Les règles du « Je » – Mythique

A peine que le bateau des trois femmes quitta les côtes qu’elles aperçurent au loin les hommes d’Astaroth qui hurlaient en regardant dans leur direction.

— Il était moins une, soupira Diablesse soulagée d’avoir quitté ces lieux.

Bonnie lui adressa un sourire compatissant et s’approcha d’elle pour une donner un peu de réconfort. Celle qui s’était vu offrir la dame de pique était d’un naturel très empathique, elle comprenait ce que la démone pouvait ressentir. Avoir vécu en enfer tout le long de sa vie, puis arriver enfin à s’échapper, cela était une émotion intense. Bonnie s’approcha du visage de Diablesse, une larme coulait le long de sa joue. Bonnie l’essuya avec son pouce puis la prit dans ses bras.

— Ne t’inquiète pas ! Cela va bien se passer, on est en sécurité et on ne reviendra plus jamais ici.

Diablesse répondit d’un hochement de tête ainsi que d’une esquisse de sourire.

— Tu fais partie du jeu, ajouta sèchement Sakura qui regardait l’horizon.

— Quel est ce jeu ? Demanda Bonnie. Est-ce que tu en sais plus ?

— Je l’ignore, reprit solennellement Sakura. Clyde est vrai mystère pour moi.

Diablesse et Bonnie pouffèrent de rire.

— C’est bien vrai, annonça Bonnie. Plus je m’avance dans cette aventure avec vous et plus j’ai l’impression que nous avons connu un homme différent. Sakura, comment l’as-tu rencontré ?

Sakura pris une longue inspiration puis, le regard toujours porté vers l’horizon, commença son récit.

— Je l’ai rencontré dans les îles mythiques.

— Les îles mythiques ? Demanda Diablesse. Qu’est-ce que c’est ?

— Ce sont les îles qui sont plus loin au large. Elles sont situées entre le paradis et l’enfer. Certaines légendes racontent que ces lieux sont propices aux rencontres. Je m’y étais installé après le départ de mon époux. Un soir, un bateau a accosté sur mon île. C’est là que je l’ai rencontré. Je pensais au départ que c’était mon mari qui était revenu, mais je me suis bloquée en me rendant compte que c’était un autre homme. Cependant, je me suis rendu compte que cet homme n’était pas mauvais. Bien qu’il ne soit pas resté longtemps, il est devenu un ami sincère. Avant de partir, il m’a donné ces trois cartes et les coordonnées afin que je puisse vous retrouver. Il m’a indiqué une autre île où nous pouvons faire escale. Il m’a parlé d’une vieille amie, Nilüfer, qui pourra nous aider et nous permettre de mieux comprendre.

— Est-ce celle qui possède la dame de carreau ? Demanda Diablesse

— Je l’ignore, ajouta Sakura.

— Monsieur, elles nous ont échappé.

Le pauvre garde qui annonça cela reçu un coup de poing magistral qui le projeta au sol. Puis, tout en continuant de déchaîner sa colère, Astaroth lui asséna de violents coups de pieds. Après quelques minutes, le corps ensanglanté du malheureux semblait inerte. Le général approcha la main de son visage, il ressentait encore une faible respiration. Celui-ci lui donna un dernier coup de pied dans le ventre. L’homme cracha un mélange de salive et sang.

— Je ne t’accorderais pas le plaisir de la mort, lui dit-il. Emmenez-le et balancez-le dans la fosse. À cause de son incompétence, je n’ai plus aucun moyen de pression sur Clyde.

Le général regarda deux de ses hommes emmener le corps du pauvre homme sur lequel il venait de se défouler.

— Je vais devoir aller rendre compte auprès de Lucifer. Autant vous dire que je vais en prendre moi aussi pour mon grade.

Les gardes qui étaient restés n’osaient rien dire, par peur de déclencher la colère de leur chef. Astaroth observait au loin le navire des trois femmes qui disparaissait dans les brumes. Elles venaient de passer la frontière. Derrière les brumes, se trouvait les fameuses îles mythiques. Mais il ne pouvait s’y rendre librement sans déclencher une guerre, car ce territoire était une zone neutre. Partagées entre l’enfer et le paradis, ces îles étaient devenues au fil du temps une zone neutre que chacun des camps respectait scrupuleusement. De plus, ne pouvant s’y rendre par la mer, seule la voie aérienne était possible. Le problème était que seuls les démons des huitièmes et neuvièmes cercles disposaient du pouvoir de s’envoler, ce qui réduisait considérablement le nombres de personnes pouvant aller à la recherche de Clyde et de ses deux complices. Seule une alliance entre les deux camps permettrait d’effectuer les recherches sans déclencher de conflit et de disposer du nombre nécessaire afin d’aller à la poursuite du fugitif.

Cela faisait plusieurs heures que Clyde était parti et la nuit commençait à tomber. Pendant qu’Astaroth se dirigeait vers la salle du conseil afin de rendre compte de la situation à Lucifer, le bateau des trois femmes s’approchait d’une île. Sakura manœuvrait le bateau afin d’accoster, tandis que Bonnie et Diablesse regardaient faire celle qui avait reçu la dame de trèfle. Sakura était agile et maniait la barre avec perfection.

— Où as-tu appris à naviguer ? Demandèrent les deux femmes.

— C’est mon mari qui me l’a appris. Il voulait que j’apprenne moi aussi au cas où.

— Et où est ton mari ? Pourquoi est-il parti ? Redemanda Bonnie.

— Son cœur, soupira Sakura. Celui-ci s’est arrêté soudainement. Son âme est partie dans un autre monde.

Sakura manœuvra une dernière fois la voile. Puis s’approcha de la proue du navire. Elle lança la corde afin d’arrimer l’embarcation. Les trois femmes descendirent du bateau. L’île ressemblait un peu à celle qu’elles avaient quitté, mais le climat était différent. Plus doux, plus chaleureux, il y avait ici une certaine douceur qui réconfortait les trois femmes.

Ce fut Diablesse qui vit en premier des pierres disposées dans le sable et qui semblait baliser un chemin. Les trois femmes décidèrent de le suivre, tout en restant sur leurs gardes.

— C’est l’île que Clyde m’a indiqué. On ne devrait rien craindre, avait dit Sakura avant que le brelan de dame ne s’engage sur le chemin.

Au bout de quelques minutes, elles aperçurent une habitation au loin. C’était une jolie petite maison blanche avec des colonnades, le style était sobre mais semblait tout de même luxueux. Au fur et à mesure que le brelan de dame s’approchait, elles distinguèrent le jardin qui était bien entretenu. Un feu brûlait au milieu de la cour. Une femme était assise en tailleur devant celui-ci. Elle se leva soudainement. Les trois femmes sortirent de la pénombre et s’approchèrent d’elle. On aurait dit une déesse grecque, ses cheveux noirs contrastaient avec sa robe blanche et sa ceinture d’or. Son visage rayonnant empêchait toute personne de lui donner un âge et lui donnait l’impression qu’elle était immortelle.

— Vous êtes Nilüfer ? Demanda Bonnie.

La femme plissa les yeux et se mit à sourire.

— Oui, c’est bien moi. Qui êtes-vous ? Et qui vous a dit mon nom ?

Les trois femmes se présentèrent à tour de rôle, mais quand elles prononcèrent le nom de Clyde, Nilüfer semblait surprise.

— Je ne connais pas ce Clyde. Il doit y avoir une erreur.

Nilüfer les invita à s’asseoir avec elle autour du feu. Elle leur offrit en guise de bienvenue une tasse d’une infusion qui semblait avoir le goût de miel. La chaleur et le goût du breuvage les réconfortait. Diablesse et Bonnie racontèrent leurs histoires, comment elles avaient rencontré Clyde ainsi que son évasion. Nilüfer semblait intriguée, cette histoire lui était familière, elle avait envie de leur dire mais préférait écouter ce que ces femmes racontaient. Sakura raconta également sa rencontre avec Clyde.

— Il m’a dit de vous montrer cela, termina Sakura. Il m’a dit que vous comprendriez.

Sakura sortit de sa poche la dame de trèfle. Bonnie et Diablesse montrèrent à leur tour la dame de pique et la dame de cœur. Le regard de Nilüfer s’illumina en voyant les trois cartes. Elle savait qui était enfin ce Clyde.

— Il est de retour ! S’exclama Nilüfer. Vous le connaissez sous le nom de Clyde, nous le connaissons sous un autre nom, celui d’Esteban.

— Esteban ? S’étonna Sakura. Pourquoi nous a-t-il donné un autre nom ?

Nilüfer posa sa main sur celle de Sakura afin de la rassurer.

— Esteban, Clyde, qu’importe le nom qu’il utilise est loin d’être néfaste. Bien au contraire ! Je vois ce qu’il veut faire. Il veut réunir les deux jeux.

— Les deux jeux ? S’étonna Bonnie. Qu’est-ce que vous voulez dire ? Il y a d’autres dames de cœur, de trèfle ou de pique ?

— Non, répondit Nilüfer. C’est un jeu différent. C’est celui qu’il a parcouru la première fois et qui l’a fait devenir ce qu’il est devenu.

Le visage des trois femmes s’étonnèrent de surprise quand Nilüfer sortit la carte que Clyde lui avait donné. C’était effectivement un autre jeu, les cartes étaient plus allongée et les personnages différents. Nilüfer possédait la carte de l’Impératrice. Et sur le dos de celle-ci était marquée également une inscription.

« Règle n°12 : Rassembler afin de ne pas se disperser »

©Stéphane Lvq – 17 janvier 2021

Les règles du « Je » — Le brelan de dame

L’arrivée d’Astaroth et de ses hommes n’était pas passée inaperçue. Tous ceux qui travaillaient sur le port s’arrêtèrent soudainement. Le général des armées était connu pour ses méthodes considérées comme un peu trop brutales, mais ici sur le port, celui-ci n’avait aucune autorité, car ce lieu était sous celle de Charron.

Charron était le premier passeur de l’histoire, celui-ci transportait les âmes des défunts le long du Styx. Afin de payer le passage, il se faisait payer d’une pièce de monnaie. Très rapidement, Charron, ayant le monopole, amassa une petite fortune. Il fit construire d’autres bateaux et embaucha du personnel. Son affaire prit pas mal d’importance, le capital de son entreprise devint si important qu’il avait réussi à faire du port un lieu neutre où seule son autorité prévalait. Ses hommes le savaient très bien et il n’était pas rare quand une autorité d’une autre zone venait sur les lieux qu’elle se faisait un peu malmener par les dockers et les navigateurs.

Le général n’aimait pas venir ici. La diplomatie, c’était pas vraiment son truc et puis, ces enfoirés pouvaient se mettre en grève si on leur parlait mal. C’est pour cela qu’il n’était pas venu avec la totalité de ses hommes, seule sa garde personnelle était restée auprès de lui. Astaroth marchait lentement marchant droit devant lui en évitant de croiser les regards du personnel qui pouvait profiter d’un regard de travers pour déclencher une altercation qui se prolongerait sur un arrêt de la production.

La silhouette squelettique de Charron se reconnaissait entre mille, elle contrastait avec l’imposante carrure d’Astaroth. Le passeur en chef ne craignait pas le général. D’ailleurs, il ne craignait personne, il n’avait pas besoin de la force pour se faire respecter, car il suffisait qu’il donne l’ordre d’arrêter toutes activités pour causer de sérieux problèmes de ravitaillement. Charron, le sourire aux lèvres, s’amusait de voir les hauts dirigeants lorsqu’ils venaient le voir. Les voir ainsi mal à l’aise, ayant peur que la situation dégénère, ils semblaient si vulnérables.

— Qu’est-ce que tu viens faire ici ? Demanda Charron sur un ton ironique. Tu n’as pas l’air d’être à ton aise.

Le général fit une grimace puis grommela.

— T’es toujours obligé d’en rajouter ? Tu sais bien que l’on n’aime pas venir ici, et tu sais bien pourquoi. Nos patrons n’aiment pas trop quand tes gars se mettent en grève. Vous nous mettez à chaque fois un bordel sans nom.

— Alors, si vous n’aimez pas venir ici. Pourquoi es-tu venu ?

— Je suis venu questionner un de tes gars. Tu sais qu’il te manque un des navires de ta flotte.

Charron ne semblait pas surpris.

— Oui, je le sais très bien.

Astaroth resta dubitatif, il pensait qu’il allait surprendre le passeur en chef.

— On a eu une évasion il y a quelques heures. Il a été aidé et il a pris la fuite grâce à l’un de tes hommes. On veut simplement lui poser des questions.

— Oui, j’avais bien compris. Répondit Charron en restant impassible. Mais tu ne questionneras pas mes gars. Ici, tout passe par moi. C’est moi qui gère les affaires, pas mes gars.

— Donc, si quelqu’un désire un bateau, il passe par toi ?

— Oui. Et si tu veux m’arrêter, tu ne peux même pas. T’as aucune autorité ici. J’ai effectivement un bateau en moins depuis quelques heures. Je le sais et je sais qui l’utilise en ce moment, déclara le passeur sans sourcilier.

— Ça te ne dérange pas d’aider un fugitif aussi dangereux ? Demanda Astaroth. Tu sais que je peux revenir avec plus d’hommes ?

— Oui, je sais que tu le peux. Mais cela déclencherait l’arrêt des transports, car mes gars arrêteraient le travail. Cela provoquerait un sacré merdier, et une fois de plus, je pourrais imposer mes conditions. Je serais relâché et tu pourrais même me lécher le cul que je ne répondrais à aucune de tes questions.

Astaroth avait envie de jurer, mais celui se retint. Il n’avait pas envie que Charron se bloque.

— Alors, Astaroth ? Que veux-tu ?

— À qui t’a vendu le bateau ?

— Je ne l’ai pas vendu. Je l’ai donné…

— Pardon ? S’étonna le général. Toi, Charron ? Tu as donné un de tes bateaux.

— Oui. Je n’avais pas le choix. Une femme est venue hier. Tu sais qui elle est ?

— Tu parles de Bonnie ?

— Oui, répondit Charron. Elle est venue me demander un navire. Elle a invoqué un vieux service que je devais à Clyde.

— Tu devais un service ? Toi ? T’es sérieux ?

— Oui. Rétorqua le passeur le visage visiblement gêné.

— Dis-moi en plus.

— Je ne peux pas. C’est trop gênant.

— Promis, je ne dirais rien. Tu as ma parole.

— Que vaut la parole d’un démon. Qu’aurais-je droit en retour ? Je n’ai pas envie de te devoir un service.

Astaroth regarda le passeur, puis hocha la tête.

— Nous serons quittes. Je ne dirais rien et toi, tu m’expliques pourquoi tu lui devais un service.

— J’ai perdu mon bateau au jeu. Déclara Charron en baissant la tête. C’était il y a très longtemps. J’avais perdu pas mal d’argent, j’avais voulu me refaire et j’avais misé un bateau et je l’ai perdu.

Astaroth fit une grimace.

— Je lui devais ce bateau, ajouta le passeur. Bonnie est venue réclamer ma dette. Je suis quitte désormais.

Le général ne savait pas trop quoi répondre. Il y avait une chose qu’il n’arrivait pas trop à comprendre. Quand est-ce que Charron avait perdu son bateau. Clyde était enfermé depuis si longtemps.

— Charron, demanda Astaroth. Il y a un truc que je n’arrive pas à comprendre. Depuis quand tu dois ce bateau ? Clyde était enfermé depuis la nuit des temps. Comment as-tu pu le rencontrer ?

Le passeur inspira longuement avant de répondre.

— C’était lors de sa première évasion…

Astaroth écarquilla les yeux de surprise.

— Pardon ?

— Oui, Asta. Clyde s’est déjà échappé. Plusieurs fois même…

— Comment ça plusieurs fois ? S’étonna le général.

— Les autres fois, vous ne vous en étiez pas rendu compte. Il est revenu de lui-même à chaque fois. C’est là où ce vieux roublard est redoutable. Cette fois-ci, il voulait que vous vous en rendiez compte.

— Mais comment fait-il pour s’échapper à chaque fois ?

— Il vient me demander un bateau, répondit Charron.

— Putain, mais t’as perdu combien de bateaux ? S’exclama Astaroth.

— La totalité de ma flotte, répondit tristement le passeur. Il avait une main redoutable, je m’en souviens encore très bien. Il m’a sorti un brelan de dame, puis il a posé la dame de carreau et ensuite un joker…

Pendant ce temps-là, Diablesse et Bonnie se dirigeait en direction de la falaise. Toutes les deux étaient restées étonnées du message que Clyde avait laissé dans la grotte.

— Comment as-tu connu Clyde ? Demanda Bonnie. Vous avez l’air d’être proches tous les deux.

Diablesse regarda Bonnie avec un grand sourire compatissant.

— Sa cellule était à côté de la mienne. Nous discutions souvent ensemble. Et puis, quand j’ai été libérée, je venais le voir régulièrement. Cet homme à un truc que je n’arrive pas à saisir. Bien qu’il était enfermé, il savait rester zen en toute circonstance.

Bonnie répondit d’un sourire. Son regard se porta sur celui de Diablesse qui plissait les yeux et laissait refléter une certaine lumière. Les deux femmes ne se connaissaient que depuis peu. La démone était venue la chercher pour l’emmener sur cette île. Bonnie n’avait pas trop posé de questions, trop heureuse de retrouver Clyde.

— Je reconnais bien là mon Clyde. Rien ne semble le perturber. Mais pourquoi l’as-tu aidé à s’échapper ? Tu n’étais pas obligée ?

— Effectivement, je n’étais pas obligée. Mais, je me doute que tu connais son pouvoir de persuasion.

— Oh ! Que oui ! S’exclama Bonnie.

— Et toi ? Comment as-tu fait sa connaissance ? Vous devez cous connaître depuis longtemps.

Bonnie inspira afin de reprendre son souffle, la marche soutenue l’essoufflait légèrement.

— C’était une autre vie, une époque mythique. Lorsque je l’ai vu pour la première fois, cela me semblait être une évidence. Puis, on a été séparé et beaucoup de choses ont changé entre nous. Malgré tout, je n’arrive pas à couper le lien que j’ai avec lui et je ne comprends pas. D’ailleurs, pour te faire une confidence, j’ai l’impression qu’il voulait depuis le départ que l’on fasse équipe toutes les deux.

— Ah ? Toi aussi ? J’ai également cette impression. Mais je ne peux l’expliquer non plus.

Les deux femmes stoppèrent leur marche. Elles arrivaient vers la falaise. Le bateau était là, mais il y avait une silhouette qui se tenait tout près. Les deux femmes avancèrent prudemment. La silhouette se tourna en leur direction, c’était une femme portant une robe blanche qui semblait flotter dans les airs. Elle allait à leur rencontre, laissant apparaître peu à peu sa chevelure rousse et son regard lumineux. Bonnie et Diablesse se demandaient si elle devait fuir ou se cacher, mais le sourire que cette femme leur adressait laissant entendre qu’elle ne leur voulait aucun mal.

— Bonnie et Diablesse, je présume ?

Les deux femmes restèrent hébétées de surprise.

— C’est Clyde qui m’a dit de vous alliez venir et que nous allions faire le voyage ensemble. Je m’appelle Sakura.

Sakura tendit deux cartes a Bonnie et Diablesse. Diablesse prit une carte, c’était la dame de cour. Au dos de celle-ci était inscrit une autre règle.

« Règle n°9 : Ne rien attendre des autres, n’attendre que de soi. »

Bonnie prit sa carte, c’était la dame de pique. Et au dos de celle-ci, il y avait une autre inscription.

« Règle n°10 : Ne s’entourer que des personnes que l’on aime sincèrement. Il n’y a qu’en elles que l’on peut avoir confiance»

Bonnie et Diablesse restèrent un moment, étonnées à examiner scrupuleusement leurs cartes.

— C’est quoi ce truc ? Il joue à quoi ? S’exclama Bonnie en s’énervant.

— Je me suis posé la même question, répondit Sakura. Clyde à un projet qu’il mûrit depuis très longtemps. Il me l’a expliqué et j’ai accepté de le suivre.

— Le suivre vers où ? Demanda Bonnie.

— Vers notre liberté, coupa Diablesse. Sa liberté, il veut la faire partager avec nous. Il veut que nous aussi nous soyons libres. Je comprends mieux maintenant.

— Mais pourquoi fait-il cela ? Redemanda Bonnie.

— Parce qu’il nous aime, tout simplement, répondit Sakura. Un amour sincère et non intéressé. Clyde n’attend rien de nous. Il veut que nous aussi nous puissions nous échapper à notre tour.

Les deux femmes regardèrent Sakura avec étonnement. Celle-ci sortit de sa poche une autre carte, c’était la dame de trèfle. Elle tourna la carte et montra ce qu’il avait inscrit au dos.

« Règle n°11 : Il faut toujours offrir le meilleur de soi-même»

©Stéphane Lvq – 10 janvier 2021

Les règles du « Je » – L’interrogatoire

— Cours ! Hurla Diablesse.

Bonnie tourna la tête en direction de la démone et se mit à courir aussi vite qu’elle le pouvait. Elle eut le temps de reconnaître Astaroth accompagné de sa garde. Il était assez rare qu’un des démons principaux se manifeste, mais jamais il n’y avait encore eu d’évasion. Toutes les deux se doutaient bien que les gardes allaient venir, Clyde était parti depuis quelques heures, son embarcation avait disparu de l’horizon assez rapidement dans les brumes.

Afin d’échapper aux gardes, elle prit la direction opposée à la plage. La montagne allait certainement lui dévoiler un refuge. Elle tourna la tête, mais il n’y avait aucun poursuivant derrière elle. Bonnie continua sa course, mais elle ralentit brusquement lorsqu’elle entendit le hurlement de Diablesse.

— Où est-il ? Cria Astaroth en assénant une gifle magistrale à la démone.

Diablesse resta impassible. Elle essuya sa bouche couverte de sang et lui esquissa un sourire narquois.

— Tu aurais perdu un prisonnier ? Quel dommage !

Le général des armées lui asséna un violent coup de poing en plein ventre. Le corps de Diablesse se plia afin d’amortir le choc. La démone se mit à rire.

— Je t’ai connu mieux en forme, mon cher. Ironisa t-elle. A quoi bon ? Tu sais que j’aime ça la torture. Alors pourquoi tu te fatigues ?

— Nous savons que tu l’as aidé. Tu sais ce qui attend les traîtres !

Diablesse haussa les sourcils et un rictus se dessina sur son visage.

— Hum ! Tu me flattes. Je crois que je vais prendre mon pied.

Astaroth toisa Diablesse, et compris que cela ne servait à rien. La démone continuait à la narguer comme elle savait si bien le faire.

— C’est déjà fini ? Susurra t-elle. Quel dommage !

— Cinglée ! Pesta le démon. Pourquoi l’as-tu aidé ?

— Il avait les arguments. Et puis, il me l’a demandé très gentillement si tu vois ce que je veux dire. Répondit-elle en lui faisant un clin d’œil.

Le démon avait une furieuse envie de lui envoyer de nouveau son poing en pleine figure, mais il savait que cela ne servait à rien. Cette cinglée de Diablesse ne demandait que ça et il n’avait pas envie de lui donner ce plaisir.

— Où est-il ? Redemanda-t-il. Réponds-moi ou c’est de ton amie que l’on s’occupe. Tu sais qu’elle risque d’être moins endurante que toi. Elle se dirige en ce moment vers la montagne. J’ai des gardes postés là-bas…

— Elle n’y est pour rien ! Coupa brusquement la démone.

Un sourire se dessina sur le visage d’Astaroth. Il venait de trouver la faille qui allait permettre de mener à bien son interrogatoire.

— Où est-il ?

Diablesse releva la tête afin de faire face à son interrogateur.

— Il a pris la mer, il y a deux heures environs. L’un des passeurs nous a vendu son bateau.

Astaroth répondit d’une claque extrêmement violente qui projeta Diablesse à terre. Celle-ci se releva en passant sa main sur son visage.

— Humm ! Je l’avais méritée celle-là. Dit-elle en faisant sa petite ingénue.

Astaroth secoua la tête puis se dirigea vers la porte. Il s’arrêta puis posa une dernière question.

— Pourquoi l’as-tu aidé réellement ?

Diablesse regarda la carrure du démon qui se dessinait dans la lumière. Elle resta quelques secondes sans rien dire, puis répondit à la question.

— Il nous a promis la liberté. À chacun de nous… C’était un argument valable, et puis je dois t’avouer que j’ai pris mon pied à l’aider. Tu sais que je ne peux pas résister à la transgression.

— Salope ! Pesta le démon en partant.

— Je sais! Répondit la démone avec un grand sourire.

Astaroth regarda la mer au loin ainsi que les brumes. Clyde était parti depuis près de deux heures. Il se mit à réfléchir, puis, il fit signe à ses gardes.

— Les gars ! Venez avec moi, on va au port. On a un passeur à aller voir.

Il tourna la tête en direction de la maison. Diablesse se tenait cambrée dans l’encadrement de la porte.

— On reviendra te régler ton compte. J’y veillerai personnellement.

— Mais j’espère bien ! Répondit-elle en lui faisant un clin d’œil.

Diablesse vit Astaroth s’éloigner avec ses gardes. Ce salaud allait revenir très rapidement, il fallait qu’elle et Bonnie quittent l’île rapidement. Les tourments qui étaient réservés aux traîtres étaient loin d’être une partie de plaisir. Ce jeu qu’elle avait joué auprès d’Astaroth ne lui avait permis que de gagner un peu de temps.

Une fois sûre que les gardes avaient quitté l’île. Elle se dirigea en courant vers la montagne. Bonnie avait certainement dû trouver la grotte. Clyde leur avait désigné l’emplacement de celle-ci. Elle n’était pas répertoriée dans aucun des registres. Après quelques minutes, Diablesse trouva la grotte en question. Elle devina la silhouette de Bonnie recroquevillée dans la pénombre.

— Ils sont partis, mais ils vont revenir.

— Je sais, coupa Bonnie. Tu as une idée ?

Diablesse hocha la tête.

— Je n’en ai pas la moindre idée, ma belle. Astaroth est parti au port, on va avoir du mal à trouver un bateau maintenant.

Les deux femmes restèrent un moment dans le silence. Puis, Bonnie se leva brusquement.

— Attends !

— Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda la diablesse.

Bonnie improvisa une torche avec un bout de bois et un morceau de sa robe qu’elle alluma avec une allumette. Les flammes léchèrent le bout de tissu, ce qui permis d’avoir un peu de lumière. Bonnie éclaira l’une des parois de la grotte. Une inscription était gravée dans la roche. C’était une inscription ancienne.

— Putain de Clyde, t’es vraiment le roi des filous ! S’exclama Bonnie.

Bonnie approcha la torche plus près afin que Diablesse puisse lire ce qui était inscrit, elle jura elle aussi en lisant ce qui était inscrit :

« Règle N°8 : Toujours avoir un coup d’avance. Il y a un autre bateau en bas de la falaise. »

©Stéphane Lvq – 3 janvier 2021

Les règles du « Je » – Le départ

Il se réveilla brusquement. Il était trempé de sueur. Les draps de son lit étaient en bataille, signe que son sommeil a été mouvementé. À avoir trop dormi, une légère migraine se fit ressentir. Il resta un long moment assis sur le rebord de son lit afin de reprendre ses esprits. Une voix derrière lui le sortit de sa rêverie matinale.

— Il ne faut pas que tu restes ici. Ils sont à ta recherche. Déclara une voix de femme qui lui semblait familière.

Il se tourna vers elle et reconnu la silhouette de la diablesse qui l’avait aidé à s’échapper. Elle lui adressa un léger sourire, puis lui tourna le dos. Elle savait qu’il contemplait ses courbes gracieuses. Mais elle reprit la parole sur un ton plus insistant.

— Il ne faut pas que tu tardes trop longtemps. Bonnie est dehors qui t’attend.

Elle tourna la tête en sa direction et vit qu’il était encore en train de reprendre ses esprits.

– Mal dormi ? Tu n’as pas arrêté de tourner dans ce satané lit. Tu n’as pas arrêté de marmonner dans ton sommeil.

Il passa la main sur son visage. Puis un son rauque sortit de sa bouche.

— J’ai fait un drôle de rêve. J’étais dans un autre monde, plus dur et plus cruel qu’ici. Il y avait un virus qui était partout. Les gens avaient peur, ils portaient des masques et se mettaient un truc visqueux sur leurs mains. C’était bizarre. J’étais une autre personne, vous y étiez toi et Bonnie. Je vous ai rencontré.

La diablesse le regarda sans rien dire. Il se leva et s’habilla. La diablesse lui tendit une tasse de café encore fumante.

— Je veux pas te presser. Mais il faut que tu y ailles.

— Je sais ! Coupa-t-il.

Il vida d’un trait la tasse de café en faisant une grimace. Le liquide était encore trop chaud et lui avait brûlé la gorge. La diablesse émit un petit rire.

— Tu aurais pu prendre ton temps pour le boire.

Il répondit d’un léger sourire.

— Je dois y aller. Tu as fait beaucoup pour moi, je t’en remercie.

Il prit son manteau et s’approcha de la porte.

— Attends ! Cette nuit, tu répétais sans cesse les mêmes choses. On les a notés avec Bonnie. Lança la diablesse en lui tendant un bout de papier. C’était intéressant…

Il saisit le bout de papier. Puis s’approcha de la porte. Il s’arrêta net. Il tourna simplement la tête et lança une dernière chose à son hôtesse en guise d’au revoir.

— Prends soin de toi, Diablesse. Je sais que l’on se reverra…

Dehors, il faisait encore frais. Le ciel gris d’hiver donnait une ambiance particulière à ces lieux.Il ajusta le col de son manteau. Et commença à s’avancer vers la plage, au loin, les brumes semblaient être posées sur la mer. Il tourna une dernière fois la tête vers la maison de la diablesse. Celle-ci le regardait partir, puis tourna les talons pour retourner à l’intérieur. Il reprit sa marche calmement vers l’embarcadère. Un bateau l’attendait, ainsi qu’une silhouette. Une femme à la taille menue avec des cheveux courts patientait en regardant l’étendue d’eau. L’odeur de l’iode se faisait de plus en plus forte au fur et à mesure qu’il s’approchait. Les bruits de ses pas dans le sable firent tourner la tête de la femme en sa direction.

— Salut mon Clyde ! Je tenais à être là pour te dire au revoir. Dit-elle en lui adressant un petit sourire.

Il s’approcha d’elle, assez près afin qu’il plonge une dernière fois son regard dans le sien.

— Salut Bonnie. Je suis content que tu sois là. J’aurais aimé rester plus longtemps. Mais tu sais qu’ils sont à ma recherche.

Bonnie le stoppa en posant son doigt sur sa bouche.

— J’aurais aimé moi aussi. Mais c’est ainsi… Diablesse t’a donné le papier ?

Il sortit celui-ci de sa poche et le montra à Bonnie. Il était sur le point de le déplier afin de le lire, mais celle-ci l’en empêcha.

— Tu le liras quand tu seras en mer. Cela t’occupera un instant, je pense.

Ils restèrent un moment à se regarder dans les yeux. Une certaine émotion se faisait ressentir à cet instant. On aurait pu croire qu’ils allaient s’échanger un dernier baiser d’adieu, mais tous deux tournèrent la tête au même instant.

— Je dois y aller. Dit-il le dos tourné. Je sais que je te reverrai toi aussi, mais je sais également que tout sera différent entre nous.

—  Nous le savions tous les deux. Soupira-t-elle. Avant que tu partes, j’ai un cadeau à te faire.

Elle lui prit le poignet et passa autour de celui-ci un bracelet. C’était une cordelette avec une ancre de marine en guise de fermoir.

— Il te portera chance dans ton voyage. Tu l’enlèveras quand sera arrivé à ta destination. Tu auras ainsi jeté l’ancre.

Ce cadeau le toucha profondément.

— Mais pour l’instant, il faut que tu largues les amarres et que tu partes loin d’ici. Un long voyage t’attend mon Clyde.

Il répondit d’un signe de la tête, puis s’avança vers l’embarcation. Il s’y installa, détacha les cordes qui le retenait. Bonnie était encore là, faisant face à ce départ qui la touchait également. Il lui adressa un dernier baiser de sa main. L’embarcadère, la plage et la silhouette de Bonnie disparurent peu à peu. Il tendit la voile du mat afin de prendre de la vitesse. Il regarda une dernière fois derrière lui. Il n’y avait plus rien , tout avait disparu dans les brumes. Il inspira longuement, puis sortit le bout de papier que Diablesse lui avait donné et lu ce qui était inscrit :

«Les règles du Je :

1 – Ne pas faire marche arrière

2 – Ne pas faire demi-tour

3 – Ne pas vivre avec ses peurs

4 – Ne pas se mettre de limites

5 – Ne rien s’imposer

6 – Ne rien s’interdire »

Il se mit à sourire en repensant à Bonnie et Diablesse, puis il plongea la main dans la poche de sa veste afin de saisir son stylo. Il griffonna quelques lignes qu’il ajouta à la liste :

« 7 – Ne jamais refermer son cœur

8 – S’autoriser le plaisir et à être heureux »

Il replia le papier et le rangea avec le stylo dans la poche de son manteau. Les brumes commençaient à se dissiper. Les rayons du soleil réchauffèrent son visage, il regarda au loin. Plusieurs îles semblaient se dessiner au loin. Il allait y faire escale très certainement. Son voyage ne faisait que commencer et il savait où celui-ci allait le mener. Tout droit vers sa liberté…

Texte et photo : ©Stéphane Lvq – 30 décembre 2020

Le désastre des astres 2021

L’astrologie est une science approximativement exacte. Et après une année 2020 plus que compliquée, on aimerait quand même bien savoir ce qui nous attend pour l’année qui va suivre. Alors, je me suis remis au travail. J’ai consulté les voyants du tableau de bord de ma voiture, tiré les cartes. C’était la Dordogne, car oui je n’avais qu’un jeu de carte routière sur moi! Puis, j’ai levé les yeux au ciel et les étoiles m’ont dit: « Tu vas pas refaire ça quand même? ». Je me suis mis à rire et je leur ai répondu : « Hé bien si ! C’est même à ça que l’on me reconnaît ! »

Bélier : On ne rencontre pas le bélier. C’est lui qui vous rencontre. Il vous fait un rentre-dedans et c’est cela qui fait tout son charme. D’ailleurs, on le voit arriver à des kilomètres à la ronde, fonçant la tête baissée. On se dit, est-ce que je vais arriver à stopper ses ardeurs. Je vous le dis, n’essayez même pas ! Le bélier vous saute au cœur et son côté « tout feu, tout flamme » vous embrase le corps…

Taureau : En amour, le taureau aime la transgression. C’est pour cela que le rouge l’excite. Mais pour l’apéritif, le taureau préférera le blanc, un viognier ou un sauvignon sera très apprécié. Cela l’excite encore plus ! Ainsi mis en appétit, le taureau passera directement au dessert. Par son côté brûlant de désir, le taureau décoiffe et dans l’arène, déneige…

Gémeaux : Bien que l’on dise de lui que c’est un signe compliqué. Le gémeau ne saoule pas, il vous enivre. C’est pour cela que le voit double. En amour, le gémeau raffine les sens et déplombe l’ambiance. Afin que l’instant soit super, le gémeau met tellement le turbo que l’on a vraiment l’impression d’être à plusieurs…

Cancer : Le cancer est une véritable maladie d’amour qui vous tombe dessus sans crier gare. Caché derrière sa carapace, le cancer ne crie pas. Il vous murmure au creux de l’oreille des mots doux qui vous invite à le rejoindre dans son écrin de désir. L’instant n’en serra qu’encore plus chaud afin qu’ensemble, vous puissiez bouillonner de plaisir…

Lion : Dans la jungle de l’amour. Le lion ne sera pas mort ce soir, mais sa proie si… Comme vous le devinez, le lion, c’est sauvage. On peut se laisser dévorer sans crainte, son côté bestial amoureux torride, vous fera monter la fièvre, jouera avec votre corps. Et si vous oser imaginer que le lion peut être rassasié. Détrompez-vous ! En amour, le lion à une faim de loup…

Vierge : On pourrait penser que la vierge est timide aux premiers abords. Mais la vierge est loin d’être farouche en réalité. La vierge est sans pudeur mais avant de vous faire découvrir ses charmes, elle vous fera languir en s’effeuillant très lentement, très langoureusement. Sa danse rituélique vous hypnotisera et là vous comprendrez que la vierge n’est pas folle de la messe, ni molle de la fesse…

Balance : L’amour de la balance ne se vit pas en demie-mesure. La balance est entière et n’aime pas les demies-portions. Le poids de l’amour de la balance étonne. Cela nous en fait perdre l’équilibre. C’est à ce moment-là que la bombe de désir détonne, soufflé par l’explosion de ce signe qui ne manque pas d’air. Le plaisir, il y en aura des tonnes…

Scorpion : Le scorpion est redoutable ! C’est avec la rapidité de l’éclair que celui-ci va droit au but en vous piquant le cœur. Son charme se diffuse alors immédiatement et vous vous trouvez à sa merci. Ce n’est qu’une fois que vous serez séduit que le scorpion vous sortira le grand jeu. Et là, c’est là que votre addiction commencera réellement…

Sagittaire : C’est une erreur de penser que le sagittaire est sage. En amour, un sagittaire, c’est tout sauf sage. Le sagittaire n’a aucune limite, aucun tabou, c’est ce qui en fait le signe le plus chaud de tout le zodiaque. D’ailleurs rien ne peut arrêter son ardeur, et vous emmènera dans un voyage à la découverte de plaisirs encore plus intense…

Capricorne : Il est vrai que le capricorne à du caractère. C’est pour cela qu’on le surnomme aussi l’épice de l’amour. Certes, le capricorne à un petit côté renfermé et casanier, tout en restant très accueillant. Il vous ouvrira sa porte, puis la refermera. Pris ainsi dans son piège, il vous fera découvrir les délices de l’amour. Vous ne voudrez plus jamais repartir…

Verseau : Si un jour un verseau vous sert quelque chose à boire, sachez que vous ne vous en sortirez pas indemne. En amour, le verseau, c’est une véritable tornade. Comme un ouragan, la tempête en soi, l’amour va tout emporter. Car oui, c’est comme ça les verseaux, ils vous emportent afin de découvrir l’amour sous tous ses angles : Recto et verso…

Poisson : Le poisson n’est pas fuyant. Bien au contraire, il vous incite à le suivre dans le grand bain de la passion. T’as pas de maillot ? C’est pas grave ! Le poisson vous invite au bain de minuit de l’amour. Osez plonger la tête la première, vous flotterez dans un océan, tout en écoutant son chant mélodieux des complaintes du plaisir…

Prédiction de l’année : L’année commencera le 1er janvier et se terminera le 31 décembre. Mais, normalement commencera par un N et exceptionnellement par un T. La Saint Valentin sera très certainement entre le 13 et le 15 février de cette année. Mais je vous rappelle que lorsque l’amour est sincère, chaque jour qui passe est une fête. Je n’ai encore rien prévu pour 2021, si ce n’est peut-être mon rendez-vous chez le tatoueur qui est prévu pour le 9 janvier. Hormis ça, je vais me laisser surprendre. Il n’y a pas si longtemps que cela, je parlais de l’évidence et pour que celle-ci dégage toute son alchimie, on ne devait pas l’attendre, mais se laisser surprendre afin que l’on puisse savourer la magie de cet instant.

Sinon, le printemps est prévu pour le mois de mars, les hirondelles reviendront et j’espère que nous profiterons de cette saison. L’été, lui commencera le 21 juin, il sera chaud et puis, l’automne reviendra en septembre et en décembre l’hiver reviendra, nous penserons aux fêtes de fin d’année qui approchent et nous aurons bouclé la boucle.

Chaque chose arrivera au bon moment, avec les bonnes personnes. Alors, ne te pose pas de questions et vis pleinement l’instant !

Et bien sûr, toutes ressemblances avec des personnes, faits ou évènements passés, présents ou futurs, ne sont bien évidement que pures coïncidences. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin…

©Stéphane Lvq – 16 décembre 2020

Illustration : Les derniers moments de Maximilien, empereur du Mexique – Jean-Paul Laurens – 1882

Jour 269 – La spirale (Épilogue)

Heureusement que le ridicule ne tue pas. Si cela avait été le cas, celui-ci aurait fait plus de ravage que le virus dans les sphères médiatiques et politiques. L’effet tragique que nous avons eu durant la première saison du mois de mars s’est transformé en illusion tragi-comique pour cette seconde saison du mois de novembre que je n’ai pas du tout aimé. Combien de morts ? Combien de familles ayant perdu des proches ? Combien de faillites et de licenciements ? D’établissements fermés car on les a désignés comme n’étant pas essentiel pour la communauté ? Et puis, il y a la culture qui se retrouve désormais en friche. Elle qui pourtant est essentielle à notre équilibre psychologique, elle fut, elle aussi, jetée dans la fosse commune.

Il n’y a pas pire prison que celles qui n’ont pas de barreaux. On s’est retrouvé enfermé par la force des choses, le virus semblait circuler à une vitesse vertigineuse. Mais en fait, on s’est tous trompé. À force de se retrouver dans l’attente, enfermé alors que nous n’avions rien à nous reprocher, celui-ci s’est installé partout. Il est entré dans nos têtes, s’activant avec nos peurs, il frappait là où cela faisait le plus mal. Oui, nous l’avons tous eu. Même moi, mes symptômes se sont manifesté au mois de septembre appuyant sur mes angoisses les plus intimes, provoquant ainsi une maladie que l’on appelle « burn-out »

L’enfer me ment. Je ne pouvais plus vivre avec ces vieux démons du passé et je devais m’en libérer. Je les ai exorcisés grâce à l’aide d’une diablesse qui n’attacha que l’importance du fait que j’apprenne le détachement. C’est ce que je fis, je devins alors un maître de distance et me suis détaché petit à petit, enlevant l’une après l’autre, ces taches de noirceurs qui s’étaient agglomérées dans mon âme. Au fur et à mesure que je me libérais, de nouvelles opportunités s’offraient à moi. Le mois de novembre fut décisif, ce fut la libération sur le plan professionnel d’un nouveau travail que je voulais faire depuis des années.

C’est à ce moment que nous nous sommes séparés avec la diablesse. Sans larme, sans tristesse et surtout sans rancœur. Nous avions passé de bons moments ensemble et il était désormais temps que nos chemins se séparent. Une séparation est toujours un moment particulier, c’est à ce moment que certaines peurs pouvaient revenir. La dernière peur se dévoila à moi. Ce n’était pas la peur de la mort, c’était l’autre… Celle de l’Amor ! La peur d’aimer peut surprendre à la première vue. Mais elle est en chacun de nous. L’amour que l’on cherche se trouve au plus profond de nous-même. Il est là, mais n’osant pas le regarder en face par sa lumière aveuglante, on le cherche ailleurs.

J’ai ouvert mon cœur encore plus grand. Tout viendra au bon moment. Alors, j’ai arrêté de courir et c’est à cet instant que j’ai savouré et que j’ai compris que je venais d’arriver à mon but.

C’est bientôt la nouvelle lune et un vent de liberté s’est mis à souffler. Avec ma plume, allégée de tout métal, les conditions sont idéales afin que je prenne mon envol. En plus, les étoiles se sont alignées une fois de plus. J’ai jeté l’encre ainsi que tout mon attirail d’alchimiste afin de ne plus faire de l’écrit vain. Je peux désormais prendre cette spirale ascendante qui m’emporte vers d’autres sphères. Durant mon voyage, je suivrais les oiseaux, je sais que je peux faire confiance aux cygnes…

©Stéphane Lvq – 12/12/2020

Photo : The Creatrix – Andrew Gonzales

Jour 255 — La faim de tout

Je n’ai pas aimé ce second confinement. Et je pense que nous sommes nombreux à penser la même chose. J’ai trouvé ce deuxième acte beaucoup plus vicieux avec son débat sur ce qu’était un commerce essentiel et celui qui ne l’était pas. Cela a mis en place un terrible sentiment de frustration. Le plaisir, le désir, ces petites choses issues de notre « French art de vivre » disparaissait afin de faire place à la plus stricte austérité.

Déjà, cela faisait plusieurs mois qu’il n’y avait plus de concerts, de spectacle. Bref… Toute notre culture était en train de se dessécher. Cela fait mal au cœur de voir toute une population qui se prive subitement alors qu’elle ne demande que de vivre pleinement. Dans le « non-essentiel », ce sont toutes nos notions de plaisir qui ont été confinées Pourtant, céder à nos envies, s’accorder le plaisir, cela est une partie intégrante de notre équilibre psychologique.

Alors après un couvre-feu, un mois de novembre plutôt frigide, cela m’a fait plaisir de voir les commerces de la galerie marchande ouverts. Comme beaucoup, j’ai craqué et me suis accordé un petit plaisir. Entrer dans un magasin, de voir le regard pétillant de la vendeuse, cela contraste vraiment avec le commerce en ligne. En fait, cela ne peut se comparer tellement que les différences sont évidentes. Je ne pourrais comparer cette charmante vendeuse de parfumerie qui avait ce sourire que je devinais sous son masque avec le livreur d’Amazon qui essayait de faire rentrer de force le colis dans la boite aux lettres de mon voisin du 4éme. Un livreur, cela s’oublie, mais le charme d’une vendeuse, c’est impossible.

Rien de tel que le contact humain. Avec lui et son interaction, tout est possible. On communique, on échange, on se sourit, c’est chaleureux… Rien a voir avec la froideur de l’écran et le cliquetis sinistre de la souris. Sur Amazon, je ne commande que mes lames de rasoirs et quelques produits, car ils ne sont pas vendus dans les boutiques qui sont à proximité.

Le virtuel ne remplacera jamais le réel. J’ose espérer que ce second confinement nous aura sevré de cet univers numérique. Cela n’est pas gagné, surtout quand j’écoute parler certaines personnes qui vont me parler du prix et des frais de port offert. Je sais que ce sont ces mêmes personnes qui viendront se plaindre lorsqu’un commerce à côté de chez eux ferme. C’est triste et c’est surtout moche. C’est pour cela que je préfère l’interaction humaine, l’échange et ces regards qui pétillent. Cela ouvre tant de possibilité. Surtout après une telle période, tant de privation et surtout ses frustrations, la faim de tout, cela peut se comprendre…

©Stéphane Lévêque – 28 novembre 2020

Image : FreePik.com

Jour 249 – Ce que 2020 nous enseigne…

Nous approchons de la fin novembre. Bientôt, le mois de décembre sera là avec ses fêtes de fin d’année qui seront particulières. Certains auront perdus des proches, leurs emplois ou se trouveront dans une situation inconfortable. Cette année, notre système s’est effondré. Le virus n’aura épargné personne. Le genre, la couleur de peau, la religion, la nationalité ou le niveau social, il s’en foutait royalement. Progressivement, il nous a désorganisé en faisant s’effondrer l’économie d’une société qui était déjà gravement malade. Et puis, il y a la planète. Le réchauffement climatique, on en parlait depuis plusieurs années et nous avons été témoins de ce qui s’est passé au printemps. La nature, sans l’humain pour la déranger, reprenait un peu ses droits. L’air était beaucoup moins pollué, la faune et la flore s’épanouissaient et nous avions sous nos yeux la réalité d’un monde sans l’humain. C’était magnifique à cette époque. On parlait de nouveau monde, de renaissance, mais dès que l’on fut libéré sur parole, nous avons repris nos bonnes vieilles habitudes.

Mais le virus était toujours là, continuant à nous surveiller. Il était omniprésent en nous suivant quel que soit le chemin que nous empruntions. Tapis dans l’ombre de nos inconscients, il surveillait l’évolution de notre transformation. Il ne faut pas se leurrer, après une telle épreuve collective et mondiale, nous ne pouvions que changer. Le sens de notre évolution, chacun était libre de le choisir…

Pour ma part, j’ai fait mon choix. Et avec un certain recul que cette année était vraiment celle du changement. Le changement, c’est vraiment maintenant ! L’économie, la souveraineté nationale, tous ces vieux carcans qui n’étaient plus adaptés à notre époque sont en train de s’effondrer. Si pour certains, cette époque est la fin du monde, je rappelle que le terme « Apocalypse » pourrait se définir par « fin de l’illusion ». Le choix que j’ai fait, je l’ai fait délibérément, en mon âme et conscience. Peu à peu, j’ai supprimé ce qui n’allait pas dans ma vie personnelle et j’ai mis en œuvre pour que les changements puissent se concrétiser. Mes peurs et mes angoisses se sont effacées peu à peu, laissant progressivement place à d’autres émotions beaucoup plus positives. Il y a deux jours de cela, j’ai eu la confirmation que je pouvais enfin refermer un chapitre de ma vie professionnelle et en écrire un nouveau. Et l’énergie que cela m’a procuré m’a permis de devenir l’homme que j’ai toujours voulu être.

Le dernier mois de l’année approche et je l’aborde avec une grande sérénité. Bien sûr, je sais que d’autres épreuves nous attendent. Le virus sera toujours là même s’il évolue continuellement, une crise sociale et économique se dessine très clairement. Les préoccupations sont des occupations qui ne sont pas encore arrivées. Cette année, je me suis synchronisé avec l’instant présent, j’ai exorcisé mes vieux démons du passé et me suis libéré, mettant ainsi un terme à mon confinement mental.

Tout arrivera bien assez tôt et surtout n’est pas encore arrivé. Ne nous privons pas du plaisir de vivre. Les épreuves qui nous attendent, nous les surmonterons. J’en suis certain…

©Stéphane Lévêque – 22 novembre 2020

Jour 239 – La fin est le commencement…

« L’oeil d’Esteban » était le nom de mon ancien blog, ainsi que celui d’un de mes manuscrits…

Drôle d’ambiance en ce moment. Le moral est en berne, les regards sont éteints et les sourires se font rares. Quoique de plus normal, la période est compliquée, il y a le virus, mais nous savons tous les conséquences de l’après. Après la crise sanitaire, viendra très certainement une crise sociale sans précédent. Le mode de vie que nous avons connu ne reviendra pas non plus, et une période encore plus compliquée verra le jour et le défi de l’épreuve à venir sera encore plus grand que celui que l’on traverse actuellement.

L’épreuve, c’est ce qui nous révèle. Je le clamais haut et fort durant le premier confinement. On en sort changé par cette expérience. On s’est retrouvé face à soi-même, submergé par les souvenirs du passé qui nous ont bouleversé. L’épreuve, c’est ce qui permet de se retrouver ou de se révéler. Nous l’avons tous réussi. Jamais nous n’avons perdu, car l’expérience nous a toujours enseignées.

Des épreuves, j’en ai passé des tas comme toi qui lis ces quelques lignes. À chacune d’elle, je me suis toujours relevé, jamais je n’ai abandonné. Je n’ai jamais perdu l’espoir, même parfois quand le moral était au plus bas et que mon univers était sombre. Je me suis accroché, et en aucun cas je n’ai vendu mon âme. Je ne saurais te dire ce qu’il m’a fait tenir le coup, car cela était au plus profond de moi. Cette force faisait battre mon cœur même lorsque celui-ci était brisé et me portait lorsque je chutais et me motivais à me relever coûte que coûte.

Oui, en ce moment, nous assistons à l’effondrement. Nous voudrions que cela soit autrement, car nous aimerions garder ce que nous est agréable. Cela est dur, je le sais. Nos habitudes, nous allons devoir les changer, cela aussi j’en suis conscient. Nous allons devoir apprendre à vivre différemment. Mais s’il y a une chose que je dois t’avouer, c’est que c’est que je ne regretterai rien. Ce monde que nous laissons derrière nous était si injuste. Tant d’inégalité, tant de violence… Comment peut-on faire des différences entre deux humains ? Il n’y a ni genre, ni race. Tout cela, c’est de la connerie de pseudos-intellectuels qui n’ont aucune légitimité. Leurs règles, nous savons tous qu’elles ont été modifiées afin de servir ceux qui s’accrochent encore au pouvoir et à l’argent comme une vieille moule s’accroche à un rocher, car elle a peur de mourir. Alors, si ce monde doit s’effondrer, qu’il en soit ainsi.

La fin est le commencement d’autre chose. Cela, je l’ai appris il y a quelques années lorsque mon monde s’est effondré. C’est pour cela que j’écris ces quelques lignes ce soir. C’est pour te donner un peu d’espoir. Ce putain de nouveau monde que l’on attend depuis des lustres, nous le reconstruirons pierre par pierre. Je serais là à tes côtés quoi qu’il arrive. Je serais là à mon tour pour te redonner l’espoir et la motivation. Je te raconterai tant d’histoires extraordinaires afin que tu puisses retrouver tes rêves. Je n’ai jamais abandonné, alors toi non plus n’abandonne pas. Raccroche à cette tête, ce sourire que j’aime tant regarder afin qu’il rallume cette lueur dans ton regard…

Texte et photo : ©Stéphane Lévêque – 12 novembre 2020

Jour 230 – Résilience

Une épreuve de force n’est jamais évidente. Afin de pouvoir la surmonter, il faut y être préparé. Hier soir, je donnais mon avis sur ma vision de ce deuxième acte du confinement et que nous pouvons alimenter le débat. Mais afin que le débat soit audible et surtout compréhensible, il faut qu’il en soit dégagé de toute rancœur. C’est pas évident, me direz-vous !

Ce n’est pas facile d’accepter tout cela. Surtout après tout ce temps et tous ces efforts que nous avons faits. Ces nouvelles règles que l’on nous impose paraissent à nos yeux tellement injustes. Le piège dans lequel il ne faut pas tomber, c’est celui de se mettre dans l’attente. L’attente attise la frustration, et donc provoque une surcharge émotionnelle. La situation de chacun est différente et faire la comparaison de chacun ne servirait absolument à rien. C’est compliqué pour tout le monde et nous sommes tous dans la même galère.

Comprendre la situation n’est pas évidente, surtout lorsque l’on est surchargé d’informations. Pourtant, c’est la première étape que j’ai dû faire. Observer, écouter et surtout me taire, c’est ce qui m’a permis de comprendre. J’avais la problématique sous mes yeux, j’en avais pleinement conscience, mais un truc me dérangeait encore et me mettait mal à l’aise. J’ai mis du temps à passer à la seconde étape. C’était pourtant enfantin, mais nous le savons tous, un adulte aime compliquer ce qui est simple. Je devais accepter cette situation…

C’est pas évident d’admettre la situation, de l’accueillir telle qu’elle est. C’est ce que j’ai dû faire afin de me sentir mieux. L’acceptation m’a permis de retrouver ma sérénité et surtout apaiser cette surcharge émotionnelle que j’imposais à moi-même. Hier encore, je vous écrivais que nul n’était coupable d’une pandémie mondiale. Cela ne sert à rien d’accuser les autres, de se monter les uns contre les autres et de se diviser inutilement. J’ai compris cela ce matin au volant de mon bus en attendant une mère de famille qui courait avec sa poussette et ses deux enfants, je réalisais alors que nous n’avions pas d’autre choix que d’admettre cette situation qui nous paraît si compliquée.

C’est ainsi que j’ai compris ce qu’était la résilience. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne signifie pas renoncer, mais résister et surtout rebondir. Notre résilience, c’est ce qui nous permet de résister aux chocs, à s’adapter à un nouvel environnement. Plus rien ne sera comme avant, nous le savons tous, et devant l’évolution, nous n’avons pas d’autre choix que celui d’avancer malgré le stress que nous vivons quotidiennement.

Ainsi, avec le cœur plus léger et les idées claires, je sais désormais que cette résilience va me permettre de traverser cette épreuve. J’accepte la situation telle qu’elle est, mais en aucun cas, je ne baisserais les bras…

©Stéphane Lévêque – 3 novembre 2020