Jour 249 – Ce que 2020 nous enseigne…

Nous approchons de la fin novembre. Bientôt, le mois de décembre sera là avec ses fêtes de fin d’année qui seront particulières. Certains auront perdus des proches, leurs emplois ou se trouveront dans une situation inconfortable. Cette année, notre système s’est effondré. Le virus n’aura épargné personne. Le genre, la couleur de peau, la religion, la nationalité ou le niveau social, il s’en foutait royalement. Progressivement, il nous a désorganisé en faisant s’effondrer l’économie d’une société qui était déjà gravement malade. Et puis, il y a la planète. Le réchauffement climatique, on en parlait depuis plusieurs années et nous avons été témoins de ce qui s’est passé au printemps. La nature, sans l’humain pour la déranger, reprenait un peu ses droits. L’air était beaucoup moins pollué, la faune et la flore s’épanouissaient et nous avions sous nos yeux la réalité d’un monde sans l’humain. C’était magnifique à cette époque. On parlait de nouveau monde, de renaissance, mais dès que l’on fut libéré sur parole, nous avons repris nos bonnes vieilles habitudes.

Mais le virus était toujours là, continuant à nous surveiller. Il était omniprésent en nous suivant quel que soit le chemin que nous empruntions. Tapis dans l’ombre de nos inconscients, il surveillait l’évolution de notre transformation. Il ne faut pas se leurrer, après une telle épreuve collective et mondiale, nous ne pouvions que changer. Le sens de notre évolution, chacun était libre de le choisir…

Pour ma part, j’ai fait mon choix. Et avec un certain recul que cette année était vraiment celle du changement. Le changement, c’est vraiment maintenant ! L’économie, la souveraineté nationale, tous ces vieux carcans qui n’étaient plus adaptés à notre époque sont en train de s’effondrer. Si pour certains, cette époque est la fin du monde, je rappelle que le terme « Apocalypse » pourrait se définir par « fin de l’illusion ». Le choix que j’ai fait, je l’ai fait délibérément, en mon âme et conscience. Peu à peu, j’ai supprimé ce qui n’allait pas dans ma vie personnelle et j’ai mis en œuvre pour que les changements puissent se concrétiser. Mes peurs et mes angoisses se sont effacées peu à peu, laissant progressivement place à d’autres émotions beaucoup plus positives. Il y a deux jours de cela, j’ai eu la confirmation que je pouvais enfin refermer un chapitre de ma vie professionnelle et en écrire un nouveau. Et l’énergie que cela m’a procuré m’a permis de devenir l’homme que j’ai toujours voulu être.

Le dernier mois de l’année approche et je l’aborde avec une grande sérénité. Bien sûr, je sais que d’autres épreuves nous attendent. Le virus sera toujours là même s’il évolue continuellement, une crise sociale et économique se dessine très clairement. Les préoccupations sont des occupations qui ne sont pas encore arrivées. Cette année, je me suis synchronisé avec l’instant présent, j’ai exorcisé mes vieux démons du passé et me suis libéré, mettant ainsi un terme à mon confinement mental.

Tout arrivera bien assez tôt et surtout n’est pas encore arrivé. Ne nous privons pas du plaisir de vivre. Les épreuves qui nous attendent, nous les surmonterons. J’en suis certain…

©Stéphane Lévêque – 22 novembre 2020

Jour 239 – La fin est le commencement…

« L’oeil d’Esteban » était le nom de mon ancien blog, ainsi que celui d’un de mes manuscrits…

Drôle d’ambiance en ce moment. Le moral est en berne, les regards sont éteints et les sourires se font rares. Quoique de plus normal, la période est compliquée, il y a le virus, mais nous savons tous les conséquences de l’après. Après la crise sanitaire, viendra très certainement une crise sociale sans précédent. Le mode de vie que nous avons connu ne reviendra pas non plus, et une période encore plus compliquée verra le jour et le défi de l’épreuve à venir sera encore plus grand que celui que l’on traverse actuellement.

L’épreuve, c’est ce qui nous révèle. Je le clamais haut et fort durant le premier confinement. On en sort changé par cette expérience. On s’est retrouvé face à soi-même, submergé par les souvenirs du passé qui nous ont bouleversé. L’épreuve, c’est ce qui permet de se retrouver ou de se révéler. Nous l’avons tous réussi. Jamais nous n’avons perdu, car l’expérience nous a toujours enseignées.

Des épreuves, j’en ai passé des tas comme toi qui lis ces quelques lignes. À chacune d’elle, je me suis toujours relevé, jamais je n’ai abandonné. Je n’ai jamais perdu l’espoir, même parfois quand le moral était au plus bas et que mon univers était sombre. Je me suis accroché, et en aucun cas je n’ai vendu mon âme. Je ne saurais te dire ce qu’il m’a fait tenir le coup, car cela était au plus profond de moi. Cette force faisait battre mon cœur même lorsque celui-ci était brisé et me portait lorsque je chutais et me motivais à me relever coûte que coûte.

Oui, en ce moment, nous assistons à l’effondrement. Nous voudrions que cela soit autrement, car nous aimerions garder ce que nous est agréable. Cela est dur, je le sais. Nos habitudes, nous allons devoir les changer, cela aussi j’en suis conscient. Nous allons devoir apprendre à vivre différemment. Mais s’il y a une chose que je dois t’avouer, c’est que c’est que je ne regretterai rien. Ce monde que nous laissons derrière nous était si injuste. Tant d’inégalité, tant de violence… Comment peut-on faire des différences entre deux humains ? Il n’y a ni genre, ni race. Tout cela, c’est de la connerie de pseudos-intellectuels qui n’ont aucune légitimité. Leurs règles, nous savons tous qu’elles ont été modifiées afin de servir ceux qui s’accrochent encore au pouvoir et à l’argent comme une vieille moule s’accroche à un rocher, car elle a peur de mourir. Alors, si ce monde doit s’effondrer, qu’il en soit ainsi.

La fin est le commencement d’autre chose. Cela, je l’ai appris il y a quelques années lorsque mon monde s’est effondré. C’est pour cela que j’écris ces quelques lignes ce soir. C’est pour te donner un peu d’espoir. Ce putain de nouveau monde que l’on attend depuis des lustres, nous le reconstruirons pierre par pierre. Je serais là à tes côtés quoi qu’il arrive. Je serais là à mon tour pour te redonner l’espoir et la motivation. Je te raconterai tant d’histoires extraordinaires afin que tu puisses retrouver tes rêves. Je n’ai jamais abandonné, alors toi non plus n’abandonne pas. Raccroche à cette tête, ce sourire que j’aime tant regarder afin qu’il rallume cette lueur dans ton regard…

Texte et photo : ©Stéphane Lévêque – 12 novembre 2020

Jour 230 – Résilience

Une épreuve de force n’est jamais évidente. Afin de pouvoir la surmonter, il faut y être préparé. Hier soir, je donnais mon avis sur ma vision de ce deuxième acte du confinement et que nous pouvons alimenter le débat. Mais afin que le débat soit audible et surtout compréhensible, il faut qu’il en soit dégagé de toute rancœur. C’est pas évident, me direz-vous !

Ce n’est pas facile d’accepter tout cela. Surtout après tout ce temps et tous ces efforts que nous avons faits. Ces nouvelles règles que l’on nous impose paraissent à nos yeux tellement injustes. Le piège dans lequel il ne faut pas tomber, c’est celui de se mettre dans l’attente. L’attente attise la frustration, et donc provoque une surcharge émotionnelle. La situation de chacun est différente et faire la comparaison de chacun ne servirait absolument à rien. C’est compliqué pour tout le monde et nous sommes tous dans la même galère.

Comprendre la situation n’est pas évidente, surtout lorsque l’on est surchargé d’informations. Pourtant, c’est la première étape que j’ai dû faire. Observer, écouter et surtout me taire, c’est ce qui m’a permis de comprendre. J’avais la problématique sous mes yeux, j’en avais pleinement conscience, mais un truc me dérangeait encore et me mettait mal à l’aise. J’ai mis du temps à passer à la seconde étape. C’était pourtant enfantin, mais nous le savons tous, un adulte aime compliquer ce qui est simple. Je devais accepter cette situation…

C’est pas évident d’admettre la situation, de l’accueillir telle qu’elle est. C’est ce que j’ai dû faire afin de me sentir mieux. L’acceptation m’a permis de retrouver ma sérénité et surtout apaiser cette surcharge émotionnelle que j’imposais à moi-même. Hier encore, je vous écrivais que nul n’était coupable d’une pandémie mondiale. Cela ne sert à rien d’accuser les autres, de se monter les uns contre les autres et de se diviser inutilement. J’ai compris cela ce matin au volant de mon bus en attendant une mère de famille qui courait avec sa poussette et ses deux enfants, je réalisais alors que nous n’avions pas d’autre choix que d’admettre cette situation qui nous paraît si compliquée.

C’est ainsi que j’ai compris ce qu’était la résilience. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne signifie pas renoncer, mais résister et surtout rebondir. Notre résilience, c’est ce qui nous permet de résister aux chocs, à s’adapter à un nouvel environnement. Plus rien ne sera comme avant, nous le savons tous, et devant l’évolution, nous n’avons pas d’autre choix que celui d’avancer malgré le stress que nous vivons quotidiennement.

Ainsi, avec le cœur plus léger et les idées claires, je sais désormais que cette résilience va me permettre de traverser cette épreuve. J’accepte la situation telle qu’elle est, mais en aucun cas, je ne baisserais les bras…

©Stéphane Lévêque – 3 novembre 2020

Jour 229 – Liberté conditionnelle

C’est compliqué en ce moment, me direz-vous. Que l’on soit en activité ou non, seul, en couple, avec ou sans enfants, la situation que nous vivons en ce moment est loin de nous réjouir. Au premier confinement, on passait à l’heure d’été. Les jours grandissaient, la nature était en train de s’éveiller. Il y avait un virus qui circulait sur la planète et malgré la ruée dans les supermarchés, on avait un bon moral. Depuis, le temps est passé, on est sorti et nous avons profité de l’été. On avait chaud sous nos masques, le virus semblait être loin derrière nous, anéantit par la canicule. Mais nous nous trompions, celui-ci semble être revenu à temps pour la rentrée.

Quand je repense au temps où nous avions ni gel, ni masques, le danger était de partout, mais on s’en sortait plutôt bien. Mais depuis la rentrée, avec nos gestes barrières, il semblerait que l’on s’est construit des barricades. Où est passé l’unité sociale et ces grands idéaux que l’on nous vantait auparavant ? Depuis quelque temps, je me pose pas mal de questions. Afin de me préserver, j’ai coupé tout contact avec les médias afin de me préserver mentalement. Je garde toutefois le contact avec une lecture en diagonale avec les grandes lignes afin de me mettre à jour, mais le peu que je peux y lire n’aide pas vraiment. Les professeurs se font décapiter, les prêtres se font tirer dessus quand des dingues ne rentrent pas dans les églises pour y déchaîner leurs haines. Quand je lis tout ceci, je me dis que ce monde est devenu fou et que cette crise sanitaire ne fait qu’amplifier nos vieux démons.

Qui peut rester sain d’esprit en portant un masque à longueur de temps ? Et puis, comment peut-on surtout rester sain d’esprit quand on nous supprime peu à peu tout ce qui pouvait nous aérer la tête ? Les concerts, les festivals ont été annulés, puis il y eut le couvre-feu, la fermeture des établissements de nuits, des cinémas, des théâtres. Et puis, il y eut cette annonce mercredi dernier, ce reconfinement…

Depuis nos petits commerces sont en sursis et j’ai la terrible impression d’être en liberté conditionnelle… Pas le droit de sortir, si ce n’est pour aller au travail, à l’école, chez le médecin ou pour un impératif administratif. Cette ambiance, cela ne fait rêver personne. Surtout en plein mois de novembre où la grisaille s’installe avec son changement d’heure qui semble remettre les pendules à l’heure. En effet, c’est plutôt compliqué pour tout le monde…

Malgré tout cela, je fais acte de résistance. Je ne jugerais personne, ne condamnerais pas non plus. Je continuerais à ne pas faire de différence, malgré les tristes mines que je devine sous ces masques. Dans cette histoire, nous ne sommes coupables de rien. Nous n’avons rien à nous reprocher, nous avons fait de notre mieux depuis ce mois de mars et nous pouvons relever fièrement la tête. Car oui, les amis, notre devoir en ce moment est de reprendre haut et fort le débat afin que l’on retrouve notre liberté…

Texte et Illustration : ©Stéphane Lévêque – 2 novembre 2020

Jour 206 – Expression

Il ne faut pas s’en vouloir d’exprimer ce que l’on ressent. Cela fait parti de nous et enfermer des choses ne fait que nous enfermer sur nous-même. L’expression est un besoin simple et tout à fait naturel. Il ne faut pas en rougir.

Parfois, cela peut sembler compliqué de le faire. Mais en fait, si on ne le fait pas par peur de blesser les autres, on se fait surtout du mal à soi-même. Si on ne s’exprime pas, cela signifierait que l’on se contient et que l’on ne peut pas être qui on est sincèrement.

L’expression est une chose difficile à apprendre. Cela fait partie de notre apprentissage dans notre quête intérieure. Cela permet également de dire ce que l’on veut mais aussi ce que l’on ne veut plus dans nos vies. Alors, à une époque aussi compliquée que celle que nous vivons actuellement, devoir porter un masque continuellement, on peut avoir la sensation de se sentir bridé dans notre expression.

Le masque peut aisément s’assimiler à une muselière que l’on nous impose. Mais il est un fait indéniable : « On ne peut rien s’imposer à soi-même, ni aux autres » Seule la loi peut faire cela et celle-ci permet de nous réguler afin de créer un « vivre ensemble » plus ou moins agréable.

Cela peut se comprendre qu’avec un masque on peut avoir la sensation d’étouffer et que s’exprimer devient alors un acte libérateur. On se retrouve certainement plus francs dans nos échanges, nous mettant ainsi à nus mais nous rendant également libres et honnêtes. Ainsi, nous refusons ce qui ne nous correspond pas, mais acceptant aussi ce qui nous fait plaisir.

Ces petits moments qui nous font sourire prennent alors toute leurs valeurs. Nous prenons alors conscience que ce sont eux qui construisent nos vies et surtout notre bonheur. Celui-ci se vit à la bonne heure. Et même si ces instants peuvent sembler rares, il ne tient qu’a nous de les accepter mais surtout de les apprécier…

Texte et illustration :©Stéphane Lévêque – 10 octobre 2020

Jour 196 — Métamorphose

Il faut bien avouer que l’époque que nous vivons est loin d’être glamour. On aurait pu espérer mieux. Le spectre du virus est encore bien présent ainsi que la paranoïa qui va avec. Tout se ferme, restaurants, salle de sport, les concerts s’annulent les uns après les autres et le masque devient pour certain de plus en plus lourd à porter. L’ambiance qu’il règne ne fait pas rêver…

Sans être confiné, sortir le soir ou voyager devient impensable, car les portes des établissements sont closes par les décisions gouvernementales. Cela est très frustrant, l’envie est là, mais pour causes de raisons sanitaires, la liberté prend le goût amer de l’interdit.

Le trauma du confinement est encore là, bien présent en chacun de nous. Cette épreuve, nous l’avons tous vécu et nous ne l’avons pas vécu de la même façon. Cet isolement fut un révélateur pour nous tous. Il nous a révélé qui nous étions, ce que nous voulions réellement et surtout vers où nous désirions aller.

Lentement, la chrysalide nous a bouleversé en changeant nos habitudes. Sans en avoir conscience, nous nous sommes transformé, allant vers ce que nous voulions être. Pour ma part, la métamorphose fut redoutable. Il y eut les changements dans ma façon de voir le monde, dans ma façon d’être avec les autres, et puis dans la relation que j’avais avec moi-même…

On m’a dit souvent qu’il ne fallait pas que je m’oublie. Je ne savais pas ce que cela voulait dire réellement. J’ai si souvent donné de ma personne en écoutant leurs problèmes, à les conseiller, que ce soit dans ma vie personnelle, professionnelle ou associative, j’ai tout donné aux autres qu’il ne me restait plus rien. A force de penser aux autres, je m’étais complètement oublié. Je comblais un vide par des occupations que je ne faisais même pas pour moi.

Cela peut sembler égoïste de ma part, surtout à une époque où l’on a besoin de resserrer les liens qui nous unis. Mais, penser à moi afin de ne plus m’oublier, j’en ai besoin en ce moment. Bien sûr, comme vous tous, je suis limité dans les actions que je voudrais faire. J’aimerais sortir, voyager, retourner en salle de sport, mais tout se ferme peu à peu avec cette crise sanitaire qui dévie progressivement en une crise psychologique.

N’ayant pas d’autres choix que de prendre mon mal en patience, je continue progressivement ma métamorphose. CV, compte Linkedin, envoi de candidatures et consultation d’organisme de formation afin de me réorienter professionnellement. De l’autre côté, j’ai repris l’écriture ainsi que le dessin afin que l’artiste puisse s’exprimer plus librement. Et puis, il y a ce projet qui me tient à cœur depuis des années que je suis en train de réaliser : celui de ma propre société. Depuis le temps que je fabrique mes propres encres, que j’écris ou photographie pour les autres, il est temps pour moi que je récolte le fruit de mon travail. De plus, mes encres commencent à se faire connaître progressivement via mon réseau qui s’étend désormais jusqu’au marché de la création lyonnais où bon nombre d’artistes ont pignon sur rue.

Ce temps qui m’est offert est une belle occasion afin de mettre en œuvre mes projets. En attendant que ceux-ci se réalisent, la métamorphose continue. Vers où je vais réellement, je l’ignore. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est que je vais vers une version améliorée de moi-même et enfin devenir celui que je suis réellement…

©Stéphane Lvq – 30 septembre 2020

Unlimited

L’existence n’est qu’une succession de hauts et de bas. Tous autant que nous sommes, malgré nos vies différentes, vivons cette vague perpétuelle. Nous aimons tous ces moments quand on sent le courant ascendant qui nous pousse plus loin, plus haut. C’est une sensation grisante et qui nous donne encore plus de force et d’énergie. Et puis, il y a ces courants qui nous tirent vers le bas, et qui nous donnent l’impression que l’on va boire la tasse et que l’on va se laisser engloutir dans les profondeurs.

La vie est un sport intense. Cela ressemble à du surf et nous ne sommes pas tous préparés de la même façon afin de pouvoir traverser cet océan. Nous n’avons pas le même patrimoine, ni la même connaissance et encore moins les mêmes aptitudes. Ces différences font que nous apprenons à relever la tête hors de l’eau plus ou moins rapidement afin de reprendre notre voyage.

On a tous connu cette sensation désagréable quand on a l’impression d’avoir la tête sous l’eau et que l’on va se noyer. Et nous réagissons tous différemment. Il y a ceux qui se laissent couler, ceux qui tentent de nager à contre-courant, ceux qui restent nostalgiques des moments où la traversée était plus clémente, ceux qui restent paralysés par les mauvais souvenirs ou par l’angoisse de ce qu’il va se passer plus tard.

Nous avons tous le choix. Nous avons tous ce libre-arbitre qui nous permet de prendre nos propres décisions. Mais bien souvent nous sommes handicapés par ces peurs qui nous limite et ne nous permet pas d’avoir cette souplesse et cette agilité qui nous permettrait de surfer plus aisément. Nos angoisses délimitent nos propres frontières et nous empêche d’aller vers de nouveaux espaces où les courants pourraient être plus faciles. Bien souvent, on se dit que ces eaux plus limpides ne sont pas pour nous, qu’elles restent réservées à d’autres qui sont bien plus doués que nous, qui ont plus de temps ou moins de charges. Nous trouvons cela injuste et les peurs s’alourdissent encore plus avec des sentiments de colère ou de tristesse.

Et puis, arrive ce jour où nous coulons plus profondément que d’habitude. Toute notre vie défile sous nos yeux. Une vie entière d’effort, d’expérience, d’acharnement afin de se maintenir la tête hors de l’eau. Plombés par nos noirceurs, on a la sensation de sombrer encore plus profondément. Alors, comme un geste d’amour que l’on fait pour soi-même, on décide de lâcher ce lest qui va nous entraîner plus profondément. Le cordon une fois coupé, la remontée se fait plus facile. Rapidement, on retrouve la lumière ainsi qu’une bouffée d’air frais qui nous fait un bien fou. Notre planche de surf à côté de nous, on décide de reprendre ce sport de glisse qu’est notre existence.

Mais là, une chose a changé. Délesté de nos peurs et nos angoisses, on se découvre plus de fluidité, plus de souplesse. La glisse se fait plus précise et surtout plus rapide. Le regard ne se porte plus ni sur le passé ou le futur. Simplement appréciant le moment présent, sans l’attendre. Plus de frustrations, plus de peurs, il n’y a alors plus de limites. Alors, à ce moment-là, la lumière réchauffe notre corps, le vent nous donne un nouveau souffle, et ces nouvelles énergies donnent l’envie d’aller plus loin, plus haut, même si de nouvelles vagues descendantes arriveront. Cette agilité et cette souplesse que l’on a gagné nous permettra de mieux les appréhender. Et le regard plein de lumière, porté sur de nouveaux horizons, on se dit à soi-même : « Qu’il est bon de te retrouver ! »

©Stéphane Lévêque – 20 septembre 2020

Photo: usatoday.com

Jour 151 – Les jours d’après…

Le temps du confinement semble loin, mais si proche également. Depuis le 11 mai, jour de notre liberté conditionnelle, la menace d’une rechute plane au-dessus de nos existences comme un vieux fantôme. Nos bonnes vieilles peurs ressurgissent et nous repoussent dans nos retranchements. Rentrer dans les cases, ne pas dépasser le trait, ne pas oublier de se laver les mains et surtout porter ce masque afin que ton sourire ne soit pas contagieux. C’est mal d’être heureux quand il y a une pandémie qui risque d’anéantir l’économie de ton pays. Alors, il faut suivre les rangs, afin que l’on soit bien gentil, que l’on ne pense pas trop, alors on nous addicte, car une personne addictée est une personne à dicter.

Rien de plus facile que de manipuler par la peur, éreinté par la chaleur de la liberté conditionnelle estivale. Gel, masque et canicule, voici bien là le cocktail de ces dernières semaines. Au loin, septembre se profile avec sa sempiternelle rentrée, du retour à la normale. Mais on oublie que cette année est tout sauf normale et heureusement.

Souviens-toi qu’avant le mois de mars, nous vivions dans une société à bout de souffle. Plombé par la misère, l’injustice, nous vivions dans l’indifférence. Et puis, il y eut cet instant où la vie dans les rues se sont arrêté, les ruées dans les supermarchés, cet engouement soudain pour le papier toilette, le bal des ambulances, les urgences saturées, le manque de respirateurs et tous ces héros du quotidien jadis invisibles qui se faisaient applaudir tous les soirs à 20H.

Puis les fauves furent lâchés dans cette jungle urbaine. Nous avons vu les masques jetés à terre, des conducteurs de bus agressés, des jeunes filles écrasées, l’incivilité et la violence dans leurs plus grandes splendeurs. Ce monde a-t-il changé ? Bien sûr que non. Notre société est restée la même, ce n’est que notre vision qui a évolué. J’aime à penser que nous n’avons plus l’envie de rester indifférent à ce qu’il se passe autour de nous. Le commun devient « comme un » afin que la distance nous permette de comprendre le sens de l’unité.

Ce monde d’après que nous attendions n’est pas encore arrivé. Le téléchargement du nouveau logiciel va prendre un peu plus de temps que prévu. D’ailleurs, je doute fort que le programme que l’on nous propose soit au goût de tous et surtout que l’on se mette d’accord sur celui-ci.

Ce Covid, c’était mon troisième apocalypse que je vivais après celui du bug de l’an 2000 et celui des Mayas qui n’osent plus venir nous vendre leurs calendriers. Alors, afin de vivre pleinement ce monde d’après, je dépose mon armure, mes armes et mon bouclier afin de reprendre mes pinceaux, et surtout l’écriture. Je vous laisse les préoccupations de l’après qui n’est pas encore arrivé et qui en passionne plus d’un.

Pour ma part, je garde auprès de moi l’instant présent. Je vous laisse également le passé et proclame ma liberté absolue. Et pour toi qui lis ces quelques lignes, je laisse ici une porte entrouverte si tu veux venir t’échapper avec moi et enfin s’autoriser ce qui auparavant nous semblait dément, se foutre de ce monde qui lui est complètement fou…

Texte, dessin et photo : ©Stéphane Lévêque – 16 août 2020

Jour 47 – Beltane

Jour 47,

C’est sous un ciel pluvieux qu’une page du calendrier vient de se tourner. C’est le mois de mai qui commence, et avec lui, les promesses de jours meilleurs semble l’accompagner. Pour nombreux d’entre vous, le premier mai, c’est la fête du travail et le brin du muguet que l’on offre afin de porter chance. Mais, ce jour est lui aussi issu de l’éphéméride celte que j’effeuille et vous dévoile peu à peu au fil du temps.

Aujourd’hui, c’est Beltane (ou Beltaine). C’est l’instant qui marque la fin de la saison sombre et le commencement de la saison claire. Ce nom vient des feux de Belenos (connu également sous les pseudonymes d’Apollon, Phoebus, Hélios, Hyperion et bien d’autres…) qui étaient célébré lors de la première pleine lune de mai (cette année, c’est le 7 mai).

La tradition voulait qu’à cette époque, que les Druides allument des feux qui avaient des vertus sacrées et surtout purificatrices. Les hommes y faisaient passer, entre ces feux, leurs bétails afin que ceux-ci soient protégés des épidémies. Bien sûr, certains de ces animaux étaient sacrifiés puis donnés en offrandes aux dieux afin que la saison soit sous de bons auspices. Un mât orné de rubans y était planté dans le sol, chacun y dansant autour, puis sautant au-dessus du feu afin d’obtenir les faveurs de protection mais également de fertilité.

Cette période qui débutait marquait le début des activités pour les hommes. Les fermiers pouvaient cultiver leurs champs et faire paître leurs bétails. Les chasseurs retournaient dans les forêts pour chasser le gibier et les guerriers reprenaient le chemin des champs de bataille afin de conquérir de nouveaux territoires.

Mais un rituel de l’époque se démarque en cette période très particulière. Dans l’initiation druidique, les futurs druides vivaient un rituel d’enfermement. Enfermés, plusieurs jours, dans des chambres souterraines, que l’on assimile généralement à des dolmens. Ceux-ci en ressortaient pour ce moment précis. Les nouveaux druides pourraient ensuite à leurs tours allumer les feux de Beltane et ainsi faire perdurer cette tradition.

Le calendrier Celte suivait les mouvements du soleil et de la lune. Aujourd’hui, pour des raisons pratiques du calendrier Grégorien, puis Républicain, suivant uniquement les mouvements solaires, la date du 1er mai fut fixée. Cette fête perdit sa connotation sacrée pour devenir celle que l’on connaît aujourd’hui.

Pourtant, dans les temps jadis, cette fête était le symbole de la renaissance. La saison allait durer six mois, jusqu’aux célébrations de Samain (ou Samhain), fête qui est appelée Halloween par ceux qui ont oublié la Toussaint…

Je vous souhaite une belle renaissance, ainsi qu’un bon passage dans la saison claire.

Texte : ©Stéphane Lévêque – 1er mai 2020

Jour 42 – La soif de l’or

Jour 42,

En ce moment, où notre société de consommation semble s’effondrer, assis sur mon canapé, je n’ai pas besoin d’allumer ma télévision. En surfant simplement sur les réseaux sociaux et internet, j’assiste à la foire d’empoigne économique et virtuelle. Les économistes font leurs analyses et leurs prédictions, la vente en ligne coule actuellement des jours heureux, les cagnottes afin d’aider les commerces fleurissent un peu partout et une nouvelle forme commerciale commence à se développer.

Le marketing de réseau, c’est un terme barbare que j’ai découvert depuis peu. La première fois que l’on m’en a parlé, je suis resté sceptique. Le principe était de me parrainer afin que je découvre des produits et que je devienne moi-même consommateur. À partir de là, j’entrai dans la structure. La personne m’ayant parrainé était récompensée, et à mon tour en parrainant, j’étais récompensé. Prime, intéressement sur les transactions directes mais également sur les ventes de nos filleuls, le système semblait complexe et surtout lucratif.

En voyant, cela, je me suis offusqué. Dans ce principe de fonctionnement, je ne voyais qu’un système pyramidal, alimenté par la base qui effectue ses achats et ses ventes, récompensé par un ruissellement qui vient du sommet. Si au départ, je voyais cela comme une arnaque, je comprenais également la stratégie d’une firme américaine qui voulait vendre et surtout développer à l’international ses produits cosmétiques et bien-être. Mais nous ne sommes pas dans une période normale, nous sommes au cœur d’une anomalie temporelle. Le pétrole s’est effondré, les frontières se sont refermées, les dettes sont en train d’exploser, l’offre et la demande s’étant modifiée, une grande question déontologique se pose.

Un bouleversement inédit s’annonce à l’horizon, chaque pays renfermé sur lui-même, fera primer les produits fabriqués sur son territoire. De plus, avec une telle crise, la consommation s’orientera sur la première nécessité. Les deux premiers échelons de la pyramide de Maslow (Voir article précédent) sont les besoins de se nourrir et d’assurer sa protection. Si on peut condamner ce fonctionnement d’un point de vue éthique, si on se met à la place du chef d’entreprise, l’instinct de survie commercial se comprend. Vouloir continuer de produire, de vendre, de créer des emplois, c’est le credo d’un entrepreneur et cela je peux se comprendre.

Hier, j’ai été démarché de la même façon, sur un autre produit, concernant cette fois-ci le secteur du tourisme. Dans les grandes lignes, j’ai reconnu le même principe, le parrainage, un système de points. Bref… Le même schéma ! Mais en écrivant ces quelques lignes, j’arrive à saisir ce qui se dessine à l’horizon. Une guerre ni chaude, ni froide entre l’Amérique, l’Asie et l’Europe. C’est le principe du triangle de Karpman (persécuteur, victime et sauveur) qui se prépare pour les prochains mois. Qui sera le Bon ? Qui sera la Brute ? Qui sera le Truand ? Devant un tel spectacle, la Russie, l’Angleterre et le reste du monde arbitreront ce duel à trois qui risque d’être très cruel…

Texte : ©Stéphane Lévêque – 26 avril 2020

Illustration : Le bon, la brute et le truand – Sergio Leone