Jour 47 – Beltane

Jour 47,

C’est sous un ciel pluvieux qu’une page du calendrier vient de se tourner. C’est le mois de mai qui commence, et avec lui, les promesses de jours meilleurs semble l’accompagner. Pour nombreux d’entre vous, le premier mai, c’est la fête du travail et le brin du muguet que l’on offre afin de porter chance. Mais, ce jour est lui aussi issu de l’éphéméride celte que j’effeuille et vous dévoile peu à peu au fil du temps.

Aujourd’hui, c’est Beltane (ou Beltaine). C’est l’instant qui marque la fin de la saison sombre et le commencement de la saison claire. Ce nom vient des feux de Belenos (connu également sous les pseudonymes d’Apollon, Phoebus, Hélios, Hyperion et bien d’autres…) qui étaient célébré lors de la première pleine lune de mai (cette année, c’est le 7 mai).

La tradition voulait qu’à cette époque, que les Druides allument des feux qui avaient des vertus sacrées et surtout purificatrices. Les hommes y faisaient passer, entre ces feux, leurs bétails afin que ceux-ci soient protégés des épidémies. Bien sûr, certains de ces animaux étaient sacrifiés puis donnés en offrandes aux dieux afin que la saison soit sous de bons auspices. Un mât orné de rubans y était planté dans le sol, chacun y dansant autour, puis sautant au-dessus du feu afin d’obtenir les faveurs de protection mais également de fertilité.

Cette période qui débutait marquait le début des activités pour les hommes. Les fermiers pouvaient cultiver leurs champs et faire paître leurs bétails. Les chasseurs retournaient dans les forêts pour chasser le gibier et les guerriers reprenaient le chemin des champs de bataille afin de conquérir de nouveaux territoires.

Mais un rituel de l’époque se démarque en cette période très particulière. Dans l’initiation druidique, les futurs druides vivaient un rituel d’enfermement. Enfermés, plusieurs jours, dans des chambres souterraines, que l’on assimile généralement à des dolmens. Ceux-ci en ressortaient pour ce moment précis. Les nouveaux druides pourraient ensuite à leurs tours allumer les feux de Beltane et ainsi faire perdurer cette tradition.

Le calendrier Celte suivait les mouvements du soleil et de la lune. Aujourd’hui, pour des raisons pratiques du calendrier Grégorien, puis Républicain, suivant uniquement les mouvements solaires, la date du 1er mai fut fixée. Cette fête perdit sa connotation sacrée pour devenir celle que l’on connaît aujourd’hui.

Pourtant, dans les temps jadis, cette fête était le symbole de la renaissance. La saison allait durer six mois, jusqu’aux célébrations de Samain (ou Samhain), fête qui est appelée Halloween par ceux qui ont oublié la Toussaint…

Je vous souhaite une belle renaissance, ainsi qu’un bon passage dans la saison claire.

Texte : ©Stéphane Lévêque – 1er mai 2020

Jour 42 – La soif de l’or

Jour 42,

En ce moment, où notre société de consommation semble s’effondrer, assis sur mon canapé, je n’ai pas besoin d’allumer ma télévision. En surfant simplement sur les réseaux sociaux et internet, j’assiste à la foire d’empoigne économique et virtuelle. Les économistes font leurs analyses et leurs prédictions, la vente en ligne coule actuellement des jours heureux, les cagnottes afin d’aider les commerces fleurissent un peu partout et une nouvelle forme commerciale commence à se développer.

Le marketing de réseau, c’est un terme barbare que j’ai découvert depuis peu. La première fois que l’on m’en a parlé, je suis resté sceptique. Le principe était de me parrainer afin que je découvre des produits et que je devienne moi-même consommateur. À partir de là, j’entrai dans la structure. La personne m’ayant parrainé était récompensée, et à mon tour en parrainant, j’étais récompensé. Prime, intéressement sur les transactions directes mais également sur les ventes de nos filleuls, le système semblait complexe et surtout lucratif.

En voyant, cela, je me suis offusqué. Dans ce principe de fonctionnement, je ne voyais qu’un système pyramidal, alimenté par la base qui effectue ses achats et ses ventes, récompensé par un ruissellement qui vient du sommet. Si au départ, je voyais cela comme une arnaque, je comprenais également la stratégie d’une firme américaine qui voulait vendre et surtout développer à l’international ses produits cosmétiques et bien-être. Mais nous ne sommes pas dans une période normale, nous sommes au cœur d’une anomalie temporelle. Le pétrole s’est effondré, les frontières se sont refermées, les dettes sont en train d’exploser, l’offre et la demande s’étant modifiée, une grande question déontologique se pose.

Un bouleversement inédit s’annonce à l’horizon, chaque pays renfermé sur lui-même, fera primer les produits fabriqués sur son territoire. De plus, avec une telle crise, la consommation s’orientera sur la première nécessité. Les deux premiers échelons de la pyramide de Maslow (Voir article précédent) sont les besoins de se nourrir et d’assurer sa protection. Si on peut condamner ce fonctionnement d’un point de vue éthique, si on se met à la place du chef d’entreprise, l’instinct de survie commercial se comprend. Vouloir continuer de produire, de vendre, de créer des emplois, c’est le credo d’un entrepreneur et cela je peux se comprendre.

Hier, j’ai été démarché de la même façon, sur un autre produit, concernant cette fois-ci le secteur du tourisme. Dans les grandes lignes, j’ai reconnu le même principe, le parrainage, un système de points. Bref… Le même schéma ! Mais en écrivant ces quelques lignes, j’arrive à saisir ce qui se dessine à l’horizon. Une guerre ni chaude, ni froide entre l’Amérique, l’Asie et l’Europe. C’est le principe du triangle de Karpman (persécuteur, victime et sauveur) qui se prépare pour les prochains mois. Qui sera le Bon ? Qui sera la Brute ? Qui sera le Truand ? Devant un tel spectacle, la Russie, l’Angleterre et le reste du monde arbitreront ce duel à trois qui risque d’être très cruel…

Texte : ©Stéphane Lévêque – 26 avril 2020

Illustration : Le bon, la brute et le truand – Sergio Leone

Jour 35 – Le cantique et la quantique

« Tôt ou tard, il se creusera un fossé tellement effroyable entre les riches et les pauvres que le chaos s’installera et une autre grande civilisation s’effondrera. L’Amérique est sur la même voie, prouvant encore une fois que l’histoire se répète, car nous ne retenons pas les leçons de l’histoire. Nous ne faisons que mémoriser les dates et les personnages historiques, et non pas les leçons qu’elle enseigne » – Robert Kiyosaki (Père riche, père pauvre) 1997

Jour 35,

Tout autour de moi, je vois les esprits s’échauffer. Être confiné ou ne pas être confiné, telle est la question. Si Facebook est un bel outil de partage et de communication, depuis quelque temps et surtout actuellement, ce réseau social ressemble à un véritable trou noir. Tout y trépasse en ce moment, du débat sur la Chloroquine en passant par le gouvernement ou la politique internationale, des millions d’internautes s’improvisent spécialiste en épidémiologie ou en stratégie économique. Je n’ai pas les compétences nécessaires pour parler de ces sujets et je dois bien avouer que cela ne m’intéresse pas. Sur ce site, je préfère échanger avec des personnes que j’apprécie, diffuser mes photos, texte et expériences.

Si la tentation est grande, depuis le début du confinement, je passe moins de temps sur les réseaux sociaux. Je n’allume quasiment pas ma télévision, pour les informations, je préfère les médias radiophoniques. J’écris de plus en plus souvent, mais aussi parallèlement, j’utilise internet afin de m’instruire et apprendre de nouvelles choses. Depuis semaine, mon salon commence à ressembler à un bureau où je passe la majeure partie de mon temps.

Cette période est si fascinante ! Cet isolement général met en relief tous les aspects de notre société, mais devant l’inconnu, ce sont toutes nos peurs et nos angoisses qui semblent prendre le dessus. Je dois avouer que mes nuits ne sont plus les mêmes. Bien que je m’endorme assez facilement, je me réveille assez fréquemment. D’étranges rêves où ce que j’ai lu ou appris dans la journée s’assimilent la nuit. C’est une sensation très étrange, j’ai l’impression que c’est un homme nouveau qui se réveille chaque matin.

Le fait de tenir ce journal régulièrement me permet de laisser des marques dans mon processus de métamorphose mais également dans celui de mon environnement proche. Mais ce qui est le plus étonnant, c’est que mon rapport avec le temps qui était déjà peu commun s’est encore modifié. En quelques semaines, j’ai la sensation d’avoir vécu plus d’un siècle. La période que l’on a vécu avant tout cela me semble très lointaine, comme un ancien souvenir d’une ère archaïque et barbare.

J’aurais pu avoir cette sensation de vivre la même journée, mais non, bien au contraire, en observant tout autour de moi, chaque jour est bel et bien différent. Mon parcours pour arriver jusqu’ici a été très long. Comme beaucoup, j’ai eu mon lot d’épreuves, d’échecs, de joies et de peines. Ces instants m’ont instruit et m’ont surtout permis d’avancer sur mon chemin. Petit à petit, l’être passif et craintif s’est épanoui pour devenir l’homme que je suis devenu. Je dois vous avouer qu’en près de 45 années sur cette terre, j’ai l’impression d’avoir vécu une éternité. Cela implique pas mal de conséquences, j’étais en décalage avec les autres, je n’avais plus de préoccupation, seulement des activités. Mon rapport à l’argent était modeste, je n’avais que peu de besoins et je vivais dans une époque où il fallait toujours plus. Je regardais ce monde tel un extra-terrestre qui était conscient que l’humain n’était pas encore préparé à des rencontres du troisième type.

Trop d’avidité… Le pouvoir, l’argent, le sexe… Tous veulent se distinguer des autres, mais pour y arriver, trop sont prêt à écraser ses semblables. Nous avons vécu une période si sordide et puis, il y eut ce virus… Les cartes sont redistribuées, le monde est en état de chrysalide, je vois et surtout entend les bouleversements qui ne se font pas pour tous dans la douceur. Mais je comprends cela, après des siècles d’asservissement à des dogmes qui n’ont fait que de provoquer la division, l’humanité délaisse ses vieux cantiques pour entrer dans une dimension quantique.

Ce que Robert Kiyosaki démontre dans son ouvrage« père riche, père pauvre », notre rapport à la finance s’explique par ce que j’appelle « Cantique de la soumission et Quantique de la domination ».. L’argent n’est qu’une échelle de mesure, mais la soif insatiable de l’or en a rendu plus d’un complètement fou. Celui-ci n’est pas fixe dans le temps, il circule se place dans deux catégories, nos actifs et nos passifs. Mais notre manière de percevoir notre monde est différente pour chacun d’entre nous. Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt ! Quel est notre rapport avec D.ieu ? Et si celui-ci n’était pas cette personnalité que l’on a voulu personnifier ? Et si il était l’ensemble ? Que mes amis qui sont fervents pratiquants de toutes religions confondues se rassurent, je ne suis pas en train de blasphémer. Les pratiques de chacun étant régulées sur des calendriers lunaires ou solaires, avec langues, mots et symboles différents, notre manque de compréhension d’une subtilité a provoqué des divisions. Chacun voulant se placer au-dessus de tous afin d’imposer sa vision aux autres, ce qui devait nous réunir n’a fait que causer des siècles de guerres, accentuant encore plus à chaque fois nos oppositions.

Pourtant, nous faisons partie de ce même ensemble. Nous sommes nés sur la même planète, nous avons nos différences qui nous rendent uniques et ce qui continue de nous diviser, c’est notre rapport avec le créateur. Je ne suis pas un grand fan des écrits sacrés, mais j’ai appris à comprendre les coutumes de chacun. Qu’ils soient Chrétiens, Musulmans, Hébraïques ou Bouddhistes, les principes restent les mêmes ce ne sont que les manières de faire qui varient. Je ne dirais pas qu’un écrit est meilleur qu’un autre, mais tous ont ce même point commun, un élément narratif que l’on ne peut vérifier. Il y a-t-il une vie céleste après notre vie terrestre ? Nul ne peut le dire, personne n’est jamais revenu. Si , me direz-vous ! Il y eut ce fils de charpentier qui se nommait Jésus de Nazareth. J’ai beaucoup de mal avec le Nouveau Testament de la Bible qui date du temps de l’empire romain. Je perçois la création de l’Église catholique par l’empereur Constantin comme un acte politique afin de réunir des contrées divisées culturellement.

Peu à peu, au fil des siècles, l’emprise des dogmes religieux s’est affaiblie avec la modernisation. Il fut remplacé par celui des financiers, de la mondialisation. Mais soudainement, notre modèle s’est retrouvé à bout de souffle. En réanimation depuis près d’un mois, celui-ci vit ses derniers instants. Bientôt, notre civilisation va sortir de son cocon et reprendre ses activités. Forte de ses erreurs passées, elle va trouver de nouvelles idées et philosophies et ainsi renaître de ses cendres…

Texte : ©Stéphane Lévêque – 19 avril 2020

Photo : Depositphotos.com

Jour 32 – Un brin d’Alchimie…

Jour 32,

Cela fait quatre jours que je suis chez moi et je dois vous avouer que je n’ai pas vu le temps passer. Entre lecture, écriture , apprentissage de nouvelles discipline mais également recherche, le temps s’est écoulé un peu trop rapidement à mon goût. Aujourd’hui, je reprend le travail du laboratoire afin de créer une nouvelle couleur avec une plante assez peu connue et pourtant courante: La bourdaine!

La Bourdaine, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas le féminin de J.J Bourdin qui officie sur RMC. La Bourdaine, appelée également par les botanistes « Rhamus frangula », est généralement utilisée pour son écorce aux vertus purgatives. Mais ce qui m’intéresse, c’est que j’utilise cette même écorce pour son tanin qui est utilisé aussi en teinturerie.

La macération (50g dans 75cl d’eau déminéralisée)
Le sulfure de fer est le mordant que j’utilise le plus souvent. Il s’obtient par le mélange de fer et de soufre, c’est un désherbant courant qui est peu nocif pour l’environnement. J’utilise parfois le sulfure de cuivre, mais aussi l’alun de potassium. Cela me permet d’obtenir d’autres couleur. Mais le cuivre étant plus agressif, je ne l’utilise que pour la réalisation du vert. L’alun, lui me permet d’obtenir des couleurs vives avec des tanins plus colorés (comme le rouge, le jaune ou des tons violacés)

Je viens d’utiliser mes derniers centilitres de gomme arabique afin de réaliser cette nouvelle couleur. Je me retrouve avec un joli marron avec l’ajout de sulfure de fer, qui assez proche de mes précédentes expériences avec le brou de noix. A la différence, c’est que ce coup-ci, j’obtiens un marron lumineux et surtout avec une couleur profonde.

Vous me direz, mais Steph: « Que fais-tu de ces encres? ». Mon réseau d’artiste commence à s’étendre, et certains l’utilisent depuis longtemps. Réaliser une couleur me permet surtout de trouver une nouvelle teinte à ma plume et surtout de trouver de nouvelles dimensions à mes écrits.

Texte et Photo : ©Stéphane Lévêque – 16 avril 2020

Jour 31 – En attendant la lune rousse…

Jour 31,

En quelques jours, beaucoup de choses ont changé. Les énergies ne sont plus les mêmes, en particulier depuis lundi 20 h 02. C’était il y a deux jours, tous devant leurs écrans de télévisions écoutaient ce que disait le Président. Étrange annonce, qui fut faite un lundi de Pâques, semblant annoncer une résurrection. Une date, un point de repère sur un calendrier. Le 11 mai, le premier jour des saints de glaces, mais qu’importe que le temps soit pluvieux ou plus jeune. Le 11 sonne comme un jour de libération pour certains, mais aussi comme un jour d’inquiétude pour d’autres. En attendant ce jour, on s’organise. On planifie, on prépare des réunions afin de préparer cet après qui n’arrivera que dans 26 jours.

Le compte à rebours est donc lancé et déjà tous se préparent sur les starting-blocks afin d’être prêts pour ce nouveau départ. Après deux mois de friche, l’économie va vouloir reprendre. Ce sera la fin de la trêve. L’activité reprendra progressivement et l’homme fera face à sa nature. Nous assisterons certainement à une querelle d’ego politique sur un fond d’idéologie et de philosophie qui risquent de faire remonter certaines idées nauséabondes. Tout ça pour avoir le pouvoir, pour imposer sa vision de l’avenir. Le pouvoir qu’en ont-ils fait ? Et nous qu’en ferons-nous ? Même si la démocratie semble être faite de maux crasseux, une organisation est nécessaire afin que le chaos ne prédomine face à l’ordre. Irons-nous vers des alliances inédites ? Je l’espère sincèrement.

Ce monde a assez eut son lot de violence, de guerre et de destruction de masse. Assez d’inégalité et de pressions de tout côté. Oui, un nouveau monde est possible ! Mais après être sorti de sa zone de confort, la lune rousse va être redoutable cette année.

Sachant que l’on est resté confiné pendant près de deux mois, que l’économie est en jachère après une pandémie d’ampleur mondiale, que notre vision de l’avenir est embrumée par nos doutes. De plus après 11 jours d’enfermement, pas toujours évident pour certains, nous avons été soumis à des tensions psychologiques importantes. Durant cette période où nous étions dans le doute, nos capteurs sensitifs, excités par la peur, nous ont rendu plus réceptif à de nouvelles choses. De plus, notre métabolisme, sensible aux perturbations électromagnétiques causées par notre technologie, mais aussi par celles provoquées par notre planète et notre soleil, des changements imperceptibles se sont opérés en chacun de nous. Notre corps est composé de 65 % d’eau, et nous savons que la lune à une influence sur cet élément. Une zone de turbulence est donc à prévoir et j’espère de tout cœur que celle-ci sera de courte durée.

Je n’ai pas envie d’assister à des scènes de violence, ni de voir mon pays entrer en guerre avec un autre. Nous avons vécu déjà assez de conflit, car même nos territoires n’ont pas été épargnés. Il y eut ces guerres économiques, sociales et culturelles. Nous avons vécu ensemble comme si l’autre était l’ennemi. Nos différences nous ont divisés, mais durant un temps, une trêve provoquée par un virus, nous avons été réunis.

Ce virus n’a fait aucune distinction. Il s’en foutait de notre niveau social, de notre couleur de peau, de notre religion ou de notre idéologie. Le Covid s’est répandu, n’épargnant personne. Il nous a divisé en nous forçant à nous isoler chacun de notre côté, mais en même temps, il nous a réunit. Il a su provoquer cet instant paradoxal où le temps humain s’est arrêté. En nous asphyxiant, il nous a permis de reprendre notre souffle avec un air beaucoup moins pollué. Il a modifié notre perception de notre monde. Alors n’oublions pas ces épreuves que nous avons traversées, le devoir de mémoire est certainement celui qu’il ne faut pas oublier. Car pendant tout ce temps passé, nous avons mûri, nous avons évolué, changé nos perceptions et tout s’est conjugué. Le jeu de la vie vient de changer ses règles, et le « Je » s’est transmuté en « Nous »

Texte et Photo : ©Stéphane Lévêque – 15 avril 2020

Jour 27 – Ostara

Jour 27,

Nous arrivons au jour de Pâques. Si pour beaucoup, cette célébration est liée au Christianisme, il y a un fait étonnant. Pâques sera toujours célébré le dimanche suivant la première pleine lune après l’équinoxe de printemps. Cela s’explique simplement par les origines païennes de cet évènement.

Ostara, ou la fête de la Dame de l’aube, également appelée Eostre ou Eastre se retrouvera dans les langues germaniques (Ostern) et saxonne (Easter). La tradition voulait que l’on célèbre la fertilité de la Nature par deux symboles qui sont encore repris aujourd’hui et que nous connaissons bien, l’oeuf et le lièvre ( ou le lapin). La cloche ne sera ajoutée au symbolisme que par le Catholicisme qui reprendra ce calendrier afin de célébrer à ses fidèles sur ce ton. Non ! Pas de Boogie Woogie avant de faire votre prière du soir ! Ostara, ce n’est pas très catholique, ni très orthodoxe ! C’est purement et simplement, une autre célébration issue des anciennes traditions qui survenait plus ou mois 40 jours après Imbolc (Chandeleur).

D’ici quelques jours, le 23 avril, une phase lunaire importante va arriver. Ce sera la nouvelle lune ! Ce sera le temps de la fameuse « lune rousse ». « En lune rousse, rien ne pousse ! », répètent les anciens dictons. Et pour cause, nous sommes à la dernière lunaison de la saison « sombre ». Les Païens n’avaient que deux saisons, une lumineuse et chaude de Beltaine à Samain ou du 1er mai au 1er novembre, et une sombre et froide de Samain à Beltaine ou du 1er novembre au 1er mai. Cette période serait celle où le risque de gelée est encore importante que nous répète un autre dicton populaire : « En avril, ne te découvre pas d’un fil… ».

Le risque de gelée était si important, que celle-ci provoquait des rousseurs sur les bourgeons et les feuilles des jeunes pousses. Ce sont encore les croyances populaires qui ont assimilé le fait de voir un ciel nocturne dégagé et donc l’astre lunaire à ce phénomène naturel. Seul un ciel couvert pouvait protéger les plantations faites lors du mois d’avril, car cela signifiait qu’il n’y allait pas geler.

Mais il y a une différence entre la « pink moon » anglo-saxonne et la lune rousse. La première désigne la pleine lune d’avril, tandis que la seconde est celle qui débute après Pâques. Cette lunaison commence en avril et se terminera en mai. Lors de sa pleine lune (7 mai), ce sera une autre fête qui pourra être célébrée. Ce sera celle de Beltaine, le début de la saison chaude et lumineuse, même si quelques jours plus tard, un autre croyance populaire datant du Moyen-Âge et que l’on appelle « Saints de Glace » (St Mamert, St Pancrace et St Servais – 11, 12 et 13 mai) qui reste liés à l’aspect de ce cycle lunaire, marquera la fin du risque de gel. La lune rousse, se clôturera à sa nouvelle lune (22 mai). Nous serons en phase encore une fois avec une autre fête catholique, ce sera le jour de l’Ascension…

Comme quoi, nous ne faisons encore et toujours, et cela depuis la nuit des temps, que célébrer les cycles de vie, rythmées par le soleil mais aussi la lune. Tout simplement !

Texte : ©Stéphane Lévêque

Illustration : Dreamstime.com

Jour 26 – Le cœur de la matrice

Jour 26,

Le point de non-retour a été franchi depuis pas mal de temps et devant l’inconnu, il est humain de se sentir un peu désorienté. Avant, nous avions la sensation de pouvoir contrôler les choses. Nous savions notre modèle défaillant, mais nous faisions comme si tout allait bien. Tout comme lors du naufrage du Titanic fonçant droit vers l’iceberg, l’orchestre continuait de jouer malgré tout. Depuis quelques jours, on se retrouve face à la réalité, il n’y a pas de pilote qui saurait reprendre la situation en main. Alors, on essaye de sauver ce que l’on peut, certains sauvent des vies, d’autres leurs honneurs, et pour certains quelques valeurs en espérant qu’elles auront toujours cours après le naufrage.

Lors d’une situation de panique, on a du mal à regarder ailleurs. Seule la situation de sa propre personne, semble compter. Cela est logique et fait partie des instincts primaires humains. Bien sûr, il y a également des actes d’héroïsme, afin de porter secours à ses semblables. La peur stimule le courage, qui lui-même stimule l’audace et la créativité. C’est une des conséquences de ces situations, elles provoquent des stimuli à l’esprit qui lui-même permet au corps de produire de l’adrénaline. Cette formidable énergie ainsi créé nous permet de nous dépasser, d’anticiper, elle booste notre organisme, jusqu’à cet instant où l’on sentira enfin sain et sauf.

Mais dans ce cas de figure, le temps s’est arrêté. Pourtant, la course des astres continue et nous nous semblons nous diriger vers un désastre. Nous essayons de trouver des solutions, mais malheureusement notre vision est bien souvent faussée, car nous essayons tous de sauver avant tout nos propres intérêts. Peu sont enclins au sacrifice, celui-ci, on le fait en ultime et dernier recours lorsque l’on a pas le choix. On assiste également à des scènes de conflits, car chacun essaye d’avoir le « leadership » ou sa place vers un monde meilleur. Bref, chacun regarde de son propre camp, parfois en se projetant dans celui de l’adversaire et cela afin de deviner quel sera son prochain coup.

Cependant, une telle situation, même si elle semble désespérée, peut tourner à notre avantage. C’est à cet instant même que les esprits sont le plus ouvert. Rappelez-vous, il y a quelques jours, je posais la situation tel un problème informatique. Un virus ralentit le système et crée une brèche. Hé bien, c’est donc à cet instant même que les esprits sont les plus ouverts et surtout plus réceptifs aux idées. La créativité ainsi stimulée permet ainsi l’émergence d’idées fraîches et nouvelles. Mais afin que celles-ci gardent leurs primeurs, elles doivent être inédites.

Le paradoxe… Peut savent ce que c’est réellement. Le paradoxe est un état qui se trouve entre deux états. Entre bien et mal, ombre et lumière, la voie paradoxale est également « voie du milieu ». Le paradoxe pourrait se résumer lors d’une partie d’échec, où nous serions en train de jouer les deux camps en même temps avec des règles qui nous obligent à gagner et perdre à la fois, tout en réalisant un pat (match nul) en même temps. Pour que cela puisse être possible, il faut se placer dans la peau de tous les protagonistes en même temps, qui je l’avoue n’est pas toujours évident.

Afin de mieux comprendre ce phénomène, un autre exemple peut être utilisé est l’humain. Cette espèce étrange qui peuple cette planète est lui-même un véritable paradoxe. Il est composé de chair et de sang qui composent sa matière, tout en étant mué d’un esprit qui lui permet de penser et avoir sa propre identité. Le paradoxe, c’est cela. Entre raison et folie, explicable et inexpliqué. Celui-ci est question et réponse à la fois.

Et si nous réfléchissions comme un ensemble et non comme un individu ? Dans cette épreuve, afin que l’on sorte vainqueurs. C’est le collectif qui doit primer sur l’individualisme. Ce modèle que nous avions auparavant était nocif pour nous tous, ainsi que pour notre planète. Et si nous fusionnons ? Que l’on préfère se retrouver au centre d’une sphère plutôt qu’au sommet d’une pyramide ? Et si nous avions l’audace de réellement abandonner certaines vieilles habitudes qui ne faisait qu’empoisonner notre quotidien ?

L’enfer, ce sont les autres, me direz-vous ! Oui, chacun de nous étant le centre de son propre univers, il ne peut exister en même temps plusieurs points centraux. Le conflit étant bien trop souvent provoqués par une querelle d’ego. Qu’importe notre nationalité, culture ou niveau social, en ce moment, nous sommes tous dans la même situation. Ce virus qui circule et se propage dehors, met en relief nos différences, mais également nous invite à nous réunir afin de collaborer. Oublions nos anciennes querelles, qui aujourd’hui, paraissent obsolètes.

Une brèche s’est créée, fissurant ainsi le cœur de la matrice dont nous faisons partie. Mais afin que celui-ci n’explose pas dans un éclat de violence, nous avons encore la possibilité de penser différemment et surtout collectivement afin de transformer cet enfermement en une porte de sortie vers un nouveau paradis…

Texte et photo : ©Stéphane Lévêque – 10 avril 2020