchées qui forment ce que l’on appelle « papyrus ». Au fil des âges, l’instrument évoluera en fonction de la localisation géographique de la personne qui écrira. La plume sera très répandue en Occident, l’Orient utilisera le pinceau et le Moyen-Orient et l’Afrique restera au Calame. Pour les plus pieux d’entre vous, les écritures dites « sacrées » furent écrites avec cet instrument ! L’empire Romain fera usage des premières plumes d’oiseaux. On ne connaît que l’oie, mais le coq de bruyère, le canard, le corbeau, le vautour ou même l’aigle auront permis d’écrire de nombreux textes. Mais la plume d’oiseau à tendance à se ramollir avec l’encre. Il faut la tailler régulièrement au canif. Si le calame est toujours utilisé, l’Antiquité usera de sa connaissance des métaux afin de réaliser les premières plumes métalliques. L’Égypte utilisa tout de même des plumes de cuivre, Rome utilisa le bronze, et le Moyen Âge utilisera l’argent et l’or, mais cela restera pour l’usage des hautes sphères des sociétés de l’époque. La plume et le calame perdureront jusqu’au XIXème siècle avec la découverte d’acier souple ce qui permettra de démocratiser l’écriture avec la plume « métal ». Vers la fin de ce même siècle, une innovation technologique permettra une avancée dans l’écriture avec le stylo-plume (ou stylographe). Les premiers schémas de cette invention sont de Léonard de Vinci (Codex Atlanticus), mais c’est un Roumain : Petrache Poenaru qui réalisera les premiers modèles du porte-plume portable en 1824. Mais ce sera en 1884 avec l’ingéniosité de l’américain Waterman qui revisitera l’œuvre de Poenaru que le stylo-plume va commencer à s’émanciper. Mais il faudra attendre 11 ans de plus avec l’innovation d’un autre américain : Parker pour connaître le débit régulier de l’encre. En 1925, c’est le français Zuber, qui fera évoluer le stylo avec le stylomine (porte-mine et stylo avec un réservoir en forme d’accordéon) . Le stylo-bille sera inventé par un Slovaque (Slavoljub Penkala) en 1907, mais ce sera le Hongrois László Bíró, qui développera l’invention avec son encre à séchage rapide et deviendra le créateur du stylo Bic. Et nous voilà en 2018… Nous écrivons avec des claviers, faisons fit de l’orthographe et des règles élémentaires de grammaire, utilisons des smileys… Et moi, de mon côté, je retourne aux bases en réalisant des calames…

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Bambou ou roseau, en fonction de l’effet que je veux donner. Sur une charge d’encre, le bambou donnera des effets d’estompement des couleurs, le roseau, lui par ses fibres végétales, donnera un aspect plus régulier (comme un stylo-feutre). Le roseau permet plus d’écrire, tandis que le bambou, lui, à dessiner. Le mode de taillage est simple, rapide, mais demande une exactitude dans sa réalisation. On peut donner un aspect pointu pour réaliser des traits fins ou écrire, ou large pour dessiner ou calligraphier. La taille se fera lentement, méticuleusement afin que la trempe donne un aspect très homogène. Une fente sera faite afin de laisser une réserve d’encre (appelée goutte).

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La réalisation de l’outil à une grande importance symbolique. Car elle permet de réaliser l’extension de son esprit. Oui, l’outil n’est qu’un prolongement de ce que nous sommes et permet surtout de l’exprimer. Artisans ou artistes, les créations que nous réalisons ne sont qu’une représentation de ce que nous sommes. De ce que nous voulons dire, de comment nous voyons les choses. Réaliser son outil permet également de se réaliser soi-même. Car l’instrument d’expression ne sera pas « générique », mais fait sur-mesure et par soi-même. Mais réaliser ses propres outils, c’est aussi faire l’effort… L’effort, un pas que nous faisons en direction de soi-même… Afin de mieux se connaître… De pouvoir se réaliser… Afin de pouvoir s’épanouir…

Oui, je sais, j’avance à petit pas. Je recommence de zéro. Le chemin qui mène à soi est un cheminement très long, difficile, parsemé d’embûche et de nombreuses illusions sont là pour nous distraire. Mais je ne le regrette pas… Depuis le temps que je n’ai pas écrit, il s’est passé tant de choses. Et j’ai de nombreuses choses à vous raconter. Mes encres commencent à prendre de nouvelles teintes. J’ai désormais une belle palette de couleurs à vous proposer, mais cela est une autre histoire…

©S.V – 15/08/2018

Expérience n°3: La géométrie

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Afin d’accéder à son but, il faut plonger la tête la première dans ce que l’on fait. Cela nécessite un engagement le plus complet afin d’être le plus précis possible. Il y eut la recherche sur les encres, et désormais, il y a la recherche du geste. Faire et refaire, afin de pouvoir maîtriser. Bien entendu, cela nécessite également de faire silence, d’écouter, d’observer afin d’analyser et enfin comprendre. Beaucoup d’entre nous jugent. Ce que je n’aime pas dans le jugement, c’est que l’on a tendance à condamner. Certains d’entre vous pourraient penser que je suis complètement fou de faire ceci, mais ce travail m’a permis d’avoir une meilleure compréhension de moi-même. Et en me comprenant, je commence lentement à comprendre ce monde qui m’entoure.

Je ne suis parti de presque rien, une feuille, un compas, une règle et quelques stylos afin de donner du contraste à ce que je faisais. J’ai commencé, par le début : tracer de 1 à 9. C’était plutôt facile ! Mais voulant croiser ce travail avec la compréhension que j’ai du tarot de Jodorwsky, j’ai voulu pousser la recherche et me lancer dans la conception des étoiles de 1 à 22. Cela se compliqua sérieusement sur la réalisation de l’étoile à 11 et 13 branches. Pour celle à 17 branches, je découvris les méthodes de Gauss. D’une étoile, je suis arrivé à une constellation. Encore inachevée, car il m’en manque encore une : la 19éme. Celle du soleil ou arcane de l’intuition et de l’intelligence du cœur selon mes interprétations.

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Le tarot comportant 22 arcanes, j’ai commencé également à plancher sur les 22 lettres hébraïques. De fil en aiguille, voulant par la suite illustrer ces planches de dessin, je me suis penché sur les autres alphabets. Notre alphabet comportant 26 caractères, le grec qui lui n’en comporte que 24, l’arabe qui en a 28 et le russe qui en comporte 33. Les idéogrammes asiatiques étant trop complexes pour moi et atteignant des nombres considérables, je les ai mis de côté pour le moment. Comme il est étrange de plonger dans les mathématiques afin de rechercher les secrets de l’écriture. Tant d’alphabets, mais aucun d’entre eux comportent le même nombre de lettres ! C’est comme si nous avions une conversation entre deux personnes, l’un parlerait en binaire, l’autre en alphanumérique : cela donnerait un dialogue de sourds. Mais si nous mettons un auditeur à cette conversation, qui lui parlerait en décimal, cela donnerait un terrible malentendu.

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Comment se comprendre si on n’utilise pas le même système de codage ? L’écriture est bel et bien un système mathématique littéraire, une lettre comme un symbole qui donne un caractère. Une voyelle donnant un son, les consonnes donnant un rythme. Seul le silence permet d’entendre les subtilités de la parole, et plus on plonge dans l’apprentissage des sciences, plus on agrandit son champ de compréhension, jusqu’à saisir les subtilités et intentions. C’est ce que les Égyptiens appelaient le « Medou-Neter » : la clef de compréhension de l’essence même du mot. D’où l’importance de trouver le bon mot afin de construire sa phrase. L’adage « peser ses mots et mesurer ses propos » prends alors tout son sens. Tel était le travail des scribes, écrire un texte afin qu’il y ait plusieurs niveaux de compréhension. Derrière chaque fiction, il y a la première compréhension : l’histoire. En second plan l’histoire touche le conscient et enfin au troisième plan, le conscient titille l’inconscient.

Pouvoir atteindre l’inconscient de ses lecteurs et pouvoir modifier l’inconscient collectif, voilà bien le Saint-Graal de tout auteur qui se respecte. Car oui, l’écriture doit avoir un but. On ne peut se résigner à écrire n’importe quoi dans le seul but de pouvoir vendre du papier ! Les mots touchent, les mots blessent. Certains d’entre eux peuvent avoir l’effet d’une balle à bout portant, tout comme avoir l’effet de la plus douce des caresses. Une lettre, un texte, un roman, une histoire… Tout écrit doit être sérieusement travaillé. Le proverbe (qui est d’origine allemande ceci dit en passant) : « La plume est plus forte que l’épée » prend alors tout son sens. Et à l’heure du tout numérique, où bon nombre ont délaissé leurs stylos pour leurs claviers, alors connectés à la vaste toile d’internet. Le simple clic d’une souris, peut avoir l’effet d’une arme de destruction massive…

©S.V – 29 avril 2018 (Texte et photos)

 

Expérience n°2: Alchimie des encres

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J’avais eu un bon retour sur ma première expérience concernant les encres que j’avais déjà réalisées. Sulfure de fer, sulfure de cuivre… Deux éléments différents, mais ne donnant pas du tout le même résultat. Avec le fer, j’avais une encre noire comme il se faisait encore sur les anciens bancs d’école où l’on écrivait encore avec la plume et l’encrier. Le cuivre, c’était une encre brune, une couleur que l’on retrouve encore sur d’anciens manuscrits. Réaliser des encres à une époque où on achète sans se poser des questions, c’est vouloir aller plus loin dans son Art.

Je me suis ensuite plongé sur l’étude des encres de chine, mais là… J’avoue, ce fut une erreur de ma part. Ma recherche s’oriente sur l’écriture et non sur le dessin. Les retours que j’ai eus sur ces encres n’étaient pas encourageants. La méthode n’était pas la même, et je ne trouvais aucun rapport avec le principe des anciens alchimistes qui savait les réaliser. Continuant alors mes recherches, j’ai découvert un élément assez prometteur : l’Alun de Potassium.

L’Alun de Potassium était fréquemment utilisé en Égypte lors du 3éme siècle. C’est un minerai qui permet de fixer les couleurs pour les teintures et les parchemins, il était très prisé par les orfèvres et alchimistes de l’époque. Permettant également la coagulation, celui-ci fut également utilisé par les tanneurs afin de traiter le cuir.

L’idée première étant de travailler également avec le sulfure de mercure, le pigment de Vermillon devint alors comme une évidence. J’ai donc repris ma recette de mes encres métallo-galliques et l’ai adapté pour des versions colorisées. L’alun remplaçant le vitriol bleu ou vert, rajoutant des pigments (25g pour 1 litre) tout en gardant les mêmes proportions pour la gomme arabique. Un matin de mars, j’ai donc réussi la réalisation de cette encre rouge. J’ai laissé décanter cette encre dans une bouteille pendant près d’une semaine. Pendant ce temps-là, je me suis plongé à l’étude d’une autre encre. J’ai trouvé par la suite deux autres pigments. L’ocre étant également un pigment naturel, ce fut tout à fait logique que je me penche sur le sujet, mais j’en désirais une troisième. J’avais le rouge, le jaune, mais il me manquait une couleur primaire : le bleu. J’ai donc opté pour un bleu-outremer et me suis remis au travail.

trilogie

Je n’avais jamais tenté de réaliser deux encres en même temps. Ce fut une expérience intéressante. Durant le temps de la macération jusqu’à la réalisation, j’ai ressenti une grande fatigue. Dans ces encres, je mets à chaque fois tant d’intentions, de temps et d’énergies. Que j’ai compris alors que dans ces encres, j’y mettais une part de moi-même. Bleu et jaune enfin réalisés et décantés, je les ai filtrés. Je traversai alors Lyon pour apporter le fruit de mon travail à une artiste qui travaille le tissu. Le résultat fut remarquable, mais les pigments en retombant dans les bouteilles semblaient donner d’autres couleurs. Je fis alors l’expérience de filtrer plusieurs fois, par trois fois ! Et là, quelle ne fut pas ma surprise ! Si le rouge est devenu rouge-brun, le bleu est devenu ocre, et l’ocre bleu-vert. J’ai donc testé ces encres pour l’écriture. Cela m’a donné des nuances.

encre tissus(Résultat des couleurs sur tissus)

création

(L’oeuvre de l’artiste)

Avec le recul, je constate que cette expérience m’a permis d’apprendre à mieux me connaître. Quand je travaillais le sulfure de cuivre (le cuivre étant associé à Vénus), j’ai pu réfléchir sur l’élément féminin. Mon comportement vis-à-vis de la femme, de l’image que je reflète, mais aussi dans l’introspection à comprendre le féminin dit « sacré », et même intérieur. Le Vermillon fut associé à l’esprit (Mercure), cela m’a permis de saisir mon orientation philosophique, mes croyances et mes idéologies spirituelles. L’Ocre, lui fut associé au soufre par sa couleur jaune, donc la gestion des émotions, mais aussi sur ma capacité à ressentir. La dernière, le Bleu, fut associé au sel, comme le sel de la mer. Le corps, prendre conscience de notre corps, celui-ci est le siège de l’âme et de l’esprit. Prendre soin de son corps, de sa santé, une véritable évidence que l’on sait, mais que l’on ne regarde pas toujours en face. Le sulfure de fer, lui ancrait le masculin, l’affirmant définitivement, après de nombreuses réflexions sur l’égo, sur l’homme en général, ses droits mais également ses devoirs.

Fort de cette expérience, je pouvais alors passer à la phase trois : la recherche géométrique !

À suivre…

©S.V – 9/4/2018

Fournisseurs :

http://alysse-creation.info (Noix de galles, sulfure de fer, alun de potassium, gomme arabique)

http://LoisirCreatif.net (gomme arabique, sulfure de cuivre pentahydratée)

http://MonDroguiste.com (Noix de galles entière, sulfure de fer heptahydraté)

Artiste :(L’ange Oliveuse)

https://www.facebook.com/lAngeOliveuse/

Le désastre des astres 2018

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L’astrologie est une science fascinante. L’étude du mouvement des planètes et des étoiles passionne l’homme depuis la nuit des temps. Étrangement, c’est dans les magazines féminins qu’il sera le plus commenté. Lorsque le moment de la nouvelle année arrive, le marché de la presse se trouve écrasé sous le joug de la dictature astrologique. Personne ne croit en son horoscope, mais tout le monde le lit ! Pourtant quand arrive une nouvelle année, c’est une période propice pour faire le bilan de l’an passé et de bien prévoir de beaux projets pour celle à venir. Dans les années passées, j’avais pour habitude de faire un horoscope humoristique, mais puisque ma plume a pris du galon (plume sergent-major!), j’ai décidé de faire un vrai horoscope tout à fait sérieux.

Pour faire un bon horoscope, nous avons donc besoin d’un grand verre de Whisky (voire deux ou trois si nécessaire!) pour l’inspiration, de bons voyants (des témoins lumineux feront l’affaire), une douzaine de signes (de taille médium), d’un ou une astrologue (on en trouve sur le bon coin ou sur adopteunastrologue.com) et bien sûr d’une belle andouille pour écrire tout ça ! Les jeux de mots utilisés sont d’origine de la Communauté européenne et garanties sans OGM.

Bélier

On sent arriver le Bélier à des kilomètres à la ronde. C’est un signe de feu, hâtif et pas toujours tondu, donc ça sent le roussi ! Le bélier est un fonceur et fait le bonheur des carrossiers et des serruriers qui aiment bien quand la portière ou la porte sont enfoncées. Ceux-ci facturent à prix d’or au Bélier qui persiste dans sa fougue. Le bélier est généralement bien carrossé, mais bien cadenassé par leur tempérament bouclé. En ce qui concerne sa parade amoureuse, le Bélier vous fait un rentre-dedans afin de vous séduire, c’est son côté empressé qui fait tout son charme.

Taureau

Le Taureau est comme le Bélier, mais avec un caractère plus terre-à-terre. Donc, oui, c’est un signe de terre. Le côté sanguin du taureau fera qu’il s’emporte vite quand il voit rouge, puis il se mettra au vert durant un instant pour broyer du noir ensuite. Le taureau n’est pas fonceur, mais plutôt enfoncé ! On aimera « son petit pet » au casque quand, bien qu’il n’aime pas la corrida, il entrera en entier dans l’arène. Ceci dit, en amour, il ne rentrera dans la reine qu’une plus petite partie, c’est ce qui fait son côté rassurant au point de vue séduction.

Gémeau

Le gémeau est un signe simple, mais étant un signe d’air, on dira qu’il a l’air louche. Hé oui, cette singulière personne, sous le regard du strabisme convergent du zodiaque fera qu’on le verra comme un signe double. Mais le Gémeaux s’en fout de tout ça, il a les mots pour répondre. Pour séduire un gémeau, on ne sait jamais comment s’y prendre, car sur l’autoroute de l’amour, on a tendance à être gauche à persister de rester sur la ligne droite, et c’est à ce moment que le signe double double (Oui, deux fois!)

Cancer

Le cancer est un signe discret, c’est un signe d’eau tout comme les fruits de mer, les poissons, les insectes et la perdrix. Le cancer ressemble beaucoup à la perdrix d’eau qui ne sachant pas nager, ni voler, cachant ainsi ses sentiments, la perdrix d’eau se posera aux fenêtres tandis que le cancer se cachera derrière la paire de rideaux. Pour séduire un cancer, en premier lieu, nous éviterons tout humour oncologique. Nous préférerons alors un petit vin blanc afin que, comme tout fruit de la mer, ce signe ouvre lentement sa coquille afin de révéler la perle qui est à l’intérieur.

Lion

On ne peut rester insensible devant ce gros matou zodiacal. Le Lion est comme un missile : solaire ! Tout comme la balistique militaire sol-air, il a l’ambition de s’élever très haut. A contrario du loup, le lion se refusera de se déguiser en grand-mère pour tenter de dévorer le petit chaperon rouge. C’est pour cela qu’en amour, le lion est un signe très chaud. Il aime la bonne braise et jouer avec le feu. Oui, le lion est partageur. Il aime braiser avec les autres signes, mais lorsque celui-ci se brûle. Le félon félin fait court !

Vierge

Les pieds sur terre, mais les fesses à l’air. La vierge fait rêver par sa nature. Une des huiles de l’astrologie, le docteur Olive, disait au sujet de ce signe : c’est extra Vierge ! Le pauvre homme finit très mal, cette maxime célèbre finit de l’inculper dans la cuisine avec le chandelier pour le meurtre du docteur Lenoir ! Depuis, la vierge est sur sa réserve, ne se découvrant que très peu. Sauf en amour, là où la vierge n’est pas farouche. Dévêtue, elle dira à l’être aimé : « Et mes jambes, tu les aimes mes jambes ? Et ma lune ? Tu l’aimes ma lune ?

Balance

L’air de rien, ce signe à l’air entraînant quand il est entraîné. Musicien dans l’âme, c’est un signe qui balance grave quand il est dans l’air du temps. Le poids-plume du zodiaque peut balancer du lourd quand il est en colère, ma mère est balance. C’est pour dire, elle pourrait balancer des dossiers à mon sujet. En amour, la balance est un signe équilibré, mais quand les moteurs de la passion s’embrasent, l’amour se vit à plein régime.

Scorpion

C’est le rocker au coeur tendre du zodiaque. Le scorpion aime le hard-rock et le métal. Mais le scorpion est un signe d’eau, et afin que le monoxyde de dihydrogène (appelé aussi eau) , ne l’oxyde pas, il préféra la bière et se cachera sous sa carapace de cuir afin que ne pas être blessé. En amour, le scorpion peut être parfois un peu piquant par son côté atypique. Mais on l’aime bien le scorpion quand on arrive à comprendre qu’il est un peu comme le castor qui construit son habitat avec sa queue, celui-ci le défend également avec !

Sagittaire

Attention ! Le sagittaire est le plus brûlant de tous les signes du zodiaque. Têtu comme un âne, cet étalon (ou jument) astrologique est indomptable. Il n’en fera qu’a sa tête… Dans les signes de feu, le bélier dit : « J’arrive ! » , le lion dit : « Je suis là ! » Afin d’emmerder le monde, le sagittaire dit « Si c’est comme ça, je vais plus loin ! ». L’étalon du zodiaque est ainsi, un vrai rebelle libre et indépendant. En amour, le sagittaire séduit, l’homme est monté comme un cheval, la femme avec une croupe cavalière, le sagittaire vous invite au rodéo de l’amour. Accrochez-vous !

Capricorne

Ce n’est pas simple un Capricorne ! Déjà rien que le signe en lui-même est une vraie manipulation génétique : mi-chèvre, mi-« je ne sait pas quoi ». Le capricorne est tellement terre à terre qu’il peut vous enterrer en moins de deux ! C’est ce qui le rend redoutable. Tout comme la salicorne, le capricorne est le condiment de l’amour, il épice le quotidien. Son côté casanier fera qu’il vous attachera aux barreaux du lit et la nuit n’en sera que plus pimentée.

Verseau

Peu de gens savent qu’Eve était verseau. On se souvient tous de cette chanson : « Eve, lève-toi » qui était inspirée d’écrits anciens écrit en latin : « Erecto verseau ! » Cette locution latine est encore très prisée par les vendeurs de photocopieuses et les marchands d’imprimantes. Le verseau ne manque pas d’air et possède un fort tempérament, c’est pour cela qu’il est représenté alors qu’il met de l’eau dans son vin… Quoi que cela pourrait être du pastis ! En amour, le verseau est explosif, il suffit d’une petite étincelle pour que celui-ci s’embrasse des feux de la passion.

Poisson

Le poisson est le plus bruyant de tous les signes. Le poisson sait très bien nager, sauf quand il n’est pas dans l’eau. Sur terre, il fait comme les autres, il marche et fait moins le malin. Il retrouve son aisance sur la route, où il vous fera de très belles queues de poisson. En amour, le poisson est très expressif. La femme poisson est appelée sirène… Une vraie sirène d’alarme ! Lors des ébats, celle-ci alerte qu’il se passe quelque chose, à un tel point que même les voisins viennent cogner à la porte pour que le bruit cesse. Ça sent le poisson ? Non, le vécu…

Prévisions de l’année

Je n’ai rien prévu cette année. D’ailleurs, je ne prévois jamais rien. Quand on prévoit, on est généralement déçu. Alors, on se laisse guider par son intuition, ce sera mieux ainsi. L’avenir n’est pas écrit à l’avance. C’est nous qui l’écrivons. Et lorsque la fin d’année arrive, on fait le bilan de l’année écoulée. Puis on se donne quelques objectifs afin de les atteindre. J’aurais pu faire un vrai horoscope, mais ce genre d’horoscope que nous trouvons dans la presse n’est pas fiable. Un horoscope, c’est comme une brosse à dents : c’est personnel ! Nul ne peut prévoir ce que sera faite notre vie. Le libre-arbitre nous appartient. Pour cela, osez, écoutez-vous, suivez vos envies, autoriser vous d’être vous-même, ayez confiance en vous, aimez, prenez soin de vous, tout dans la juste mesure, explorez de nouveaux horizons, découvrez-vous sous un nouvel angle, dans cette douceur, on ne peut que s’épanouir. Une nouvelle année commence, celle-ci sera la vôtre, si vous le décidez…

©S.V – 31 décembre 2017

Illustration : Les derniers moments de Maximilien, empereur du Mexique – Jean-Paul Laurens – 1882

Toutes ressemblace avec des personnes, faits ou évènements passés, présents ou futurs, ne sont bien évidement que pur coïncidence. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin!

Le Styx-Express

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— Cet endroit n’est plus bon pour toi ! Tu dois partir !

Je baissais la tête, puis la redressais pour regarder mon interlocuteur droit dans les yeux. Il avait raison, ce lieu n’était plus fait pour moi. Je devais partir loin d’ici, loin de tout ça.

— Comment dois-je faire ? Demandais-je.

Il me sourit et me tapa sur l’épaule.

— Allons, mon ami ! Tu connais le chemin qui mène jusque là-bas. Tu l’as dans le cœur depuis ta naissance. Tu l’as simplement oublié.

Il avait raison. J’ai eu, je n’avais jamais osé faire quoi que ce soit. J’étais resté dans mon coin espérant que quelque chose arrive, mais jamais rien ne s’était passé. Je savais que je ne pouvais rester ici, mais l’aventure de repartir vers un lieu inconnu m’effrayait un peu. Il me tendit un billet de train, je le saisis délicatement. Dessus était inscrit mon nom à l’encre rouge.

— Qu’est-ce que c’est ? Je n’ai pas les moyens de…

— Chut mon ami ! Me coupa -t-il. Chacun d’entre nous possède un billet comme celui-ci. Mais ce n’est pas tout le monde qui le réclame. C’est un aller-simple, mais quand tu seras fatigué, alors tu reviendras ici pour te ressourcer. Ce trajet, nous le faisons tous, mais toi, tu es resté trop longtemps ici. Et tu as oublié cela.

— Où mène donc ce train ? Demandais-je intrigué les yeux fixés sur le précieux ticket.

— Vers ta nouvelle vie… N’était-ce pas ce dont tu rêvais ?

Je restais silencieux. Presque honteux, il avait raison. C’était tout ce dont j’avais rêvé. Mais que je n’avais pas osé réaliser. Je saisis mes quelques affaires et fis ma toilette afin d’être un peu plus présentable, ramassa le peu d’affaires dans ma valise et ferma la porte de mon petit appartement. Avant de passer le perron de l’entrée de l’immeuble, il sourit et ce qui me réconforta.

— Sois confiant ! Tu connais le chemin pour revenir ici ! Tu reviendras, dans quelques années, tu oublieras même cet endroit. Et je peux t’affirmer que une fois là-bas, tu n’auras pas envie de revenir ici !

— Comment puis-je oublier ? Ici, c’est chez moi !

Je marquais un temps d’arrêt, l’homme me sourit. Il me fit un signe de tête de le suivre, ce que je fis. Il m’emmena dans sa voiture noire. Je posai ma valise dans le coffre, et montai à l’avant. Les rues étaient désertes, il faisait encore nuit. Je regardais par la fenêtre les quelques personnes qui restaient encore dans les rues. Pauvres âmes solitaires en quête de repères. Leurs visages fatigués par cette vie nocturne, ils me faisaient penser à des papillons de nuit qui s’étaient brûlé les ailes auprès des projecteurs trop brûlants. Auparavant, j’avais été comme eux, mais depuis, j’avais recherché autre chose.

— De quoi te souviens-tu ? Me demanda mon guide.

— Je ne sais pas. Je suis incapable de savoir de quoi vous parlez. Répondis-je.

— Te souviens-tu de ta première venue ici ?

Je tentais de me souvenir, mais rien ne me venait à l’esprit. J’avais occulté de ma mémoire absolument tout.

— Sais-tu au moins combien de fois tu es venu ici ?

Je tournai la tête subitement. Cette phrase me disait quelque chose, j’avais l’impression de l’avoir entendu et d’avoir déjà vécu cette scène.

— Qui êtes-vous ?

— Allons ! Tu le sais !

— Non, je ne me souviens de rien. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir vécu cette scène.

Il se mit à rire.

— Tu me fais le même coup à chaque fois ! Tu oublies tout en venant ici, tu chutes, tu sombres, tu te relèves, mais tu oublies absolument tout ! Je dois réactiver ta mémoire, lentement, quand tu es prêt, pour pas que tu te bloques. Allons ! Tu pourrais y mettre un peu du tien !

Il stoppa le véhicule, nous étions arrivés devant la gare. Je descendis de la voiture, il prit ma valise et m’accompagna dans le hall de la gare. Je n’avais pas le souvenir d’être venu ici, mais étrangement, le lieu m’était terriblement familier. Le visage des voyageurs, du personnel, et de cette personne qui était venue sonner à ma porte. J’avais murmuré son nom, et il m’avait entendu. Il était venu exaucer mon vœu, vivre enfin… Et maintenant que j’étais dans cette gare, j’étais encore plus angoissé. Il regarda sa montre, et m’accompagna jusqu’au quai.

Le train était impressionnant, les wagons semblaient être d’un luxe sans pareil. L’intérieur orné de cuivre, de moquette grenat et de bois aux essences rares. La locomotive, façonnée d’acier noir qui semblait indestructible, crachait de grosses volutes de fumées et faisait un bruit assourdissant.

— Monte ! Le train ne va pas tarder à partir !

— Mais je ne sais pas qui vous êtes ! Et surtout où va ce train !

Il me donna une tape amicale sur l’épaule.

— Allons, tu sais qui je suis ! Tu te souviendras de tout durant le trajet.

Le chef de gare se mit à siffler et instinctivement, je montai dans le wagon. Je m’installai dans un compartiment, où était déjà installé un jeune couple que je saluai poliment. Dehors, je vis cet homme qui me fit un dernier signe de la main. Son nom, je n’arrivais pas à m’en souvenir. Pourtant, je l’avais murmuré avant qu’il arrive comme par enchantement. Az… Az.. Azraël ! Mes yeux écarquillèrent de stupeur ! C’était Azraël ! L’ange de la vie comme on l’appelait ici. On murmurait son nom lorsque l’on était prêt enfin à vivre… Le train commençait à partir, je me levais subitement. À son sourire, je vis qu’il avait compris que la mémoire m’était revenue.

Effectivement, les souvenirs me revinrent. Je me souvenais de toutes ces vies passées, de toutes mes morts aussi… Des douces et des violentes, et à chacune d’elles, je revenais ici en ces lieux. Je retrouvais mon appartement durant un instant, j’y reprenais ma vie, mes petites habitudes. Sur mes carnets, j’écrivais le récit de mes vies passées. Elles étaient si nombreuses, et le temps entre deux vies semblait si court. Une vie de mort est si courte, et la vie prend tant de temps ! Mais cela faisait partie du cycle. On vit, on meurt et on doit renaître, pour que l’on puisse régénérer notre âme. Je me mis à rire, le jeune couple me regardait en souriant.

— Vous avez l’habitude des voyages ? Me demanda le jeune homme. Avec mon épouse, c’est la première fois pour nous.

— Vous n’avez jamais pris le Styx-Express ? Demandais-je étonné.

— Non. Dites-Nous, c’est comment la réincarnation ?

— Vous allez voir ! Dis-je en souriant. Vous allez l’adorer… Et vous allez tellement l’aimer, qu’a chaque fois, vous aller vouloir y revenir !

©S.V – Le Styx-Express – 11 décembre 2015